MASTERS CUP LONDRES 2011

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# 19/11/2011 à 20:49 Nico
Du très lourd pour Tsonga

Au Masters de Londres (du 20 au 27 novembre), Jo-Wilfried Tsonga retrouvera deux poids lourds : Rafael Nadal et Roger Federer, récent tombeur du Manceau à Bercy. Mardy Fish complète le casting de la poule A. L'autre groupe est composé de Novak Djokovic, Andy Murray, David Ferrer et Tomas Berdych.

Une montagne. Voilà ce que devra gravir Jo-Wilfried Tsonga pour se qualifier pour les demi-finales du Masters. A Londres, JWT sera condamné à l'exploit. Au vu de la qualité du plateau, il ne pouvait de toute façon pas en être autrement. Mais le tirage au sort n'a pas franchement gâté le Français. Rafael Nadal, Roger Federer (26 titres du Grand Chelem à eux deux) et Mardy Fish se dresseront sur sa route dans la poule B. S'il veut franchir le seuil des poules pour la première fois de sa carrière, Tsonga sait ce qu'il lui reste à faire.

Si Fish arrive à Londres sans certitude et en plein doute après ses deux abandons successifs à Bâle et Bercy (élongation à la cuisse gauche), Roger Federer fait figure de favori de l'épreuve. Après une coupure de six semaines, le Suisse, qui reste sur une série de dix succès consécutifs, a remporté coup sur coup les deux tournois indoor de Bâle et Paris. "C'est le Roger d'autrefois", témoignait Tomas Berdych la semaine dernière. Tsonga en a fait les frais dimanche dernier (6-1, 7-6) en finale à Bercy. Le Manceau et le Bâlois se retrouveront pour la septième fois cette saison. Tenant du titre, Federer peut devenir à Londres le premier joueur à inscrire six Masters à son palmarès.

Djokovic, le point d'interrogation

C'est la première fois qu'il retrouvera Rafael Nadal en poule. Si l'Espagnol a fait l'impasse sur Bercy, c'est avant tout pour se concentrer sur ses deux objectifs majeurs de fin de saison : le Masters et la finale de Coupe Davis. Finaliste la saison passée, Nadal n'a pas lésiné sur ses entrainements pour revenir au top de sa forme sur le court de l'O2 Arena. Le Majorquin veut conquérir le seul titre majeur qui manque à son palmarès. Tsonga est prévenu.

La poule A regroupe par conséquent Novak Djokovic, Andy Murray, David Ferrer et Tomas Berdych. La santé du Serbe pose question. Blessé à l'épaule, Djoko, contraint à l'abandon à Bercy et très inquiet pour sa santé la semaine dernière, tire la langue en cette fin de saison et difficile de savoir dans quel état de forme il abordera la dernière échéance de sa saison. La poule A est ouverte avec de vrais outsiders (Ferrer, Berdych) et un Murray proche de son meilleur niveau, comme il l'a montré en décrochant le Masters 1000 de Shanghaï le mois dernier. Le Britannique flaire l'occasion de gagner son plus beau trophée devant son public.

POULE A : Novak Djokovic, Andy Murray, David Ferrer, Tomas Berdych
POULE B : Rafael Nadal, Roger Federer, Jo-Wilfried Tsonga, Mardy Fish
Eurosport.fr


Huit Maîtres à la loupe

Dimanche s'ouvre la Masters Cup qui regroupe les huit meilleurs joueurs de la saison du 20 au 27 novembre à Londres. Dans le groupe de Nadal et Tsonga, Roger Federer, tenant du titre, visera un sixième titre record dans cette compétition. Novak Djokovic, son 11e titre de la saison. Présentation.

CONCEPT : Huit joueurs, répartis en deux groupes, joueront trois matches chacun. Les deux premiers de chaque poule se qualifient pour les demi-finales. Si un joueur venait à ne pas pouvoir disputer une rencontre, il sera remplacé par le Serbe Janko Tipsarevic, voire l'Espagnol Nicolas Almagro, premier et second remplaçants présents à Londres. Le Masters attribue au vainqueur, en plus d'une dotation alléchante (jusqu'à 1,630 million de dollars), 1500 points au classement ATP à celui qui restera invaincu. Sinon, 200 points par victoires en match de poule, 400 en cas de qualification en demi-finale et 500 points pour une finale.

. GROUPE A

1. Novak DJOKOVIC (SER) 13475 points
Participation au Masters: 5e. Vainqueur en 2008
Résultats 2011 contre les joueurs du Top 8 : 19-2
Titres cette saison : 10
Meilleurs résultats en Grand Chelem: Vainqueur à Melbourn e, Wimbledon et l'US Open

L'homme de la saison sera-t-il en forme à Londres ? Même diminué en cette fin de saison, Novak Djokovic sera le grand favori de cette Masters Cup. Déjà parce qu'il a accumulé 10 titres cette saison, 69 succès pour seulement 4 défaites, dont deux abandons. Seuls Roger Federer et Kei Nishikori ont remporté une balle de match face au Serbe. Ensuite parce qu'il a remporté cette épreuve en 2008. Enfin parce que le N.1 mondial n'a perdu que deux matches face aux autres membres du Top 8 (Federer et Murray) et a dominé six fois de suite Rafael Nadal en finale.

3. Andy MURRAY (GBR) 7380 points
Participation au Masters: 4e
Résultats 2011 contre les joueurs du Top 8 : 5-7
Titres cette saison : 5
Meilleur résultat en Grand Chelem en 2011 : Finaliste à l'Open d'Australie

Le défi pour Andy Murray sera de remporter son premier tournoi majeur à Londres. Mais l'Ecossais sera d'abord là pour défendre sa troisième place mondiale face à Roger Federer. Deux fois demi-finaliste, Murray n'a jamais joué de finale en Masters Cup, même s'il l'a frôlée l'an dernier en s'inclinant au jeu décisif dans la troisième manche face à Rafael Nadal. Après une nouvelle expérience traumatisante en finale de l'Open d'Australie début 2011, il s'est rattrapé en empochant cinq titres, dont trois de suite en Asie, pour s'immiscer dans le trio de tête. Avec l'envie de viser plus haut l'année prochaine, car à Londres, Murray ne pourra pas prendre la place de N.2 mondial en cas de succès total.

5. David FERRER (ESP) 4480 points
Participation au Masters: 3e. Finaliste en 2007.
Résultats 2011 contre les joueurs du Top 8 : 3-7
Titres cette saison : 2
Meilleur résultat en Grand Chelem en 2011 : Demi-finaliste à l'Open d'Australie

David Ferrer s'invite au tournoi des Maîtres pour la troisième fois de sa carrière. Avec un ratio négatif face aux membres du Top 10 cette saison, le Valencian devra tout de même batailler pour sortir de ce groupe car il n'a battu aucun des trois autres membres sur le circuit cette saison. S'il a été demi-finaliste à Melbourne cette saison, Ferrer n'a pas eu de résultats très probants en indoor cette saison (demi-finale à Valence et un quart à Bercy) pour espérer rejouer une finale à Londres, comme en 2007.

7. Tomas BERDYCH (TCH) 3300 points
Participation au Masters: 2e
Résultats 2011 contre les joueurs du Top 8 : 3-6
Titres cette saison : 1
Meilleur résultat en Grand Chelem en 2011 : Quart-de-finaliste à l'Open d'Australie

L'outsider de ce groupe, c'est lui. Tomas Berdych a été un joueur discret cette saison, notamment en Grand Chelem. S'il a signé un quart de finale à Melbourne, il n'a pas réussi à refaire un long parcours à Roland-Garros et Wimbledon où il avait flambé en 2010. Sa fin de saison est plus intéressante : sa victoire à Pékin, avec au passage une victoire sur Tsonga en demi-finale, et une demi-finale au Masters 1000 de Paris-Bercy après avoir battu Andy Murray en quart, laisse présager une nouvelle joute décisive face à l'Ecossais pour une place en demi-finale du Masters. Et ce, même si l'an passé il était repartie de Londres avec deux défaites et un victoire.

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. GROUPE B

2. Rafael NADAL (ESP) 9375 points
Participation au Masters: 5e. Finaliste en 2010.
Résultats 2011 contre les joueurs du Top 8 : 12-9
Titres cette saison : 3
Meilleur résultat en Grand Chelem en 2011 : Vainqueur à Roland-Garros

Rafael Nadal arrivera-t-il à remporter ce titre majeur qui manque à son palmarès ? Pour cela, il devra résoudre deux paramètres de taille : dompter des conditions indoor où il n'a remporté qu'un tournoi sur les 46 trophées qu'il a gagnés dans sa carrière. Et parvenir à battre Novak Djokovic qui l'a battu six fois de suite en finale cette saison, sur toutes les surfaces. Un sacré dilemme pour le N.2 mondial. L'an passé, il s'était qualifié pour la finale, perdue face à Roger Federer. Cette saison, il devra faire face au Suisse en match de poule pour la première fois de la compétition. Absent du circuit depuis un gros mois, le sextuple vainqueur de Roland-Garros s'est entraîné comme un beau diable sur son île avant de rallier Londres plein d'espoir.

4. Roger FEDERER (SUI) 6670 points
Participation au Masters: 10e. Vainqueur en 2003, 2004, 2006, 2007 et 2010
Résultats 2011 contre les joueurs du Top 8 : 3-7
Titres cette saison : 3
Meilleur résultat en Grand Chelem en 2011 : Finaliste à Roland-Garros

Le taulier est de retour pour la 10e fois de suite. A Londres, Roger Federer vise un sixième titre en Masters Cup, ce qui serait le record abolu dans cette compétition. Tenant du titre et favori naturel du groupe, le Suisse n'a manqué une qualification pour le dernier carré de la Masters Cup qu'une seule fois, en 2008. S'il n'a pas remporté de titre du Grand Chelem cette saison, et même depuis bientôt deux ans, Federer finit la saison 2011 sur les chapeaux de roue avec 17 victoires sur ses 18 derniers matches et deux nouveaux titres à Bâle et surtout au Masters de Paris-Bercy. Le N.4 mondial entend bien remonter au classement, pourquoi pas dans le Top 3 en repoussant Murray un cran plus bas ? Ses trois adversaires en match de poule sont prévenus.

6. Jo-Wilfried TSONGA (FRA) 3535 points
Participation au Masters: 2e.
Résultats 2011 contre les joueurs du Top 8 : 5/10
Titres cette saison : 2
Meilleur résultat en Grand Chelem en 2011 : Demi-finaliste à Wimbledon

Pour la deuxième fois de sa carrière, Tsonga fait parmi des Maîtres réunis en fin de saison. Une consécration pour JWT qui pointe au 6e rang mondial, égalant son meilleur classement atteint en 2008, année de sa première participation en Masters Cup. Avec deux défaites et une victoire, le Manceau visera cette année une place dans le dernier carré de la compétition. Vu les adversaires présents à ses côtés, ce serait un bel exploit pour le Français, même si Tsonga les a tous battus cette saison : Fish à l'US Open, Nadal au Queen's et Federer deux fois à Wimbledon et à Toronto. A 900 points de Ferrer, il pourrait terminer l'année à une inédite 5e place mondiale en cas de réussite.

8. Mardy FISH (USA) 2965 points
Participation au Masters: Première
Résultats 2011 contre les joueurs du Top 8 : 3/6
Titres cette saison : 1
Meilleur résultat en Grand Chelem en 2011 : Quart-de-finaliste à Wimbledon

Ce sera le joueur face à qui ses adversaires devront capitaliser les jeux. L'Américain sait qu'il sera la cible à ne pas rater, mais accepte son rôle. Sans aucune expérience dans cette compétition qu'il va découvrir, il aura la lourde tâche de prendre la relève américaine d'Andy Roddick qui n'a pas réussi à finir la saison dans le Top 8 pour la première fois depuis 2002. La saison de Mardy Fish a débuté à Wimbledon où il a battu Tomas Berdych en huitième de finale. S'en sont suivis le gain d'un titre à Atlanta et deux finales jouées à Los Angeles et Toronto, perdues respectivement face à Ernests Gulbis et Novak Djokovic. Sa victoire sur Rafael Nadal à Cincinnati sera un atout, mais son manque de réussite en indoor, un sacré désavantage.
S.P.

Nadal, profil bas

Motivé mais sans repère, Rafael Nadal arrive au Masters sur la pointe des pieds. Absent des courts depuis plus de cinq semaines, le Majorquin laisse à d'autres le costume de favori. D'autant que le tournoi des maîtres ne lui a jamais vraiment réussi. Et l'indoor guère davantage. Alors...

C'est LE grand tournoi qui manque encore à son palmarès. Vainqueur au moins une fois de chacun des quatre tournois du Grand Chelem, Rafael Nadal n'a encore jamais remporté le Masters. Il n'y a d'ailleurs atteint qu'une seule fois la finale, l'an dernier, s'inclinant face à Roger Federer. Parce que cette épreuve se dispute en indoor, où il est moins à l'aise qu'ailleurs, et parce que c'est la fin de saison, où il n'est que rarement à son meilleur niveau, Nadal n'a jamais été un homme du Masters. Peut-il en être autrement cette fois?

L'Espagnol ne fait en tout cas pas figure d'épouvantail en débarquant à Londres. Il serait plutôt l'inconnue de cette équation anglaise. On l'a peu vu cet automne, et il n'a plus joué depuis plus d'un mois et une défaite face à Florian Mayer à Shanghai. "Cette défaite m'a fait mal parce que j'avais l'impression d'être dans une dynamique positive. J'avais fait de très bons matches en Coupe Davis et à Tokyo même si j'avais perdu en finale contre Andy (Murray). Je me sentais en bonne forme. Ça a coupé mon élan", regrette le numéro deux mondial, qui avoue avoir éprouvé le besoin de "couper complètement pour récupérer mentalement et physiquement" après ça. De fait, depuis ce revers inattendu, Nadal n'est plus apparu sur les courts.

Un seul titre en indoor

Pas étonnant donc, que devant la presse, le Majorquin ait eu vite fait de rejeter l'étiquette de favori avant le coup d'envoi du tournoi des maîtres. "Vous aimez beaucoup parler des favoris et les désigner, mais je n'en suis pas un, a-t-il prévenu en préambule. Roger a beaucoup gagné ces derniers temps, Andy a remporté trois tournois et Novak doit avoir une confiance en lui incroyable après tout ce qu'il a accompli cette année. Ce sont eux les favoris, clairement." Ce n'est pas faux, mais son long arrêt est à double tranchant. Certes, il manquera de compétition, mais il arrive aussi avec une réelle fraicheur. On a vu le niveau de jeu de Federer à Bâle et Paris après ses six semaines de coupure...

Bien placé pour en parler, le Suisse est d'ailleurs persuadé que Nadal sera un gros client à Londres. "Rafa sera peut-être un peu rouillé pour son premier match mais s'il s'en sort il sera vite dangereux", estime-t-il. La chance de Nadal, c'est peut-être de débuter face à Mardy Fish. Par définition, il n'y a évidemment pas de premier match facile au Masters, mais l'Américain, seul "rookie" de cette édition 2011, manque lui aussi de repères. Après son très bel été, il est rentré dans le rang et n'a engrangé qu'une seule victoire lors de ses trois derniers tournois avant de se blesser aux ischio-jambiers. Commencer face à Federer ou même contre Tsonga, deux hommes nettement plus en forme, aurait sans doute été plus compliqué pour Nadal.

Reste qu'au-delà des aspects conjoncturels le Masters pose un problème de fond à Nadal. Son jeu s'exprime moins bien en salle. Il le sait et ses adversaires aussi. "Gagner ici serait fantastique pour moi, mais l'indoor convient beaucoup mieux à Roger, Novak ou Andy qu'à moi. C'est là que j'ai le pire pourcentage de victoires de ma carrière, je ne peux pas l'oublier." Vrai. Un seul de ses 46 titres a été conquis en salle. C'était à Madrid, il y a plus de six ans. C'est donc un sacré défi qui attend Rafa sur les bords de la Tamise. Mais il est un homme de défis. Et pas question pour lui d'aborder le Masters comme une préparation pour la finale de Coupe Davis, début décembre. "Je suis très motivé par la finale de Coupe Davis, mais je suis aussi très motivé ici", assure-t-il. Qui pourrait sérieusement en douter?
L.V.


Djokovic à 100%

Novak Djokovic n'a plus mal à l'épaule. Le Serbe se dit à 100% pour affronter Tomas Berdych, lundi à 21 heures.

« Je sers au maximum de mes possibilités depuis deux ou trois jours et je peux affirmer que j'ai récupéré. » Novak Djokovic le martèle : il «sera à 100%» pour son premier match contre Berdych, lundi 21h00 au Masters de Londres. Il va bien, mais il se méfie du Tchèque (7-1 pour le Serbe) : «Il a eu de bons résultats ces derniers temps, notamment à Paris-Bercy où il a battu Murray, et il aime jouer en salle.»

Après une année dantesque ponctuée par trois titres du Grand Chelem, le Serbe a vécu un contrecoup physique avec des blessures au dos et à l'épaule. Et la fin de saison s'éternise pour le numéro 1 mondial qui a été contraint au forfait à Bercy et a perdu contre Kei Nishikori à Bâle. «La saison a été longue. Le calendrier est chargé et les joueurs ont du mal à être à 100% sur tous les tournois, surtout en fin de saison. Il faut que nous soyons ouverts au changement», prévient Nole qui partage le groupe A avec David Ferrer, Andy Murray et Tomas Berdych.

Déjà vainqueur du Masters en 2008 à Shanghaï, le Serbe se donne deux objectifs à Londres : rejoindre Roger Federer, victorieux du Masters et de trois titres du Grand Chelem en 2007, et aller boire un petit thé au All England Lawn Tennis Club pour «ressentir l'atmosphère du club de façon différente en dehors du tournoi». En attendant, il garde précieusement un morceau du filet de Wimbledon.
lequipe.fr
# 21/11/2011 à 10:30 Nico
Les regrets de Tsonga

Jo-Wilfried Tsonga n'était pas si loin mais le Français s'est incliné face à Roger Federer lors de ce premier match de la poule B (6-2, 2-6, 6-4).

Jo-Wilfried Tsonga a quitté le court de l'O2 Arena avec énormément de regrets pour son premier match du Masters. Le Français n'a d'ailleurs pas traîné en route vers la sortie. Comme en finale de Bercy, il s'est ainsi incliné face à Roger Federer. Mais cette fois, il a poussé le Suisse à la manche décisive (6-2, 2-6, 6-4) avant de totalement craquer à 4-5 sur son service et de subir un coup de patte et de chance du n°4 mondial en retour de revers amorti sur la deuxième balle de match, ponctué d'un passing de revers d'école. Rideau.

Une colère froide. Tsonga a en effet de quoi s'en vouloir car il y avait de la place dans ce troisième set pour l'exploit. Il doit sans doute avoir une impression de ''tout ça pour ça''. Parti de très loin après un premier set à l'envers où il a enchaîné fautes et mauvais choix ainsi qu'un vide absolu en retour de service, le 6e mondial s'est révolté. «De toute manière soit je jouais un peu mieux soit j'allais être ridicule. Je me fais breaker d'entrée bêtement et voilà... Je sais que je peux jouer tout le temps comme dans les deux derniers sets alors ça m'agace d'avoir raté mon départ. Ensuite j'ai tapé plus fort, j'étais plus mobile et sur la fin j'ai l'impression que j'avais pris le dessus», a ainsi confié Tsonga. Federer, lui, est allé en sens inverse : un début en trombe en mode patron et puis ce jeu décousu offert par son adversaire l'a un peu fait sortir du match. Mené 4-2 dans le deuxième set, il semblait même se demander comment il en était arrivé là. Un coup droit décroisé dans le couloir sur balle de premier break avait pourtant suffi à relancer Tsonga. Mais le tenant du titre a très bien joué le money-time. Comme à Bercy, décidément.

Ou plutôt pire qu'à Bercy, car la concentration envolée de Federer dans le deuxième set puis ses - discrètes - marques d'énervement jusqu'au milieu du troisième set ont donné plus d'ouvertures à Tsonga. Seulement, dos au mur, le Français s'est transformé en Père Noël : une volée de coup droit toute faite dans le filet suivie d'une double faute et la fin du match a défilé sans qu'il puisse se reprendre. «C'est allé trop vite. Sur la balle de match, il la joue avec le cadre... Je suis en colère car je refais le même début de match qu'à Bercy et parce que je rate ce jeu à 5-4. Ce match me rend assez fou en fait. Généralement j'oublie vite les défaites mais là je sens que non. J'espère que je vais rebondir et donner quelque chose de meilleur. De toute manière je n'ai plus le choix, il faut gagner», a ainsi confié le seul Français de ce Masters dont le regard noir, ce dimanche, en disait long sur la rage contenue.

A lui de s'en servir comme d'un moteur pour poursuivire l'aventure londonienne. Federer, qui a pu compter sur la présence de son ami Thierry Henry en tribune, n'a sans doute pas joué à son meilleur niveau mais, pour un premier match, le Suisse a été solide et régulier. Lâchant les chevaux quand le danger se rapprochait, sortant quelques coups de patte dont il a le secret, il a gagné le droit d'aborder avec une victoire dans la poche son prochain match. C'était bien la principale mission du jour.
C.B.


Nadal dans la douleur
R

afael Nadal a eu toutes les peines du monde à se défaire de Mardy Fish pour son premier match mais l'Espagnol n'a rien lâché (6-2, 3-6, 7-6[3]) et remporté son huitième match en neuf confrontations contre l'Américain.

Pour une reprise, Rafael Nadal a été servi. Poussé dans ses derniers retranchements par un Mardy Fish toutes griffes dehors, le n°2 mondial a fini par s'en sortir au terme de trois sets (6-2, 3-6, 7-6(3)) et 2h53' de jeu. Un combat tellement âpre que l'Espagnol a fini sa poignée de main à Fish en titubant. Lui qui n'avait pas joué depuis Shanghai début octobre a pu constater que les séances d'entraînement ne remplacent pas la compétition.

Le premier set à sens unique a vite été oublié dans un match où tout a basculé à 6-2, 0-1 et 40-15 service Nadal. Comme souvent en 2011, Rafa s'est bloqué et a laissé filer sur des fautes inhabituelles pour lui les années passées un jeu de service qui lui semblait promis. Derrière, Fish est passé à l'abordage avec un acharnement et un engagement exceptionnels. Au filet ou du fond du court, l'Américain a tout donné pour faire honneur à sa première participation au Masters. Sur sa cinquième balle de set, il a prouvé que ses nerfs pouvaient tenir le choc en sortant une superbe volée croisée de revers. C'est sans doute l'Américain qui a produit le plus de jeu dans ce match, prouvant que, dès qu'il pose le pied en indoor, Nadal retrouve ses mauvaises habitudes. Trop attentiste, loin de sa ligne, l'Espagnol a subi les assauts adverses jusqu'à la fin.

Le numéro de Mardy Fish

Il n'est pas en confiance, c'est une évidence, mais Nadal se bat. Novak Djokovic en 2011 a sapé le matelas de certitudes de l'homme de Manacor mais même le Serbe ne peut rien contre son aversion pour la défaite. Qu'importe l'avance de 2-0 effacée en quelques minutes ou cet estomac qui a commencé à lui jouer un vilain tour, qu'importe le break subi à 2-2, la balle de break contre lui à 3-3 ou les deux balles de match sauvées en patron par Fish : Nadal n'a pas craqué. Retrouvant sa première balle au meilleur moment dans le jeu décisif, il a tenu encore et encore et poussé l'Américain aux dernières fautes. Une victoire dans la souffrance et qui va laisser des traces, certes, mais au final Nadal n'a pas sombré.

Son niveau de jeu en revanche n'a pas montré les signes bénéfiques de sa pause tactique depuis l'Asie. Nadal n'était ni plus frais ni plus saignant. Même si les quelques coups droits lâchés sans cogiter ont donné un aperçu de ce qui pourrait arriver dans un grand jour, la balle a eu souvent bien du mal à sortir de la raquette et ce revers l'offre encore trop aux agressions adverses. Mardi, il offrira aux observateurs un duel de gala face à Roger Federer tandis que Mardy Fish affrontera Tsonga. Ce groupe B pourrait encore réserver un sacré show. L'O2 Arena pleine comme un oeuf dimanche n'en demande pas moins.


RAFAEL NADAL : «C'est une victoire importante pour la confiance et en vue d'atteindre les demi-finales. Il a très bien joué et moi j'ai commis une énorme bourde à 0-1 dans le deuxième set alors que je menais 40-15. Ensuite je me suis battu mais dès le début du troisième j'ai eu terriblement mal au ventre. J'ai joué en souffrant vraiment pendant une heure mais je n'ai pas lâché. Je ne suis pas inquiet de savoir si je serai remis pour le prochain match, mais si je serai prêt pour m'entraîner demain. Affronter Roger sera évidemment un grand défi. (Au sujet des propos de Yannick Noah) Il ne mérite plus d'écrire dans un journal, ce qu'il a dit est stupide. Il devrait savoir combien nous sommes contrôlés. Ses remarques étaient puériles mais c'est pire pour l'image de la France que pour nous.»
C.B.
# 22/11/2011 à 10:03 Nico
PROGRAMME DE LUNDI

A partir de 15h00
Andy Murray (GBR) - David Ferrer (ESP) 5-3

A partir de 21h00
Novak Djokovic (SER) - Tomas Berdych (RTC) 7-1


RESULTATS DE LUNDI

Ferrer s'offre Murray

Douche froide dans l'O2 Arena : David Ferrer a dominé le chouchou du public Andy Murray en deux sets lors de ce premier match du groupe A (6-4, 7-5).

Andy Murray est tombé de haut et les conséquences de cette chute, qui n'est pas éliminatoire, se manifesteront vite. David Ferrer, lui, a encore prouvé lundi que sa solidité de fond de court avait de quoi user n'importe quel cador incapable de prendre le jeu à son compte. Pour Murray, l'éclaircie n'a donc duré que jusqu'à 2-1 service à suivre dans le premier set. C'est à ce moment que les premiers coups de raquette sur les jambes ont commencé à pleuvoir, ainsi que les regards désabusés vers son clan. La suite ? Un break d'avance perdu sur trois fautes en coup droit, des hurlements de frustration, quelques éclairs vite masqués par une trop grande passivité et un déplacement visiblement diminué.

Cette forme-là s'est logiquement avérée bien trop juste pour David Ferrer. L'Espagnol ne s'est pas fait prier pour sentir le bon coup à jouer devant ce public anglais dont le soutien n'aura pas permis à Murray de s'en sortir. Les «Come on Andy !!!» sont restés impuissants face à la logique du jour : impossible de battre la muraille Ferrer sans jambes ni arsenal offensif. Service et coup droit grippé, revers sur courant alternatif : Murray était une cible. Dans un match décousu où le vainqueur a terminé avec 35 fautes au compteur, contre 44 pour Murray et 46% de premières balles, la messe a quasiment été dite à la fin du premier set. Des balles de 5-5 ratées par l'Ecossais et Ferrer qui prend, comme toujours ce lundi, le jeu à son compte et part à l'abordage afin d'arracher le set. A ce moment-là, le n°3 mondial a confirmé l'impression visuelle du grain de sable dans la machine en appelant le kiné pour un souci en haut de la jambe gauche.

Murray sans joker

Vainqueur de deux Masters 1000 cette saison, de trois titres de suite en Asie, finaliste à l'Open d'Australie et demi-finaliste dans les trois autres tournois du Grand Chelem, Andy Murray est-il rattrapé par la fatigue en cette fin de saison ? Le couac subi à Bâle (muscles fessiers droits) avait-il sonné l'alarme ? Il reste que Murray, qui menait 5-3 dans ses duels face à Ferrer et était sur une série de 4-0, a grillé un sérieux joker dans ce groupe A en s'inclinant aujourd'hui et en deux sets. A lui de dire à quel point le mal est profond. Il peut s'en remettre s'il a eu un jour sans - à l'image des deux breaks réalisés et perdus dans la foulée dans le deuxième set - et une gêne physique traitable rapidement. Mais s'il est sérieusement diminué, alors ses ambitions de fin de saison pourraient être douchées. Ses déclarations d'après match ne sont donc pas rassurantes, lui qui s'est dit ncertain. Il avait deux objectifs en novembre : gagner le Masters et finir la saison en n°3 mondial. La ténacité de David Ferrer, finaliste du Masters en 2007 et très à l'aise sur cette surface, a posé un premier obstacle dans sa quête. L'Espagnol, lui, réalise une très belle opération digne du cinquième joueur mondial qu'il est. Les autres sont prévenus.


Djokovic revient de loin

Novak Djokovic a dû s'employer face à Tomas Berdych (n°7). Au terme de 2h38' de jeu, le n°1 mondial s'est imposé en trois manches (3-6, 6-3, 7-6[3]) après avoir sauvé une balle de match.

Le Djoker a plusieurs vies. Dans la première, il est l'ombre du triple vainqueur en Grand Chelem de la saison : mené 4-0 avec un service en panne sèche et un timing sous somnifères, le n°1 mondial est proche de prendre une correction. Dans la deuxième, le Serbe sort de sa torpeur, manque d'effacer ses deux breaks de retard mais retombe petit à petit sur ses pattes, toujours sur un fil. Dans la dernière enfin, ''Nole'' réveille le patron 2011 pour boucler le deuxième set : deux revers le long de la ligne avec une prise de balle de jeu vidéo et deux aces. A partir de ce moment-là, il y a bien eu match entre un n°1 mondial et un n°7 en grande forme.

Tomas Berdych va en effet revoir un bon moment ce coup droit le long de la ligne qui était parti pour lui donner la victoire avant de finir sa course dans le filet. Ah si seulement il faisait ami - ami plus souvent avec le lift. Il reste que le Tchèque prouve combien l'indoor sied à son jeu et combien ces dernières semaines il retrouve son timing et surtout sa qualité de frappe de balle exceptionnelle. Djokovic peut en témoigner après avoir dû contrer encore et toujours ces claques de coup droit et de revers capables de trouver des coups gagnants dans tous les coins du court. Car c'est sûrement le Tchèque qui a globalement dominé la rencontre. Mais pour la première fois depuis son triomphe à l'US Open, Djokovic retrouve aussi de sa superbe et de sa lucidité.

Djokovic avec la tête

La tête à l'envers pendant un set, il lui suffit de quelques jeux pour poser le diagnostic : jouer en cadence à hauteur de hanches adverses est un suicide, chercher à frapper plus fort que Berdych aussi et la survie vient de sa capacité à rester sur sa ligne de fond. Voilà comment il commence son travail de sape en variant : trajectoires bombées, puis plus à plat, le court croisé, le long de la ligne. Le gestionnaire met en route. Par deux fois à deux points de la défaite à 4-5 et 5-6, il serre les dents. Berdych n'est pas aussi patient et part à la faute, surtout en coup droit où la panique le gagne (42 fautes au total contre 33 pour Djokovic et 46% de premières). Malgré la tension et des coups de plus en plus retenus, le Djoker s'en sort, au mental. Ses récents pépins physiques n'ont pas trop sévèrement endommagé la confiance accumulée cette saison. Le poing sobrement serré vers son clan en fin de match dit tout : il revient de loin et sait que la route est encore longue. David Ferrer sera son prochain adversaire dans une poule où l'incertitude qui plane sur Murray pourrait faire diversion.

lequipe.fr


PROGRAMME DE MARDI

A partir de 13h15
Michaël Llodra (FRA)/Nenad Zimonjic (SER) - Rohan Bopanna (IND)/Aisam-Ul-Haq Qureshi (PAK)

Pas avant 15 heures
Jo-Wilfried Tsonga (FRA) - Mardy Fish (USA) : 1-0

A partir de 19h15
Max Mirnyi (BLR)/Daniel Nestor (CAN) - Mariusz Fyrstenberg (POL)/Marcin Matkowski (POL)

Pas avant 21 heures
Rafael Nadal (ESP) - Roger Federer (SUI) : 17-8
# 23/11/2011 à 00:17 Nico
RESULTATS DE MARDI

Tsonga garde la main

Jo-Wilfried Tsonga reste en vie dans ce Masters après sa victoire sur l'Américain Mardy Fish (7-6(4), 6-1).

Jo-Wilfried Tsonga garde la main sur son destin. Le Français s'est imposé mardi contre Mardy Fish (7-6(4), 6-) et a ainsi conservé toutes ses chances de qualification pour les demi-finales à Londres. Face à un Américain dont les jambes lourdes ont crié point après point tout le mal que les 2h53' de jeu face à Nadal leur avaient fait, le Tricolore a dans l'ensemble dominé les débats.

Il a surtout tenu parole en commençant sa rencontre pied au plancher et non pas en diesel : un break d'entrée - certes perdu puis retrouvé dans la foulée - et une attitude offensive assumée l'ont envoyé en tête assez rapidement (4-2, 5-3). La copie aurait été parfaite si Tsonga ne s'était pas crispé au moment de boucler la première manche à 5-4. En quelques minutes il se retrouvait mené 6-5 et la tête basse. Mais la frustration de ces quelques revers dans les bâches n'a pas eu raison de ses nerfs et c'est en patron qu'il a été chercher son set. Et le match, puisque Fish n'a fait illusion que sur un break d'entrée de deuxième set avant de couler à pic.

En attendant Nadal

La tête de série n°8 n'a été que l'ombre du joueur débordant d'énergie et de détermination qui avait poussé Rafael Nadal dans ses derniers retranchements dimanche. Manifestement, ses récents pépins physiques ne lui donnaient pas plus d'autonomie cette semaine. En attendant, voilà donc le sixième joueur mondial, qui finit le match avec 33 coups gagnants au compteur pour 21 fautes, relancé dans ce groupe B. Il saura à quel point après le match opposant Rafael Nadal - que Tsonga retrouvera jeudi- à Roger Federer en soirée. Un blockbuster ce groupe B on vous dit.
C.B.


Federer étrille Nadal

Roger Federer, intouchable, a laminé un Rafael Nadal emporté dans la tempête (6-3, 6-0). Le tenant du titre est désormais qualifié pour les demi-finales de ce Masters.

Le blockbuster a fait flop. Attendu comme le choc de ce groupe B, le duel entre Roger Federer et Rafael Nadal n'a pas eu lieu tant la domination du Suisse a été éclatante (6-3, 6-0). Ce remake de la finale 2010 n'a duré qu'une heure mais cela a été suffisant à Rafael Nadal pour constater à quel point son jeu était à l'envers. La pause volontaire après le tournoi de Shanghai semble pour le moment avoir été un très mauvais choix. Chancelant face à Fish, il a cette fois coulé à pic : constamment pris de vitesse, incapable de faire sortir la balle décemment de sa raquette en revers et incapable aussi de trouver une parade tactique.

Federer, lui, a survolé les débats. Le n°4 mondial a réalisé une véritable démonstration au terme d'un match où il a joué dans un rêve. Des coups lâchés à fond, une prise de balle d'une précocité hallucinante : il n'a jamais été mis en danger. Rivé sur sa ligne alors que Nadal a passé son temps à en décrocher, le quintuple vainqueur de l'épreuve s'est qualifié avec la manière pour le dernier carré. Très bien dans son jeu de jambes, il a pu à loisir expédier des coups gagnants de parade en coup droit dans tous les coins du court (15 coups droits gagnants sur ses 28 coups gagnants du jour). Souvent mis à mal sur son revers par le lift de Nadal, il n'a eu cette fois aucun problème, tant la balle adverse n'a jamais giclé suffisamment. Mardi sur le central de l'O2 Arena, il n'a peut-être même pas eu à verser plus d'une goutte de sueur.

Federer en demies, Nadal sonné

Un vrai numéro qui lui permet de mener désormais 4-0 dans ses duels en indoor face au gaucher espagnol et d'arriver très frais en demies. Etant donné qu'il était déjà le cador le plus frais avant d'arriver à Londres, autant dire que pour le moment tous les voyants sont au vert. Nadal en revanche se retrouve dans une situation périlleuse où il doit absolument battre Jo-Wilfried Tsonga s'il veut poursuivre l'aventure. A la vue du match du jour, le n°2 mondial va devoir sérieusement se révolter et montrer un autre visage s'il veut éventuellement espérer passer le cap. Aujourd'hui, le coup de massue infligé par Federer va demander des trésors de calme pour être digéré.

ROGER FEDERER : «Je suis un peu surpris d'avoir aussi bien joué. J'ai réussi tout ce que j'ai tenté. Parfois c'est comme ça avec les meilleurs mondiaux : quand ils entrent dans ce genre de dynamique, c'est dur de les arrêter. Rafa n'était pas à son meilleur niveau mais après avoir coupé si longtemps, et sur cette surface, il était évident qu'il allait avoir du mal. Je suis ravi de cette victoire même si je sais que ce n'était pas une finale. J'ai bien tenu en revers et au final ça fait du bien de gagner après les défaites subies contre lui cette saison. Sur cette surface, la vitesse joue de toute manière pour moi à partir du moment où j'arrive à le priver de temps. (Nadal ou Tsonga ?) On ne peut jamais donner Rafa battu alors je continue de penser qu'il est favori face à Tsonga. Mais Jo peut lui faire mal dans un bon jour sur cette surface. De mon côté je suis en demies et bien content de ne plus avoir cette pression de la qualification.»
C.B.


PROGRAMME DE MERCREDI

Murray forfait

Andy Murray, blessé à l'aine, a annoncé ce mardi son forfait pour la suite du Masters. Janko Tipsarevic, premier remplaçant, sera donc opposé à Tomas Berdych mercredi.

Comme redouté, Andy Murray n'ira pas plus loin à l'O2 Arena. Mardi, alors que Jo-Wilfried Tsonga était encore dans la salle de conférence de presse, une annonce a retenti pour prévenir de l'arrivée imminente du n°3 mondial devant la presse. Le temps pour Tsonga de donner les dernières réponses et Murray arrivait, en short et haut de jogging. Pas de suspense, il annonçait son forfait. Défait.

«Je suis très déçu, en colère. J'ai parlé longuement avec mon équipe, j'ai essayé de voir s'il y avait une seule chance que quelque chose de positif arrive sur le court demain, mais au fond de moi je savais bien que non. Ce matin au réveil, j'avais toujours aussi mal. Un jour de repos n'est pas suffisant pour cette blessure. Cela a été dur mentalement depuis que c'est arrivé car je savais que je n'étais pas prêt à jouer cette semaine. Je pense que j'ai pris la bonne décision de me retirer du tournoi car je ne peux pas me permettre de mettre en danger ma préparation pour la saison prochaine. Je suis au repos forcé pour une dizaine de jours», a ainsi confié l'Ecossais très touché par ce coup du sort.

Il ne s'est pas non plus voilé la face sur l'erreur commise quelques semaines plus tôt. «Après l'Asie, j'ai voulu absolument me préparer pour Bâle et maintenant je pense que c'était trop tôt. Je vais devoir apprendre de ça. Que ce soit moi, Novak, Roger ou Rafa, nous avons beaucoup donné cette saison et tous connu des pépins sur la fin. Ce qui est dur aujourd'hui, c'est que toute l'année je travaille aussi en pensant à ce tournoi et que je ne peux plus rien y donner. C'est triste de finir l'année comme ça.» Effectivement, il est bien dommage de finir la saison avec un Top 4 dont la réserve d'énergie est sérieusement dans le rouge et ce depuis la fin de l'US Open. Nul doute que les discussions sur les aménagements souhaités du calendrier vont devoir amener des solutions. Ou le rendez-vous des Maîtres se transformera régulièrement en infirmerie.
C.B.


PROGRAMME DE MERCREDI

A partir de 15 heures
Janko Tipsarevic - Tomáš Berdych

A partir de 21 heures
Novak Djokovic - David Ferrer
# 23/11/2011 à 23:45 Nico
RESULTATS DE MERCREDI

Berdych a eu chaud

Tomas Berdych reste en course dans ce Masters après une victoire sur le fil contre Janko Tipsarevic (2-6, 6-3, 7-6(6).

Tomas Berdych domine Janko Tipsarevic (2-6, 6-3, 7-6(6)) et garde une chance de se qualifier pour les demi-finales dans ce groupe A. Au terme d'une rencontre à rebondissements, le Tchèque s'en est sorti sur le fil et peut remercier Janko Tipsarevic d'avoir raté une volée de revers court ouvert sur sa balle de match puis d'avoir commis une double-faute avant de s'emmêler dans ses appuis à 6 points à 7 pour tomber et laisser Berdych l'emporter. Le Serbe, qui disputait le premier match en Masters de sa carrière, est reparti du court en boîtant. Va-t-on devoir remplacer le remplaçant d'Andy Murray ? Tipsarevic a précisé par la suite qu'il souffrait du genou droit mais qu'il espérait pouvoir jouer le dernier match.

En attendant, voilà une victoire dans la douleur qui permet à la tête de série n°7 de garder un espoir de qualification. Le coup droit encore tremblant, comme contre Novak Djokovic, sur les points importants, il a dû croire à un complot quand on lui a remis Tipsarevic dans les pattes. Pourquoi ? Tout simplement parce que le Serbe est un des joueurs qu'il n'aime pas du tout jouer. Avant de le dominer à Bercy, il était ainsi mené 4-0 dans leurs confrontations. Et mercredi les mêmes blocages sont apparus tant Tipsarevic lit à la perfection le jeu du Tchèque. Très bon contreur, il lui fait régulièrement griller un fusible en ramenant toujours une balle de plus et en décochant coup droit ou revers le long de la ligne pour finir.

Berdych a plié mais n'a pas rompu

Mais cette fois Berdych n'a pas coulé sous la frustration et est passé au dessus de ses soucis face au Serbe. Après 2h26' de jeu, il n'a pas été celui réalisant le plus de points gagnants (28 contre 32), est parti trop souvent à la faute (34 fautes contre 21) mais a tenu ses nerfs plus longtemps que Tipsarevic dans le money time. La débauche d'énergie consentie sur ses deux matches pourrait finir par le rattraper mais l'important était ailleurs aujourd'hui : après la terrible déception face à Djokovic sur cette balle de match manquée, il s'est de nouveau prouvé qu'il pouvait compter dans ce Masters.

TOMAS BERDYCH : «Un point a tout changé c'est vrai. C'était contre moi l'autre jour, là en ma faveur. C'est le sport. Je me sens bien sur le court, je sens que je joue bien même si aujourd'hui j'ai encore eu des problèmes face à lui. Il est dur à jouer car il n'a pas vraiment de point faible et est très solide. Il me gêne aussi beaucoup avec son revers. Mais je suis toujours dans la course et je vais me battre jusqu'au bout.»

JANKO TIPSAREVIC : «Si c'était à refaire, je jouerai la balle de match exactement de la même façon. C'était le bon choix. Si j'avais pris la balle un peu plus tôt... J'ai mal au genou droit mais j'espère que ce n'est qu'un choc. Je pense que je pourrai jouer le prochain match. Je suis très en colère contre moi mais cette semaine ici m'a appris une chose : pas un joueur du Top 10 ne va me donner un match, ça ne sert à rien d'attendre la faute comme je l'ai fait dans le deuxième set en reculant. Il faut que j'aille battre ces types moi-même. (Au sujet d'Andy Murray avec lequel il s'était entraîné) Je ne me suis jamais douté qu'il allait déclarer forfait. Je ne sais pas ce qu'il a dit mais on s'est entraîné plus d'une heure et je n'imaginais pas qu'il était blessé. J'ai bien vu sur son match qu'il n'était pas comme d'habitude mais je pensais plus à de la fatigue. Honnêtement j'avais plus de doute sur la forme de Mardy Fish.»
C.B.


Ferrer a miné Djokovic

David Ferrer s'est qualifié mercredi pour le dernier carré au terme d'un match à sens unique face au n°1 mondial Novak Djokovic (6-3, 6-1).

David Ferrer a fait coup double mercredi dans l'O2 Arena : l'Espagnol s'est offert une victoire (6-3, 6-1) sur le n°1 mondial Novak Djokovic et s'est surtout qualifié pour les demies. Finaliste de l'épreuve en 2007, il a pris la forme d'un mur face à un Serbe qui a explosé en plein vol dès le premier break subi à 3-3 dans le premier set.

33. C'est le nombre de fautes directes commises par Djokovic et il veut tout dire. Incapable de trouver la brèche, le Djoker n'a pas eu les ressources pour perturber la machine adverse. Il en avait eu les nerfs et l'envie face à Berdych mais, contre le 5e mondial, tout ce qui restait était le ça passe ou ça casse. Et il a cassé dans un festival de fautes dont celles côté revers, son meilleur coup, ont prouvé à quel point il était ailleurs. «David a fait un grand match, il faut lui rendre le mérite qui lui revient. Moi je n'étais simplement pas là. J'ai joué le pire match de ma saison et je n'ai aucune explication. J'ai même honte à l'idée de regarder les stats tellement j'ai dû commettre de fautes. Rien n'allait ce soir : rien», a confié Djokovic venu très vite après son match. Ni en colère ou abattu : juste dans l'incompréhension.

Djokovic assommé mais pas encore coulé

Ferrer poursuit son entreprise de démolition en s'offrant le boss 2011 après avoir dominé Andy Murray. Une nouvelle preuve de la valeur de référence ès cador de ce joueur : placé juste derrière les Quatre Fantastiques, il est toujours capable de leur couper la tête s'ils se présentent diminués ou à reculons. Mercredi, il a écoeuré Djokovic en contrant toutes ces tentatives, en servant le plomb et en déposant des volées ou des coups droits décroisés imparables.

Sa performance est remarquable (avec 63 points gagnés contre 41 pour Djokovic) mais n'empêche pas de noter combien la lassitude mentale s'est abattue d'un coup sur son adversaire. Pas d'envie, pas d'engagement physique, pas de lucidité : en perdant son service à 3-3 premier set c'est comme s'il avait subi une décompression géante. Il ne s'en est jamais remis et il n'est pas dit que d'ici mercredi il retrouve suffisamment de détermination pour arracher sa place en demies. «Si je joue comme ça, je n'aurais aucune chance. Je n'arrive même pas à trouver une seule chose de bien faite ce soir», a lancé sans hésitation Djokovic. Il ne sera pas maître de son destin, puisque Tomas Berdych jouera aussi sa place en demies face à Ferrer. Après le forfait de Murray et la déroute de Nadal face à Federer, un troisième cador semble en avoir plein les jambes et la tête de cette saison 2011. Assistera-t-on à un sursaut des deux meilleurs joueurs du monde ? Affaire à suivre.
C.B.

«Rien ne pourra ternir ma saison»
Novak Djokovic ne prendra pas un échec au Masters comme une ombre sur sa saison : «Rien ne pourra ternir ma saison. J'aurais même pu cesser de jouer après l'US Open que mon année aurait quand même été incroyable. Jouer la Coupe Davis a sans doute été une erreur : je joue souvent avec le coeur alors que parfois il vaut mieux écouter sa tête.»

DAVID FERRER : «Je suis très motivé même si un peu surpris d'être déjà qualifié pour les demies. Je viens de battre Djokovic et Murray donc là je veux juste en profiter. Mais je serai bien concentré pour le match face à Berdych, ce n'est pas encore le moment de penser à la demi-finale. J'ai fait mon meilleur match de l'année alors que lui est sans doute fatigué de sa saison.»


Nadal n'en fait pas un drame


Balayé en une heure de jeu par Roger Federer (6-3, 6-0) lors de sa deuxième rencontre du Masters, Rafael Nadal ne se cherche pas d'excuse. L'Espagnol reconnait la supériorité du Suisse mais ne s'inquiète pas outre mesure. Reste qu'il est loin d'avoir dissipé les doutes sur son niveau de jeu.

"Il a mieux joué que moi et j'ai pris 6-3, 6-0, bravo à lui et bonne chance." Constat cinglant d'une défaite tout aussi lapidaire. En indoor, Nadal n'a toujours pas trouvé la clé. Trois rencontres face à Federer lors du Masters, autant de défaites. Celle de mardi fait particulièrement mal. Parce que Nadal n'a jamais vraiment existé. Balayé en une heure de jeu, l'Espagnol n'a inscrit que quatre points gagnants. Une misère.

"Aujourd'hui, Roger a trop bien joué pour moi. Quand il joue comme ça, il n'y a qu'une solution pour rester dans le match, remporter des points gratuits avec le service mais je n'ai pas pu le faire", a-t-il analysé. En grosse difficulté face à un Mardy Fish pourtant pas franchement fringant lors de son entrée en lice à Londres (6-2, 3-6, 7-6) après un mois d'absence et une défaite en 8e de finale à Shanghai face à Florian Mayer, Nadal n'a toujours pas levé les doutes sur son niveau de jeu en cette fin d'année.

"Vous pouvez penser que j'ai basculé dans l''oubli ..."

"Vous pouvez penser que j’ai basculé dans l’oubli, moi pas. Mon année n’est pas parfaite, je le reconnais. Elle a permis à d’autres d’attirer l’attention. Mais j’ai quand même gagné Roland-Garros, et disputé deux autres finales. Ce n’est pas déshonorant", rappelle justement le joueur aux dix titres du Grand Chelem. Il assure que la perte du leadership mondial l'affecte "moins que d'avoir perdu Wimbledon" : "Depuis toujours, mon esprit est occupé à progresser. Je travaille pour moi, pour apprendre et pour évoluer. C’est mon unique objectif dans la vie. Je ne saute pas du lit le matin en pensant à Djokovic", assure-t-il.

Dès lors, le problème est-il d'ordre physique ? Après ses problèmes à l'estomac face à Fish, Nadal a avant tout été surclassé dans le jeu contre Federer. A peine plus rassurant. S'il n'a pas voulu se servir de l'usure physique comme excuse, Nadal a tout de même mis en avant les cadences infernales dictées par l'ATP : "J'ai encore la finale de la Coupe Davis et je dois encore préparer la saison prochaine", a-t-il pesté.

Mais ne le croyez pas pour autant résigné. Nadal n'a pas fait une croix sur les demi-finales à Londres. Malgré ses deux sorties peu convaincantes dans l'O2 Arena, il lui suffit de battre Jo-Wilfried Tsonga pour rallier le dernier carré. "Ce n'est pas le moment de dire au revoir au tournoi mais de continuer à se battre et d'adopter une attitude positive car il me reste une chance d'aller en demi-finales."
M.M.
# 24/11/2011 à 16:13 Nico
PROGRAMME DE JEUDI

Court central - A partir de 12h15 (13h15 en France)
Rohan Bopanna (IND) / Aisam Qureshi (PAK/n°5) - Mariusz Fyrstenberg (POL)/Marcin Matkowski (POL/n°8)

Pas avant 14h00 (15h00 en France)
Roger Federer (SUI/n°4) - Mardy Fish (USA/n°8) : 6-1

Pas avant 18h15 (19h15 en France)
Michaël Llodra (FRA) / Nenad Zimonjic (SER/n°2) - Max Mirnyi (BLR) / Daniel Nestor (CAN/n°3)

Pas avant 20h00 (21h00 en France)
Rafael Nadal (ESP/n°2) - Jo-Wilfried Tsonga (FRA/n°6) : 5-2
# 25/11/2011 à 11:11 Nico
RESULTATS DE JEUDI

Federer a géré

Déjà qualifié pour les demi-finales, Roger Federer a remporté son troisième match dans ce groupe B en dominant l'Américain Mardy Fish (6-1, 3-6, 6-3).

Il n'y a pas eu de cadeau de Thanksgiving pour Mardy Fish. Malgré une belle réaction d'orgueil dans le deuxième set qui a coïncidé avec un passage à vide du n°4 mondial, l'Américain s'est incliné face à Roger Federer (6-1, 3-6, 6-3). S'il n'y avait strictement aucun enjeu en terme de qualification, Federer étant premier de son groupe et Fish étant éliminé, il y avait en revanche 200 points ATP à prendre et 120.000 dollars pour une victoire en match de poule.

Federer a géré un match qui lui permet de rester dans une bonne dynamique avant les demi-finales. Face à un adversaire arrivé diminué à Londres (cuisse gauche) mais qui s'est donné à 100% avec les moyens du moment sur chaque match, le Suisse a très bien débuté. Toujours patron à l'échange, il a aussi profité des nombreuses fautes directes de son adversaire (18 sur le set, 32 sur le match). Un jeu décousu qui lui a d'ailleurs fait complètement perdre le rythme dans le deuxième set quand Fish a joué le tout pour le tout avec notamment 16 coups gagnants sur la manche. Federer après le premier break (1-3) a quasiment appuyé sur pause, enchaînant les bévues.

Un match à 1500 points ?

Il a laissé filer un set mais pas le match : il n'oublie pas qu'il y aura 1.500 points ATP à prendre pour celui qui s'imposera sans avoir perdu un match à dans l'O2 Arena ainsi qu'un bonus de 600.000 dollars. Il lui a donc suffi de retrouver son retour de service et ses velléités offensives en coupant dans les fautes pour vite reprendre le dessus (3-0, 5-2) avant de boucler l'affaire. Mardy Fish a cette fois fini sa saison et il a toutes les raisons d'être fier de ses performances avec cette place au Masters et un niveau de jeu cette année en pente ascendante. Roger Federer de son côté peut de nouveau attendre sereinement son prochain adversaire et poursuivre sa quête d'un sixième titre historique en Masters.
C.B.


ROGER FEDERER : «J'ai eu l'impression de me donner à fond mais forcément le fait d'être déjà qualifié a pu jouer. Mardy a sorti quelques coups venus de nulle part dans le deuxième set mais j'ai réussi le break très vite dans le troisième et ça a tout changé. Je me sens bien dans tous les cas et mon revers marche bien depuis Paris. Oui il y a un débat sur le calendrier mais je ne pense pas qu'on puisse l'alléger plus que ce qui sera fait en 2012 sous peine de mettre en danger certains tournois. Les choses tournent vite en tennis, et Rafa et Novak peuvent encore gagner. Attendons la fin du tournoi pour voir qui était épuisé ou pas. La saison a toujours été longue mais c'est vrai que le jeu est plus physique en ce moment. (Au sujet de la Coupe Davis) : je ne peux toujours pas dire officiellement que je jouerai, il y a de bonnes chances mais mon programme de début d'année n'est pas encore bouclé.»

MARDY FISH : «J'ai livré un bon match, sans doute pas le meilleur et sans doute pas en étant physiquement en parfaite condition. On ne saura jamais si j'aurais pu faire mieux dans de meilleures circonstances. Mais j'ai adoré faire partie de ce show, dans cette salle qui est à mon avis le lieu parfait. J'ai eu le temps de profiter du traitement particulier qu'on a ici. Les autres gars ont l'habitude mais moi j'ai vraiment tout découvert. Je sais je ne reviendrai peut-être jamais dans un Masters donc j'ai tout fait pour savourer.»
C.B


Tsonga s'offre Nadal

Jo-Wilfried Tsonga s'est qualifié jeudi pour les demi-finales du Masters grâce à sa victoire sur le n°2 mondial Rafael Nadal (7-6[2], 4-6, 6-3).

A l'abordage toute ! Jo-Wilfried Tsonga a joint la parole aux actes : le Français s'est jeté toutes griffes dehors dans ce match couperet face à Nadal en jouant le tout pour l'attaque (7-6[2], 4-6, 6-3). Au final, il a réalisé une énorme performance sur tous les plans - jeu, mental, physique - afin de s'inviter pour la première fois de sa carrière dans le dernier carré du Masters. Nadal a élevé son niveau de jeu par rapport à ses matches précédents mais n'a rien pu faire contre la logique du moment. Encore trop juste dans le jeu et niveau confiance, il a fini par craquer, trahi par ce coup droit qui est d'habitude son meilleur allié.

Tsonga a pris tous les risques

Tsonga a pris le match en patron avec un jeu de véritable spécialiste des surfaces rapides. Les chiffres ne mentent pas : le Français a remporté 27 points sur 36 à la volée et expédié 46 points gagnants (dont 24 dans le premier set) contre 45 fautes directes. Il a quasiment fait tout le jeu. Dès le premier set, il est rentré dans le court face à un Espagnol beaucoup trop loin de sa ligne mais qui n'a rompu que dans le jeu décisif. Tsonga s'est d'ailleurs prémuni de toute pression en servant le plomb une bonne partie de la rencontre. Il aurait pu perdre le match sur ce coup droit dans le filet à 4-4 30A dans le deuxième set mais sa tête n'a pas flanché. Le set envolé sur un très mauvais jeu de service et face au premier bon jeu de retour du finaliste 2010, le 6e mondial a géré sa frustration. Un seul moment de flottement en début de manche décisive lui a suffi pour faire renaître tous les doutes chez Nadal. Certes, il a tremblé à 5-2 en commettant trois double-fautes, mais jeudi soir dans l'O2 Arena c'est bien lui qui avait les nerfs d'acier.

Pas de miracle pour Nadal

Nadal, qui n'arrivera pas au mieux à Séville pour la finale de la Coupe Davis, a fini le match à l'image de ses derniers tournois en Asie et de ses deux matches à Londres : perdu. Même si sa révolte en fin de deuxième set est à saluer tant les regards frustrés et remplis d'incompréhension lancés régulièrement vers son oncle Toni ont expliqué autant que les fautes inhabituelles la mauvaise passe vécue en ce moment. Au lieu de mettre encore un peu de pression sur Tsonga, il lui a ainsi quasiment offert son dernier jeu de service sur trois fautes avant que Tsonga ne prenne son destin en mains sur un coup droit décroisé gagnant. Finaliste à Bercy, le Français a encore démontré qu'il était un des hommes très en forme de cette fin de saison et a passé un cap avec cette victoire. Il n'est plus qu'à un match d'égaler la meilleure performance d'un joueur français au Masters après la finale de Sébastien Grosjean en 2001. L'impression laissée dans cette O2 Arena est qu'il en a tous les moyens dans la raquette et dans la tête.

JO-WILFRIED TSONGA : «J'ai très bien joué même si je peux encore faire mieux en fond de court notamment. Je ne sais pas si Rafa a joué à son meilleur niveau mais il s'est battu car c'est ce que les champions font. Là je veux juste me reposer et savourer. J'ai joué de manière agressive, je l'ai mis sous pression tout le temps donc oui c'était quasiment le match parfait.»

RAFAEL NADAL : «Je n'ai pas bien joué ce soir, je n'ai rien fait de spécial et on ne bat pas un joueur comme Jo de cette façon. Mon troisième set a été un désastre. Je vais être honnête : je n'avais pas beaucoup d'attentes pour cette semaine car je savais d'où je venais. Mais bon on espère toujours... J'étais lent sur les jambes parce que pas assez bien dans ma tête : tout est lié. J'ai eu moins de passion pour le jeu ces dernières semaines, mais maintenant il est temps de travailler dur pour 2012.»
C.B.


Nadal a perdu la flamme

Rafael Nadal a analysé avec lucidité sa défaite face à Jo-Wilfried Tsonga ainsi que la période difficile qu'il traverse actuellement dans le jeu et mentalement.

Une défaite amère mais pas surprenante

Rafael Nadal s'est vite présenté devant la presse après son élimination de ce Masters, le seul grand titre qui manque à son palmarès. Il n'y avait qu'à le voir se laisser tomber sur sa chaise pour comprendre l'exaspération et la lassitude. Alors quand on lui demande d'évaluer la performance de Tsonga, la réponse fuse avant que sa lucidité prenne le pas sur sa déception.

«C'est plutôt de moi dont je dois parler. Je n'ai pas bien joué, j'ai juste été solide sans rien faire de spécial et face à Tsonga ça ne pardonne pas. Mon troisième set a été un désastre (rire amer). Je n'ai jamais réussi à le surprendre. En plus j'étais lent sur les jambes, mais ça c'est dû à la tête : j'avais pris le dessus à la fin du deuxième set et au début du troisième, mais soudain j'ai été bien trop nerveux. Il mérite sa victoire, bonne chance à lui.» La haine de la défaite ne l'aveugle pas, il sait qu'il n'était pas prêt à bien jouer ici. «Honnêtement je n'avais pas beaucoup d'attentes sur ce tournoi car je savais dans quel état j'arrivais. On rêve toujours que ça s'inverse mais bon... Il faut l'accepter et se remettre au boulot.»

Retrouver le calme et la passion

Qu'il soit fatigué en cette fin de saison est normal. Qu'il ait pris un coup au moral après avoir subi la domination de Novak Djokovic, aussi. Mais le mal est plus profond. Confronté pour la première fois à des échecs répétés, l'ex n°1 mondial a perdu le feu sacré. «Il faut que je retrouve le calme quand je joue. A Manacor, j'avais remis mon attitude dans la bonne direction, mais en compétition ça ne va pas. J'ai sans doute un peu moins de passion pour le jeu ces derniers temps car je suis fatigué. La saison a été dure malgré des choses positives et il faut l'accepter pour s'en servir au début de la prochaine. C'est le moment de se battre.»

S'il est secoué, Nadal ne cède pas pour autant à la panique. «Dans une carrière il y a des hauts et des bas. Je ne suis pas si loin, mais à ce niveau ce sont les détails qui changent tout. Je suis toujours motivé et je vais tout donner pour revenir. Si au final ce n'est pas assez, je n'aurai rien à me reprocher et je serai fier de moi.» Il n'est donc pas certain qu'il soit à son meilleur pour la finale de la Coupe Davis à Séville. «Je ferai de mon mieux pour mon pays, sur une surface qui m'aidera mais il n'y a pas que moi, le capitaine peut choisir quelqu'un d'autre. Dans les semaines et les mois qui viennent, mon seul objectif sera de travailler dur et de revenir plus fort. C'est tout ce que je peux faire.» L'homme aux dix titres du Grand Chelem n'a pas l'intention de baisser les bras à 25 ans.
C.B.


PROGRAMME DE VENDREDI

Court central - A partir de 13h15
Robert Lindstedt (SUE)/Horia Tecau (ROU) - Jürgen Melzer (AUT)/Philipp Petzschner (ALL)

Pas avant 15 heures
Novak Djokovic (ER) - Janko Tipsarevic (SER) : 3-0

Pas avant 19h15
Bob Bryan (USA)/Mike Bryan (USA) - Mahesh Bhupathi (IND)/Leander Paes (IND)

Pas avant 21 heures
David Ferrer (ESP) - Tomas Berdych (RTC) : 5-2
# 26/11/2011 à 11:09 Nico
RESULTATS DE VENDREDI

Djokovic, l'envie en moins

Est-ce vraiment une surprise ? Janko Tipsarevic a fait ce qu'il avait promis après sa défaite contre Tomas Berdych malgré une balle de match : ne pas attendre la faute face aux cadors et aller chercher la victoire. Affronter son illustre compatriote, avec lequel il partira en plus en vacances après ce Masters, n'a rien changé à son envie de gagner. Précipiter éventuellement la chute de son leader national non plus. Comme à l'US Open, le neuvième joueur mondial a tenu le bras de fer car, contrairement à Viktor Troicki, il ne nourrit pas de complexe face au Djoker. Ce dernier, à la différence de l'US Open, n'a pas trouvé la régularité suffisante en fond de court pour ne pas se faire piéger par le très bon contreur qu'est Tipsarevic. Privé d'énergie mentale et physique, Djokovic a poursuivi sur sa lancée des premiers matches.

Voilà donc le destin du n°1 mondial, auteur du Petit Chelem en 2011, dans les mains de David Ferrer. Si l'Espagnol s'impose contre Berdych, Djokovic se qualifiera pour le dernier carré comme en 2010. Sauf que l'impression laissée n'est pas celle d'un candidat au titre. Et ce même si pendant un set et demi on a retrouvé une partie du Djokovic tonitruant de cette saison. Mieux sur les jambes, même si pas encore aussi vif que d'habitude, plus agressif, il a sorti quelques coups de patte à l'image de ce lob de coup droit en bout de course qui a épaté la galerie.

L'envie n'est plus là

Malheureusement pour lui, un point gagnant a souvent été suivi d'une série de fautes. Face à un adversaire inspiré, c'était rédhibitoire. «Les choses ont tourné au début du deuxième set, j'ai gagné plus facilement mes jeux de service et j'ai pu le mettre sous pression. Sans sous-estimer ma performance, je n'ai pas joué le Novak Djokovic de l'US Open. Mais c'est normal, il a eu une des plus grandes saison de toute l'histoire, ça laisse des traces. Il s'est quand même battu jusqu'au bout. J'ai de la chance de le voir évoluer et je n'ai pas honte de lui demander des conseils. Je veux progresser car l'année prochaine sera plus dure, les autres vont m'attendre mais je suis prêt. Je ne voulais pas me décevoir en jouant ici, ni décevoir mes proches alors finir en battant le n°1 mondial c'est parfait (sourire)», a ainsi confié Tipsarevic. Si ''Nole'' n'est pas dans le même état de doute ni d'usure que Rafael Nadal, il reste évident cette semaine que son envie d'en découdre n'était pas à son maximum.

NOVAK DJOKOVIC : «J'étais bien parti pour gagner ce match et puis j'ai remis Janko dedans avec ce break. Ensuite il a très bien joué et c'était terminé. Je suis satisfait d'avoir déjà mieux joué que contre Ferrer. On verra bien maintenant si je passe ou pas. Mais si ma saison s'arrête là, je serai quand même et logiquement ravi de mon année. La meilleure de ma carrière. Mon jeu n'est pas si loin mais je manque trop de fraîcheur. J'essaie mais le corps et la tête me disent que je suis à plat. Je comprends donc tout à fait ce que vit Rafa en ce moment. Maintenant il me faut du repos et ensuite préparer 2012. Ma confiance est intacte, je ne suis pas inquiet pour l'Open d'Australie. Je sais que je peux revenir à mon tout meilleur niveau une fois que j'aurais récupéré.»
C.B.


Berdych au mental

Tomas Berdych a dominé David Ferrer (3-6, 7-5, 6-1) et sorte en tête de ce groupe A. Il affrontera Jo-Wilfried Tsonga en demies. Ferrer défiera Roger Federer.

Tomas Berdych a coiffé David Ferrer sur le fil pour remporter ce dernier match du groupe A et en terminer donc leader aux dépens de David Ferrer (3-6, 7-5, 6-1) selon la règle de la confrontation directe. Ce dernier avait pourtant le match en mains avec un set d'avance puis deux breaks réalisés - et aussitôt perdus - dans la deuxième manche. En tête 6-3, 4-3 et 40-15 il s'est ensuite totalement crispé et a fini la rencontre dans un déluge de fautes et de mauvais choix.

Berdych, lui, a eu le mérite de se battre en milieu de deuxième set mais ce dernier match du jour à l'O2 Arena a été loin d'atteindre les sommets. Le vainqueur termine ainsi avec un bilan de 43 fautes directes pour 24 coups gagnants et 45 % de premières balles. Ferrer n'a pas des statistiques bien meilleures avec 28 fautes directes, 15 coups gagnants et 44 % de premières. Comme cela lui arrive souvent, l'Espagnol a eu du mal à gérer un match à enjeu car, même s'il était déjà qualifié, il voulait absolument la tête de ce groupe afin d'éviter Roger Federer en demies. Le Suisse mène en effet 11-0 dans leurs duels. Sans oublier les 200 points et le chèque qui vont avec chaque victoire de poule. Son dernier set quasiment balancé ne sera pas un souvenir très agréable avant de défier le n°4 mondial.

Le dernier carré connu

Berdych, lui, a passé un set et demi à l'envers et incapable de trouver le court avant de se révolter. Il jouera sa place en finale face à Jo-Wilfried Tsonga. Les deux joueurs ne se sont affrontés qu'une seule fois, à Pékin cette saison et c'est le Tchèque qui l'avait emporté en demi-finales. L'affiche du dernier carré est désormais connue et Novak Djokovic n'en fait pas partie suite à cette défaite de Ferrer. Espérons dans tous les cas que la dernière ligne droite du Masters, où aucun joueur du Top 3 n'est parvenu à se qualifier, nous fasse vite oublier ce Berdych - Ferrer au niveau de jeu bien loin d'un rendez-vous des Maîtres.

DAVID FERRER : «j'ai bien joué dans le premier set et jusqu'au milieu du troisième mais après 4-3 40-15 mon service m'a lâché et je me suis mis à jouer trop court. On ne bat pas ce type de joueurs avec un service en panne. Demain je vais faire de mon mieux face à Roger Federer que je n'ai jamais battu. Tous les joueurs sont fatigués, la saison est très longue mais que peut-on y faire ? Moi j'ai un match très important demain, je vais tout faire pour récupérer. Et ensuite j'aurais encore la finale de la Coupe Davis.»

TOMAS BERDYCH : «Le tournant du match pour moi a été le gain du deuxième set. Jusque-là j'avais passer mon temps derrière, alors tout d'un coup j'ai eu plus confiance et ça m'a libéré. Le break d'entrée du troisième set m'a bien aidé aussi.»
C.B.


PROGRAMME DE SAMEDI

Court central - Pas avant 13h15
Bob Bryan/Mike Bryan (USA/n°1) - Max Mirnyi (BLR) / Daniel Nestor (CAN/n°3)

A partir de 15h
David Ferrer (ESP/n°5) - Roger Federer (SUI/n°4) : 0-11

Pas avant 19h15
Mahesh Bhupathi/Leander Paes (IND/n°4) - Mariusz Fyrstenberg (POL)/Marcin Matkowski (POL/n°8)

Pas avant 21h
Jo-Wilfried Tsonga (FRA/n°6) - Tomas Berdych (RTC/n°7) : 0-1
# 26/11/2011 à 23:55 Nico
RESULTATS DE SAMEDI

Federer évidemment

Roger Federer n'a pas laissé passé l'occasion face à David Ferrer (7-5, 6-3) et disputera la finale de ce Masters 2011. Il récupère aussi la troisième place mondiale.

La douzième pour la route. Sans aucune suprise, Roger Federer a remporté son douzième duel en autant de confrontations face à David Ferrer. L'emprise psychologique du Suisse sur l'Espagnol est telle que ce dernier avait quasiment perdu toutes ses chances de finale au moment où il s'est montré incapable de boucler son match vendredi contre Berdych. Federer, de son côté, a même pu se permettre de ne pas réaliser un grand match afin de passer l'obstacle. Mais au final, voilà une victoire qui lui fait toucher de nouveaux records.

Dimanche, lorsqu'il rentrera sur le court central de l'O2 Arena, Federer sera le troisième joueur de l'histoire à atteindre la finale du Masters pour la septième fois ou plus (9 fois pour Ivan Lendl, 8 pour Boris Becker). Il s'y lancera en ayant remporté en demies le 806e match de sa carrière, soit le sixième plus grand total de l'histoire à égalité avec Stefan Edberg. Enfin, il sera le cinquième joueur de l'histoire à disputer 100 finales sur le circuit ATP. Le premier set douloureux face à Ferrer avec 19 fautes directes (29 sur le match), un revers grippé et un jeu de jambes pas encore bien réveillé a donc valu le coup de s'accrocher pour celui qui revient également à la troisième place mondiale. A 5-4 Ferrer service Federer, l'Espagnol s'est ainsi retrouvé plusieurs fois à deux points du set mais les quelques revers expédiés dans le bas du filet ont soulagé le quintuple vainqueur de l'épreuve.

Federer face à la dernière marche

Une fois cette chance passée, Ferrer a sombré tandis que Federer a serré le jeu pour breaker d'entrée de deuxième set et résigner un adversaire qui aura commis 21 fautes directes et toucher de nouveau ses limites face aux cadors dans les matches à enjeu. Federer peut désormais se concentrer sur le dernier match de sa saison. Débarrassé de ses trois camarade du Big 4, il partira grand favori face à Jo-Wilfried Tsonga ou Tomas Berdych. A condition d'avoir de meilleures sensations que samedi. Privé de victoire en Grand Chelem cette saison, il a une telle faim d'un titre majeur - qui deviendrait en plus une sixième couronne historique - qu'il serait étonnant de ne pas le retrouver aussi brillant que ces dernières semaines lors de la finale. Sans doute aussi parce que son prochain adversaire devrait nourrir moins de complexes et avoir les dents beaucoup plus longues que Ferrer. Federer l'attend de toute manière de pied ferme.

ROGER FEDERER : «Le match a été compliqué, j'ai dû puiser dans mes réserves, mais je suis satisfait d'avoir réussi à le faire tourner en remportant ce premier set. David n'a pas très bien servi sur ce match et ça m'a bien aidé. Il y aura beaucoup en jeu en finale dimanche et les émotions sont fortes mais je suis un peu épuisé aussi alors je dois garder mon calme.»

DAVID FERRER : «Il a été meilleur que moi. J'ai eu des chances à 5-4 dans le premier set mais j'ai trop raté en revers. Après il a joué plus en confiance et moi j'ai très mal servi. J'ai essayé mais ce n'est pas passé. Je suis très fatigué, cette saison est très longue et ça devient vraiment difficile pour nous. J'ai envie de dire stop mais c'est impossible car il me reste la Coupe Davis à jouer. Cela va être compliqué mais nous avons vraiment besoin de changer ce calendrier.»
C.B.


Federer : «Des moments forts»

Roger Federer a reconnu avoir dû s'employer samedi pour dominer David Ferrer (7-5, 6-3). Le Suisse admet également que la fatigue le gagne et que les émotions sont fortes. Il donnera tout sur le dernier match. Tennis - Masters : Federer, c'est fou !

«Roger Federer, ce match n'a pas été si simple malgré l'avantage de mener 11-0 face à Ferrer avant la rencontre...

Non c'était un match difficile c'est certain. J'ai dû puiser dans mes réserves afin de trouver la solution aujourd'hui. Je suis ravi d'être parvenu à décider du match en gagnant ce premier set. David a fait de gros progrès, c'est aussi un excellent relanceur donc ce n'est jamais facile contre lui. Aujourd'hui il n'a pas très bien servi donc ça m'a aidé à prendre le contrôle du match en fond de court. J'ai eu chaud à 4-5 dans le premier set avec trop de deuxièmes balles à 40A mais j'ai réussi à tenir bon. Ensuite ça allait mieux. Le tout était de ne pas se laisser gagner par la frustration et la négativité, de penser coup après coup.

Etes-vous surpris de tous ces records qui s'enchaînent, et de la façon dont cela vous touche à l'évidence ?

Non je ne suis pas surpris d'être très ému à ce sujet, j'ai toujous été un joueur émotif. Tellement au début que ça me faisait perdre. J'essaie de rester sous contrôle pendant les tournois sinon ça peut éventuellement m'emporter et puis parce que je peux avoir aussi besoin de m'en servir pour me pousser à un moment important. On ne peut pas se laisser prendre par ses émotions pendant tout un match, une saison ou une carrière. En plus là je suis un peu épuisé alors il faut vraiment que je reste calme pour garder mon énergie. Mais oui tous ces records et ce soutien du public sont des moments forts.

Comment abordez-vous cette finale avec la possibilité de remporter un sixième titre historique au Masters ?

Ce sera évidemment un jour très spécial pour moi. Ma 100e finale, peut-être un 70e titre et un sixième ici qui serait un record. Il y a beaucoup en jeu mais tout ce que je peux faire c'est sortir un bon match face à Tsonga ou Berdych qui sont des joueurs très dangereux. Tout ne sera pas sous mon contrôle étant donné la puissance qu'ils ont mais le fait de les avoir battus récemment joue pour moi. Tout se passe très vite ici à cause du stress de l'événement, de la pression mise par l'adversaire ou de la foule. Tous les joueurs sentent ça. Il y a donc beaucoup de choses qui se passent dans ma tête, comme aujourd'hui à 4-5, mais jusque-là je le gère bien. J'espère réussir encore sur le dernier match et ensuite je pourrai enfin me reposer.»
C.B.


Tsonga défiera Federer

Jo-Wilfried Tsonga a dominé Tomas Berdych, samedi (6-3, 7-5), pour rejoindre Roger Federer en finale du Masters.

Une finale de Masters, ça se mérite et ça va se chercher. Jo-Wilfried Tsonga, samedi soir, l'a compris et appliqué face à Tomas Berdych, qui a vu lui l'enjeu dépassé son jeu. Vainqueur en deux sets (6-3, 7-5), le Français écrit une nouvelle page du tennis tricolore en rejoignant Sébastien Grosjean, seul finaliste du camp bleu jusqu'à ce soir (2001, battu par Hewitt).

Plus régulier, plus déterminé et plus inspiré, le 6e joueur mondial est resté dans son match sans se faire prendre au piège d'une rencontre décousue à cause des montagnes russes dans le jeu du Tchèque. Ce dernier s'est procuré les premières balles de break à 2-2 alors que Tsonga débutait son match un peu en dedans, mais le finaliste du Masters 1000 de Bercy a pris ses responsabilités en jouant l'offensive et surtout en variant pour dérégler la machine adverse. Opération réussie puisque le coup droit de Berdych a explosé. Comme la veille face à Ferrer, le Tchèque a manqué de jambes et de timing pour tenir le bras de fer et s'est retrouvé dominé 6-3, 4-3 service adverse. Comme la veille, il a recollé à 4-4. Mais Tsonga n'est pas Ferrer. Il n'a pas craqué, ne s'est pas frustré et a continué de lâcher ses claques de coup droit, de très bien tenir sur son revers et de délivrer quelques très jolis coups de patte à la volée.

Et maintenant, Federer

En patron, le Manceau s'est donc offert sa première finale de Masters : une volée basse de revers exceptionnelle lui a donné deux balles de match et un ace l'a délivré. Debout les bras au ciel dans l'O2 Arena, le tombeur de Rafael Nadal plus tôt cette semaine a amplement mérité de jouer le titre. Berdych, lui, a réalisé une bonne fin de saison mais a touché ses limites face à Tsonga. Son jeu tout à plat a encore trop de mal à lui offrir la sécurité que ses nerfs demandent dans les très grands rendez-vous (30 fautes samedi). Mais le talent est là et pourrait encore le porter plus haut en 2012.

Tsonga, lui, est déjà proche du sommet cette semaine : il ne lui manque plus qu'une victoire pour entrer dans l'histoire. Mais sur sa route se trouvera l'homme aux cinq couronnes dans le rendez-vous des Maîtres, Roger Federer. Battu par le Suisse à Bercy puis ici même en premier match du groupe B, le voilà avec une nouvelle chance de le faire tomber. Il l'a déjà fait cette saison et va devoir se servir de sa frustration de sa défaite en trois sets cette semaine pour créer l'exploit. Il en a les moyens et surtout la volonté. Samedi, ça a tout changé.
C.B.
# 27/11/2011 à 14:56 Nico
FINALE DE DIMANCHE

Court central - A partir de 18H30

Roger Federer (SUI/n°4) - Jo-Wilfried Tsonga (FRA/n°6)
# 28/11/2011 à 10:16 Nico
Federer tient son record

Roger Federer s'est imposé dimanche en finale du Masters, en dominant en trois sets Jo-Wilfried Tsonga (6-3, 6-7 [6], 6-3). C'est la sixième victoire, un record, pour le Suisse dans le tournoi des Maîtres.

Avec des si on mettrait Londres en bouteille et Tsonga dans la peau du Maître. Mais à ce niveau de jeu il n'y a pas de place pour le si, juste pour les faits : au terme d'un match qui a viré au thriller alors qu'on le croyait plié, Roger Federer a conservé son titre et ajouté une ligne à sa liste des records. Le voilà avec sa 807e victoire en poche pour sa 100e finale et avec un sixième titre historique dans l'épreuve. Jo-Wilfried Tsonga, revenu de 6-3, 5-3 puis 5-2 dans le jeu décisif, est passé tout près de l'exploit mais a craqué dans le money time. Comme Sébastien Grosjean en 2001, il s'est cassé les dents sur plus fort que lui.

Le Français a pu encore constater le petit écart qui reste entre lui et la crème de la crème. Il a aussi pu vérifier sa théorie du chasseur et sanglier puisque, pour avoir raté plusieurs fois l'estocade finale à 30A sur service adverse dans le premier et le dernier set, il a pris un retour de bâton sous forme de quelques coups de patte du futur n°3 mondial. Que ce soit dans un premier set où il a semblé au-dessus jusqu'à 4-3 ou dans un troisième où la dynamique jouait pour lui, le Français a à chaque fois vu Federer renverser la vapeur. Et pourtant il avait la bonne option en le poussant à des échanges plus longs, en l'agressant et en n'hésitant pas à aller chercher sa chance au filet. Seulement pour battre un cador dans une finale de ce niveau, il faut garder une pression constante et une concentration d'acier. A ce jeu-là, Federer est encore un cran au-dessus même si le Français mérite un énorme respect pour le niveau de son jeu et de sa révolte.

Talent et expérience : cocktail gagnant

L'expérience alliée au talent a fait tourner le match en seulement quelques points. Tsonga se demandera un bon moment ce qui se serait passé si sa première balle avait eu plus de régularité sur ce jeu et sur ce match. Mais tout le mérite est revenu à Federer qui a su comme souvent garder sa frustration sous contrôle et guetter la faille. Jamais il n'a dévié de ses bases : rester sur sa ligne, passer un maximum de premières balles et pousser la pression au maximum sur les jeux de retour adverses. La victoire de Roger Federer a aussi confirmé dimanche l'emprise du "Big 4" sur le reste du circuit : en Grand Chelem, en Masters 1000 et donc à Londres, les Quatre Fantastiques ont tout gagné. Roger Federer, lui, s'impose au Masters comme en 2010. Cette victoire 2011 lui permettra-t-elle cette fois de soulever de nouveau un titre du Grand Chelem ? La faim d'ogre déployée en cette fin de saison est peut-être la garantie d'une saison 2012 encore plus énorme que celle écoulée. Bon courage d'avance aux rivaux de ce Top 4. Tsonga, dont la saison et la semaine auront été d'un très haut niveau, en sait quelque chose après cette troisième défaite de suite en indoor (3-8 au total) : il faudra aller puiser très loin pour passer le dernier obstacle.

ROGER FEDERER : «C'est un sentiment spécial évidemment. C'est sans doute une de mes plus grandes victoires et un grand final pour ma saison. J'ai bien joué aujourd'hui même si j'aurais pu aussi finir plus vite. Mais Jo a fait un très bon match. Je débuterai 2012 dans un bon état d'esprit. 2011 a été une bonne saison pour le Top 8 et je sais que les gars ont déjà très envie d'en découdre la saison prochaine. Pour le moment je suis très fatigué et la route est longue pour l'an prochain mais évidemment pourquoi pas remporter d'autres titres du Grand Chelem. Les autres joueurs auront leur mot à dire évidemment. Je m'attends à une saison très dure l'an prochain.»
C.B.


Tsonga : «J'ai tout donné»

Bien que déçu, Jo-Wilfried Tsonga a tenté de voir le bon côté des choses après sa défaite en finale contre Roger Federer : il a tout donné, a perdu contre meilleur que lui mais les voyants sont au vert pour 2012.

«Jo-Wilfried Tsonga, quel sentiment prédomine après cette rencontre. Le même énervement que dimanche dernier après le match de poule ou c'est différent ?

Oui c'est différent parce que je me suis battu autant que j'ai pu, parce que j'ai tout donné et que j'ai su revenir d'une situation très compromise. Il a été meilleur que moi, j'ai su être opportuniste à la fin du deuxième set mais au final il était le plus fort. Cela ne sert à rien de bien jouer sur les points qui ne comptent pas, lui il joue bien ceux qui comptent. Il a su me mettre la pression sur mes jeux de service, alors que moi je n'ai pas réussi sur ses jeux de retour même à 15-30 ou 30A. Maintenant, c'est quand même un peu dur à digérer mais je suis peut-être moins abattu parce que là tout est terminé. Si j'avais encore un match à jouer demain, si ça se trouve je serais encore plus énervé que dimanche dernier (sourire). Là il est temps de se reposer un peu.

Quels enseignements tirez-vous de cette semaine mais également de cette saison : que vous pouvez aller chercher ce "Big 4" ?

Oui, je peux défier les meilleurs, et si Federer n'était pas là j'aurais quelques titres en plus dans mon palmarès (rires). Mais ça passe surtout par une progression globale de mon jeu : je dois retrouver une meilleure condition physique et travailler également techniquement. Aujourd'hui, c'est quand même encourageant et ça me pousse à vouloir gagner les grands titres. Il faut déjà que je récupère de cette saison, d'ailleurs me dire que je n'ai que dix jours sans entraînement ça me fatigue à l'avance (rires). Mais après je vais tout faire pour progresser, c'est là que ça se joue. Si j'arrive à être, entre autres, un peu plus rapide sur le court, je pourrai avoir encore de meilleurs résultats. Cette saison, ma plus grande réussite a été d'être constant et solide mentalement. Depuis que j'ai commencé à jouer, je rêve de gagner un tournoi du Grand Chelem et la Coupe Davis, ça n'a pas changé.

A votre avis, que peut-on attendre de Roger Federer la saison prochaine ?

Je pense qu'il peut encore décrocher de grands titres évidemment. Je pense aussi que ça doit l'ennuyer de voir que Rafael Nadal a quasiment plus de grands titres que lui puisqu'il a remporté la Coupe Davis et aussi l'or Olympique, alors oui si j'étais lui ça me pousserait pour en faire de même en 2012. Il le veut certainement.»


Federer domine ses doutes

Roger Federer était évidemment ravi de ce sixième titre historique en Masters. Il se sent en grande forme mais sait qu'en 2012 la concurrence sera féroce.

«Un sentiment spécial»

Forcément heureux d'avoir remporté son sixième Masters, Roger Federer n'a pas caché que celui-ci tenait une place particulière dans son palmarès. «J'ai essayé de ne pas y penser pendant tout le tournoi, mais maintenant je réalise ce que j'ai accompli et c'est un sentiment très spécial, incroyable. Je sais que c'est l'une de mes plus grandes victoires.» Et ce match n'a pas été simple pour lui comme quand il menait 6-3, 5-3 face à Jo-Wilfried Tsonga. «J'ai bien joué mais Jo aussi. Oui, j'aurais pu finir plus tôt mais cette fois à la différence des autres matches serrés que j'ai perdus cette saison j'ai trouvé un moyen de m'en sortir. J'ai pris les bonnes décisions au bon moment. Mentalement je suis resté calme et au final le soulagement n'en a été que plus grand.»

Mentalement, j'avais besoin de faire une pause

Battu à Melbourne par Novak Djokovic, à Roland-Garros par Rafael Nadal, à Wimbledon par Jo-Wilfried Tsonga et à l'US Open de nouveau par Djokovic, le Suisse a eu besoin de se poser après New York pour faire le point. Trop de matches serrés perdus, trop de doutes naissants : il s'est remis en question. «Il y a eu des défaites qui m'ont fait mal. J'ai des regrets d'avoir perdu contre Rafa et puis contre Novak c'était également douloureux car je passe à un point de la finale à l'US Open après un match où je me demande comment j'ai fait pour perdre. Mais Novak a mieux joué que moi à ce moment-là, il faut savoir l'accepter. C'était sa saison. Je suis fier de la façon dont j'ai rebondi, en battant notamment Tsonga quatre fois de suite. C'est le genre de réaction que j'attends de moi. J'ai eu besoin de prendre du recul, de me convaincre que le travail allait payer et puis la victoire ça efface les doutes.»

Un jeu bien en place pour 2012
Federer a bien fait de zapper la tournée asiatique et de s'être remis les idées en place puisque depuis son retour sur les courts il n'a pas perdu un match. «Je joue très bien ces dernières semaines et ça me donne beaucoup de confiance. Je serai dans le bon état d'esprit pour débuter 2012. Les Jeux Olympiques sont importants mais ce serait injuste pour les autres tournois de dire que c'est ma priorité. J'en aurais d'autres à gérer avant celle-ci. Gagner de nouveau en Grand Chelem serait bien.»

Il sait que la concurrence sera rude. «Tous les gars du Top 8 sont impatients d'en découdre. Novak a été le joueur de l'année, sans discussion possible. Andy a réalisé une très bonne saison et va être très dur à battre la saison prochaine. Quant à Rafa, il a tellement de classe qu'il restera toujours une menace. Je m'attends à une saison 2012 difficile.» Pragmatique, Federer ne se pose pas trop de questions sur son avenir : «Je pense toujours un an et demi à deux ans à l'avance. Quand cette période arrive alors je fais le bilan. J'aime ce jeu plus que personne. Il y a beaucoup de sacrifices mais tant que j'ai ce genre de moments en retour je garde le plaisir. Mais là il est temps que la saison s'arrête, je suis vraiment épuisé mais aussi très heureux et impatient pour la suite...»
C.B.
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