ROLAND GARROS 2011

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# 20/05/2011 à 23:55 Nico
Quand les stars s'amusent

Novak Djokovic, Rafael Nadal et Roger Federer se sont offert quelques jours de détente avant d'entamer Roland-Garros. Une coupure bienvenue après un printemps chargé.

Invincibilité oblige, Novak Djokovic a continué à monopoliser l'attention des médias après ses titres à Madrid puis à Rome. Les photographes l'ont ainsi montré arpenter le Festival de Cannes ou s'amuser sur le plateau du Grand Journal de Canal +. «Je me sens bien, j'ai pris autant de repos que je pouvais me le permettre à cette période», a expliqué le Serbe, vendredi. Mais ses rivaux ont aussi pris du bon temps, de façon plus discrète. Malmené raquette en main, Rafael Nadal s'est ainsi rattrapé avec ses clubs de golf. «Le premier jour, je me suis un peu entraîné. Le deuxième, j'ai très bien joué, raconte le Majorquin avec fierté. J'ai joué en +6 à Pula, sur le parcours utilisé en tournoi, et qui a vu Darren Clarke gagner quelques jours plus tôt.»

Nadal en a aussi profité pour se détendre avec sa famille et ses proches : «Depuis Indian Wells, j'étais très occupé. Là, j'ai rendu visite à mes grands-parents, mes petits-cousins, mes oncles. J'ai dîné avec mes amis, que je n'avais plus vus depuis deux ou trois mois.» De quoi arriver serein et reposé à Roland-Garros, un endroit évidemment cher à son coeur : «Quand j'arrive ici, je me sens un peu comme à la maison. Avec les gens qui y travaillent, au vestiaire, dans le salon des joueurs. J'y ai quelques bons souvenirs, non ? Sérieusement, revenir dans ce tournoi est toujours un sentiment vraiment spécial.»

Federer en goguette à Paris

Un sentiment partagé par Roger Federer, au point que le Suisse est arrive à Paris dès samedi, en provenance de Rome, sans même passer par la Suisse. «J'étais fatigue après Rome et j'ai pris trois jours de repos avant le tournoi, raconte n°3 mondial. A Paris, j'ai passé du temps avec mes enfants et Mirka. J'ai beaucoup d'amis à Paris qui viennent de Suisse, c'est agréable de les revoir, de leur demander des nouvelles alors que je ne les ai pas vus depuis longtemps. On sort dîner ensemble. On essaie d'aller dans les jardins avec les enfants. Mes jumelles grandissent, elles peuvent se promener, marcher.» Mais l'enjeu sportif reste présent dans son esprit : «C'est tout de même un Grand Chelem, j'essaie de faire tout ce qu'il faut, de récupérer, de dormir. J'essaie d'être vraiment prêt mentalement pour ce tournoi.» Les loisirs, c'est bien un temps, mais les champions ont hâte d'en découdre.
A.Q.


Face à Nadal, les cadors regroupés

Après Isner, Nadal pourra voir venir. Djokovic, Federer et autres Ferrer, Monfils, Berdych, Gasquet, Del Potro sont regroupés dans l'autre moitié de tableau. Djokovic devra se méfier de De Bakker au premier tour. Murray et Melzer ont rendez-vous. Chez les femmes, le tableau de Wozniacki est délicat.

Premier quart théorique : Nadal-Söderling

Rafael Nadal ne pourra pas se mettre tranquillement en rythme cette année. Un géant brutal et peu à l'aise sur terre, John Isner, va tenter de perforer les défenses de la citadelle majorquine au premier tour. Les aces ne devraient pas suffire. Ensuite, l'expérience de Nikolay Davydenko et Ivan Ljubicic, plus que la fougue de Fernando Verdasco et la science de Gilles Simon, seront ses principaux obstacles. Quant à Robin Söderling, il lui faudra renaître pour espérer un quart de finale face à celui qu'il avait fait trébucher en 2009.

Deuxième quart théorique : Murray-Melzer

Andy Murray (prononcez "Muret" avec l'accent du Sud-ouest comme le président de la FFT Jean Gachassin) et Jürgen Melzer ont toutes les raisons de croire qu'ils se retrouveront en quart. C'est la partie de tableau la plus "légère", malgré la présence de Nicolas Almagro, Florian Mayer et du novice canadien Milos Raonic, et ni Arnaud Clément, ni Nicolas Mahut ne diront le contraire. Murray et Melzer proposent le plus de garanties.

Troisième quart théorique : Ferrer-Federer

Attention, là, on ne rigole plus. Qui entre un David Ferrer hésitant à Roland-Garros, où il n'a jamais brillé, et un Gaël Monfils sans repères fera la plus grosse impression avant le 4e tour ? Cela dépendra de leur capacité à gérer des premiers tours à leur portée. Avec des pièges français à chaque étage : Julien Benneteau, Adrian Mannarino, Guillaume Rufin ? Ou surtout Michaël Llodra ?

Là n'est pas le plus important : Roger Federer, discret depuis l'ascension des Nadal-Djokovic, devra jouer un premier tour très dangereux face à Feliciano Lopez, un Espagnol qui fait service-volée même sur terre, et qu'il n'a battu que de justesse, en sauvant une balle de match au premier tour à Madrid !! Ensuite, il aura le temps de se renseigner pour savoir si Stanislas Wawrinka ou Jo-Wilfried Tsonga sont là en huitièmes...

Quatrième quart théorique : Berdych-Djokovic

Tomas Berdych est un des joueurs les mieux lotis de ce tableau... Jusqu'en huitièmes. Ensuite, pour le quart, c'est une avalanche de noms qui peuvent lui faire peur. Si Thomas Bellucci, grand espoir brésilien qui mûrit à vue d'oeil, ne vous dit rien, Richard Gasquet qui vient de battre Berdych à Rome, est un sacré client potentiel. Mais ce n'est rien à côté de Juan Martin Del Potro, qui, si sa hanche tient le coup, sera l'outsider numéro 1 du tournoi. Et si cela vous semble encore trop fragile : il y aura Novak Djokovic, favori N.1 du tournoi.

Le scénario catastrophe de ce tableau ? Thiemo De Bakker, ancien N.1 junior, qui progresse et joue très bien sur terre, fait tomber Djokovic d'entrée au premier tour. Del Potro se blesse et Gasquet ne passe pas ce filou de Radek Stepanek, dont la fin de carrière est plus épanouie que celle de sa femme Nicolas Vaidisova. Sinon, nous aurons droit à quelques chocs mémorables...
J.C.


Gasquet répond aux idées reçues

A 9 ans, Richard Gasquet fait la une de Tennis Mag et depuis quinze ans, tout a été écrit sur lui. De nombreuses idées reçues circulent sur le joueur. Il y répond vendredi au Masters Guinot Mary Cohr.

Vous avez été exposé trop jeune

«Non parce que j'ai gagné à 16 ans contre Squillari puis j'ai joué face à Safin à Monaco, c'était normal. Sur la une de Tennis Mag à 9 ans, c'est clair que c'était un peu jeune. A l'époque, je ne pensais pas être à la une.


Vous êtes surdoué

J'ai beaucoup de talent, dire que je suis surdoué, c'est un grand mot. Tous les joueurs dans les dix premiers mondiaux ont un talent certain, j'ai donc du talent.


Vous n'êtes pas travailleur

Prochaine question. Je n'ai même pas envie de répondre. Les résultats parlent pour moi. J'ai été 7e mondial. Cela aurait été beau d'être 7e mondial sans travailler. J'aurais bien aimé, mais c'est difficile. Dans un sport aussi concurrentiel que le tennis, c'est assez gros de dire que je peux être 7e sans travailler.


Vous n'êtes pas un killer sur le court

7e mondial, je n'ai rien à dire d'autre. C'est quoi un killer ? Cela ne veut rien dire. Un joueur de tennis doit tout donner du début à la fin qu'on montre ou pas le poing. Federer se bat du début à la fin. Est-ce que c'est un killer ?


Vous avez un des meilleurs revers du monde

Je suis dans les meilleurs revers du monde à une main. En coup droit, non. En revers, oui (sourires).


Si vous deviez affronter Richard Gasquet, vous diriez quoi de lui ?

C'est un joueur difficile à jouer. (Ndlr : Il n'arrive pas à parler de lui à la troisième personne). Je suis dans les 20 premiers, j'ai gagné des tournois. Je sais que pour me battre, il faut quand même bien jouer. Je dirais que je suis un très bon joueur du circuit.


Votre image ne correspond pas à la personne plutôt drôle que vous êtes dans la vie ?

Je joue au tennis et je me fais plaisir. Après j'ai des amis en dehors, mais je ne me vois pas aller faire le clown. J'essaie de faire mon métier du mieux possible en étant poli et respectueux. Je ne vais pas aller faire le clown à droite ou à gauche. J'essaie de rester un joueur de tennis. On n'est pas Zidane ou Messi. J'essaie de bien jouer et de me faire plaisir. Chacun sa personnalité.


Comment aimeriez-vous qu'on vous voit ?

Comme un bon joueur de tennis, un mec respectueux qui donne ce qu'il peut.»

S.D.

Sa réaction par rapport à son 1° tour :

«Stepanek au premier tour, c'est difficile, un des tours les plus difficiles du tournoi. Il a de l'expérience, il sait comment jouer les tournois de Grand Chelem. C'est un grand joueur. Il a un peu moins bien joué dernièrement. Il faudra que je sois à 100% pour gagner ce match. Il a beaucoup de talent. C'est un tour difficile. »
lequipe.fr
# 21/05/2011 à 23:53 Nico
Favori ? Non Merci !

Novak Djokovic, Rafael Nadal et Roger Federer refusent d'endosser le statut de favori du tournoi. La vérité du terrain les départagera.

Vendredi, conférence de presse d'avant tournoi. Novak Djokovic répond aux médias avec calme et sérieux. Comme s'il endossait déjà le costume de numéro 1 mondial, qui lui semble promis dans quelques semaines. Jusqu'à ce qu'un journaliste lui dise que Rafael Nadal le considère comme le favori. Et là, le Serbe se déride. «Non, c'est lui le favori», rigole-t-il, avant de s'éclipser.

Tout l'après-midi, les cadors du circuit se sont amusés à se repasser la pancarte d'homme à battre, toujours difficile à assumer durant 15 jours. A ce jeu, Roger Federer, qui n'est plus que 3e mondial, a des arguments. «Je ne suis jamais arrivé ici en étant archi favori, raconte le Suisse, l'oeil gourmand. Mais pour la première fois depuis 6-7 ans, j'ai moins de pression. L'année dernière, j'étais tenant du titre. Et les années d'avant, j'essayais de gagner à Paris pour la première fois. Cette année, on attend plus de Rafa, qui veut garder son titre, et de Novak, avec sa série (37 victoires cette année). Cela pourrait être une bonne chose pour moi.»

Djokovic ne se sent pas «imbattable»

De son côté, Nadal, en lice pour un 6e titre, mais déboulonné par Djokovic à Madrid et à Rome, freine des quatre fers : «Cette année, le favori est sans doute Djokovic. Mais même l'année dernière ou il y a trois ans, je ne me considérais pas comme le favori. Car quand vous arrivez dans un tournoi, chaque tour est difficile. Alors, penser à gagner le tournoi avant qu'il ne commence, c'est être trop arrogant.» Mais s'il refuse déjà de penser à un affrontement avec le Serbe, qui l'a battu quatre fois sur quatre cette année, le Majorquin se dit rassuré par sa finale de Rome : «A Madrid, je n'ai pas bien joué. Mais à Rome, l'écart entre nous était plus réduit. J'ai senti que j'avais une bonne chance de gagner le deuxième set.»

Un écart minime dont est conscient Djokovic : «Je ne me sens pas imbattable, personne ne l'est, même si je suis sur une incroyable série. Depuis deux semaines, je dis que je ne pense pas à cette série, ou que ne pense pas au moment où elle s'arrêtera car je refuse de penser à la défaite.» Cet aveu rejoint la pensée de Federer, amusé d'en remettre une couche, l'air de rien, sur Djokovic : «Ce qu'a fait Novak est incroyable, c'est bien pour le tennis. J'ai moi aussi connu de bonnes séries durant ma carrière (notamment 41 succès de suite, en 2006-2007), c'est très sympa à vivre. Mais cela met aussi la pression. Et à la fin, tout s'arrête. Le plus difficile, c'est de gérer cette série.»
A. Q.


Un samedi bon enfant

La journée des enfants, opération caritative dont les bénéfices seront reversés aux associations « Fête le Mur », chère à Yannick Noah, « Tennis en liberté », parrainée par Isabelle Demongeot, mais aussi à des clubs de la FFT qui s'investissent au niveau éducatif, social et solidaire, a donné lieu samedi à une grande fête à Roland-Garros.

Des champions, du soleil et un public aux anges

L'opération a réuni certains cadors du tournoi à l'image de Rafael Nadal, Novak Djokovic, Jo-Wilfried Tsonga, Gaël Monfils, Francesca Schiavone ou encore Aravane Rezaï, d'anciens joueurs (Amélie Mauresmo, Nicolas Escudé) et des invités spéciaux à l'image de Teddy Riner. Le tout sous la houlette du DJ Bob Sinclar.
lequipe.fr


PROGRAMME DE DIMANCHE

Onze Français, dont Jo-Wilfried Tsonga, jouent dimanche pour la première journée du tournoi. Les matches commencent à 11h00.

Court Philippe-Chatrier

Iveta Benesova (RTC) - Samantha Stosur (AUS/n°8): 0-2
David Ferrer (ESP/n°7) - Jarkko Nieminen (FIN): 1-1
Jan Hajek (RTC) - Jo-Wilfried Tsonga (FRA/n°17): 0-1
Mathilde Johansson (FRA) - Julia Goerges (ALL/n°17): 0-0

Court Suzanne-Lenglen

Renata Voracova (RTC) - Alizé Cornet (FRA): 1-0
Lleyton Hewitt (AUS) - Albert Montanes (ESP): 2-0
Jelena Jankovic (SER/n°10) - Alona Bondarenko (UKR): 12-1
Julien Benneteau (FRA) - Rui Machado (POR): 0-0

Court 1

David Guez (FRA/Q) - Sergiy Stakhovsky (UKR/n°31): 0-0
Stanislas Wawrinka (SUI/n°14) - Augustin Gensse (FRA/Q): 0-0
Magdalena Rybarikova (SVQ) - Svetlana Kuznetsova (RUS/n°13): 0-0
Varvara Lepchenko (USA) - Flavia Pennetta (ITA/n°18): 0-1

Court 2

Kei Nishikori (JAP) - Yen-Hsun LU (TAI): 0-0
Shahar Peer (ISR/n°19) - Maria Jose Martinez Sanchez (ESP): 1-0
Jelena Dokic (AUS) - Vera Dushevina (RUS): 0-1
Adrian Mannarino (FRA) - Guillaume Rufin (FRA/WC): 0-0

Court 3

Gisela Dulko (ARG) - Irina Falconi (USA/WC): 0-0
Vincent Millot (FRA/WC) - Maxime Teixeira (FRA/WC): 0-0
Teimuraz Gabashvili (RUS) - Andreas Seppi (ITA): 1-2
Sybille Bammer (AUT) - Mona Barthel (ALL/Q): 0-0

Court 6

Tsvetana Pironkova (BUL/n°32) - Casey Dellacqua (AUS/WC): 0-0
Robert Kendrick (USA) - Guillermo Garcia-Lopez (ESP/n°30): 0-0
Kirsten Flipkens (BEL) - Lucie Safarova (RTC): 1-0
Fabio Fognini (ITA) - Denis Istomin (OUZ): 1-0

Court 7

Marin Cilic (CRO/n°19) - Ruben Ramirez Hidalgo (ESP): 0-0
Ernests Gulbis (LET) - Blaz Kavcic (SLV): 0-0
Olivia Sanchez (FRA/WC) - Polona Hercog (SLV): 0-2
Arantxa Parra Santonja (ESP) - Bethanie Mattek-Sands (USA)

Court 17

Alla Kudryavtseva (RUS) - Simona Halep (ROU): 0-1
Rebecca Marino (CAN) - Kateryna Bondarenko (UKR): 0-0
Ivan Dodig (CRO) - Pere Riba (ESP): 0-0
Yaroslava Shvedova (KAZ) - Anastasia Pavlyuchenkova (RUS/n°14): 0-0
# 22/05/2011 à 23:35 Nico
RESULTATS DE DIMANCHE

Ferrer - Nieminen 6-3,6-3,6-1
Benneteau - Machado 4-6,6-1,6-2,6-0
Nishikori - Lu 6-1,6-3,6-4
Stakhovsky - Guez 6-7(7/9),6-3,6-3,6-3
Rufin - Mannarino 6-2,6-3,6-2
Wawrinka - Gensse 4-6,6-3,6-4,6-2
Tsonga - Hájek 6-3,6-2,6-2
Riba - Dodig 6-3,3-6,7-6(8/6),6-4
Teixeira - Millot 6-2,5-7,6-7(4/7),6-4,6-1
Fognini - Istomin 6-4,6-2,6-2
García-López - Kendrick 6-1,7-5,4-6,6-3
Ramírez Hidalgo - Cilic 7-6(7/5),6-4,6-4
Montañés - Gicquel 6-4,6-4,6-2
Seppi - Gabashvili 6-3,7-5,7-5
Kavcic - Gulbis 6-1,6-4,6-2


PROGRAMME DE LUNDI

Richard Gasquet, tête de série n°14 débute sa quinzaine parisienne face à Radek Stepanek, qu'il affrontera pour la première fois sur terre. Début des matchs à 11H00.

Court Philippe-Chatrier

Melanie Oudin (USA) - Francesca Schiavone (ITA/n°5) : 0-1
Thiemo De Bakker (HOL) - Novak Djokovic (SER/n°2) : 0-0
Feliciano Lopez (ESP) - Roger Federer (SUI/n°3) : 0-8
Marion Bartoli (n°11) - Anna Tatishvili (GEO) : 0-0

Court Suzanne Lenglen

Aravane Rezaï - Irina-Camelia Begu (ROM) : 1-0
Vera Zvonareva (RUS/n°3) - Lourdes Dominguez Lino (ESP) : 0-0
Björn Phau (ALL/q) - Gaël Monfils (n°9) : 0-0
Richard Gasquet (n°13) - Radek Stepanek (RTC) : 0-2

Court 1

Juan Martin Del Potro (ARG/n°25) - Ivo Karlovic (CRO) : 1-0
Michaël Llodra (n°22) - Steve Darcis (BEL/q) : 1-0
Evgeniya Rodina (RUS) - Iryna Brémond : 0-0
Caroline Wozniacki (DAN/n°1) - Kimiko Date-Krumm (JAP) : 1-0

Court 2

Shuai Zhang (CHI) - Daniela Hantuchova (SLO/n°28) : 0-0
Tomas Berdych (RTC/n°6) - Stéphane Robert (q) : 0-0
Greta Arn (HON) - Petra Kvitova (RTC/n°9) : 0-0
Marcos Baghdatis (CHY/n°27) - Frederico Gil (POR) : 0-1

Court 3

Go Soeda (JAP) - Mikhail Youzhny (RUS/n°12) : 0-0
Patricia Mayr-Achleitner (AUT) - Agnieszka Radwanska (POL/n°12) : 0-1
Maria Kirilenko (RUS/n°25) - Coco Vandeweghe (USA) : 0-0
Florent Serra - Igor Andreev (RUS) : 1-2

Court 4

Andrey Golubev (KAZ) - Thomaz Bellucci (BRE/N.23) : 0-0
Sandra Zahlavova (RTC) v. Jie Zheng (CHI) : 0-0
Thomas Schoorel (HOL) v. Maximo Gonzalez (ARG) : 0-0

Court 5

Angelique Kerber (ALL) v. Edina Gallovits-Hall (ROU) : 1-0
Viktoriya Kutuzova (UKR) v. Chanelle Scheepers (AFS) : 0-0
Philipp Petzschner (ALL) v. Mischa Zverev (ALL) : 2-0
Alex Bogomolov Jr. (USA) v. Marcel Granollers (ESP) : 0-0

Court 6

Julian Reister (ALL) - Viktor Troicki (SER/n°15) : 0-0
Denis Gremelmayr (ALL) - Nikolay Davydenko (RUS/n°28) : 0-0
Sania Mirza (IND) - Kristina Barrois (ALL) : 0-0
Junri Namigata (JAP) - Aleksandra Wozniak (CAN) : 0-0

Court 7

Anastasia Rodionova (AUS) - Nadia Petrova (RUS/N.26) : 0-1
Mardy Fish (USA/n°10) - Ricardo Mello (BRE) : 1-1
Benoit Paire - Victor Hanescu (ROU) : 0-1
Stephanie Foretz Gacon - Heather Watson (ANG) : 1-1

Court 8

Roberta Vinci (ITA/n°30) - Alberta Brianti (ITA) : 1-0
Potito Starace (ITA) - Alejandro Falla (COL) : 0-0
Agnes Szavay (HON) - Olga Govortsova (BLR) : 3-0

Court 10

Daniel Brands (ALL) - Mikhail Kukushkin (KAZ) : 0-1
Jill Craybas (USA) - Eleni Daniilidou (GRE) : 1-3
Carlos Berlocq (ARG) - Bernard Tomic (AUS) : 0-0

Court 11

Anastasia Pivovarova (RUS) - Nuria Llagostera Vives (ESP) : 0-0
Albert Ramos (ESP) - Javier Marti (ESP) : 1-0
Leonardo Mayer (ARG) - Dustin Brown (ALL) : 0-0

Court 14

Christina McHale (USA) - Sara Errani (ITA) : 0-0
Yung-Jan Chan (TPE) - Klara Zakopalova (RCT/n°31) :0-0
Simone Bolelli (ITA) - Frank Dancevic (CAN) : 1-1
Pablo Cuevas (URU) - Antonio Veic (CRO) : 1-0

Court 16

Michael Berrer (ALL) - Milos Raonic (CAN/n°26) : 0-0
Anne Keothavong (ANG) - Vesna Dolonts (RUS) : 0-0
Sabine Lisicki (ALL) - Akgul Amanmuradova (UZB) : 1-0
Tobias Kamke (ALL) - Olivier Rochus (BEL) : 0-1

Court 17

Tommy Haas (ALL) - Marsel Ilhan (TUR) : 0-0
Janko Tipsarevic (SER/n°29) - Brian Dabul (ARG) : 0-0
Shuai Peng (CHI/n°29) - Tamira Paszek (AUT) : 0-0
Kaia Kanepi (EST/n°16) - Sofia Arvidsson (SUE) : 2-0
# 23/05/2011 à 23:27 Nico
RESULTATS DE LUNDI

Berrer - Raonic 6-4,4-6,6-3,6-4
Kamke - Rochus 6-7(5/7),6-3,6-3,6-2
Troicki - Reister 6-4,6-3,6-3
Berlocq - Tomic 7-5,6-4,6-2
Falla - Starace 7-6(7/2),6-1,6-1
Darcis - Llodra 6-7(5/7),6-3,6-3,6-3
Petzschner - Zverev 7-6(7/3),6-0,6-4
Monfils - Phau 4-6,6-3,7-5,6-0
Schoorel - González 7-6(7/5),6-3,6-3
Andreev - Serra 6-4,6-1,6-3
Tipsarevic - Dabul 7-6(7/1),6-1,6-0
Federer - López 6-3,6-4,7-6(7/3)
Robert - Berdych 3-6,3-6,6-2,6-2,9-7
Ilhan - Haas 6-4,4-6,7-6(7/1),6-4
Kukushkin - Brands 6-2,6-4,6-4
Youzhny - Soeda 7-5,6-2,6-4
Gasquet - Štepánek 7-5,6-3,6-0
Granollers - Bogomolov Jr. 6-3,3-6,7-6(8/6),6-2
Bellucci - Golubev 6-4,6-4,6-7(4/7),7-6(7/5)
Del Potro - Karlovic 6-7(7/9),6-3,7-5,6-4
Hanescu - Paire 7-5,4-6,6-1,7-6(7/4)
Djokovic - de Bakker 6-2,6-1,6-3
Veic - Cuevas 4-6,6-3,6-2,3-1
Davydenko - Gremelmayr 7-6(7/2),6-1,6-3
Fish - Mello 6-2,6-7(11/13),6-2,6-4
Baghdatis - Gil 7-6(7/4),6-2,6-2
Mayer - Brown 3-6,7-6(7/5),6-2,6-2
Ramos - Martí 6-3,6-7(5/7),4-6,6-1,6-3
Bolelli - Dancevic 6-1,6-3,6-7(5/7),6-2


Djokovic chasse le naturel

Vainqueur de De Bakker au 1er tour de Roland-Garros, Novak Djokovic a parfaitement entamé son tournoi. Mais discrètement, sans vouloir faire une affaire de sa 38e victoire de suite cette saison. Officiellement, Rafael Nadal rest le favori et il serait mal vu de lui voler la vedette sur ses terres.

Depuis qu’il enchaîne les victoires, Novak Djokovic est étonnamment calme. Pas un mot plus haut que l’autre, pas de déclarations fracassantes, à l’inverse de ses débuts lorsque le jeune Serbe cherchait à se faire un nom sur le circuit. Depuis qu’il sait qu’il accomplit une performance que ni Federer, ni Nadal ne peuvent se vanter cette saison, le N.2 mondial est en train de rentrer dans le rang. Finies les pitreries, finies les imitations sur les courts, tout est bon pour d’attirer le respect de ses adversaires maintenant qu’il change enfin son statut. Le voici parmi les favoris et non plus les outsiders.

Pourtant, la semaine dernière, après quatre victoires brillantes sur Rafael Nadal, dont deux en finale de Madrid et Rome, Djokovic s’est enfin lâché. Il est allé à Cannes se « ressourcer » en compagnie de sa petite-amie, se détacher un peu de la compétition en montant les marches du festival avant le grand rush parisien. Arrivé en fin de semaine à Roland-Garros, il a tenu tout de même à participer à la Journée des Enfants, donnée samedi en faveur d’actions caritatives, en allant mixer avec Bob Sinclar ou donner de sa personne en s’amusant sur le court avec d’autres joueurs français. Finalement, le Djoker, si calculateur qui soit, est toujours prêt à refaire surface.

405 points de différence avec Nadal au classement

« Si on m’avait dit que j’allais remporter tous ces matches, je ne l’aurais pas cru », a-t-il assuré après sa 38e victoire de rang de la saison au 1er tour de Roland-Garros face à Thiemo de Bakker. « Je ne veux pas penser à cette série même si cela est quelque chose qui me rend fier. Maintenant, je sais que certains pensent que je suis favori, d’autres que c’est davantage Rafael Nadal. Encore une fois, je pense qu’il reste le mieux placé pour gagner à Paris, il l’a déjà fait cinq fois. Il est toujours le N.1, donc c’est lui l’homme à battre.» A bien regarder le classement ATP, Djokovic, quart-de-finaliste l’an passé à Paris, n’a même pas besoin de s’imposer à Roland-Garros pour prendre le trône de l’Espagnol. Il suffit que Nadal perde son titre avant une défaite du Serbe, ou qu’il affronte le N.2 mondial en finale, pour céder sa place.

Perdre un tournoi du Grand Chelem mais devenir pourtant N.1 mondial peut être paradoxal, c’est en tout cas déjà arrivé dans l’histoire de l’ère Open. L’un des derniers exemples en date remonte en juillet 1999. Andre Agassi a pris la place de N.1 à Pete Sampras qui venait pourtant de battre le Kid de Las Vegas en finale de Wimbledon. Cela était dû au fait qu’en 1998, Agassi s’était arrêté au 2e tour alors que Sampras avait remporté le cinquième de ses sept titres sur le gazon anglais. En 2011, Djokovic, N.2 mondial à seulement 405 points de Nadal, a bien compris que la pression n’est pas sur ses épaules à Paris. Il sera temps de fanfaronner plus tard, qu’il gagne ou non finalement.
S.P.


«Mes mauvais souvenirs effacés»


Stéphane Robert a réussi le plus grand exploit de sa carrière en dominant Tomas Berdych, 6e mondial. Mais c'est tranquillement que le Français raconte sa victoire, d'une voix aussi ferme que ses coups sur le court.

«Stéphane Robert, comment expliquez-vous la façon dont a basculé le match, après deux sets ?

Dans les deux premiers sets, je n'ai pas lâché mes coups. Puis j'ai changé, je l'ai agressé au retour. Lui m'a donné des points, a été en difficulté sur son service. Gagner ce troisième set m'a redonné vraiment confiance. Et le cinquième set est devenu un petit peu fou. Il m'a breaké, je suis revenu aussitôt. Ensuite, dans la continuité de mes qualifications, j'ai lâché pas mal de coups avec de la réussite. C'est ma plus belle victoire.

Racontez-nous votre balle de match (à 4-5).

J'ai tenu un bon relâchement tout le match. A la fin, je suis lucide, malgré une grosse fatigue mentale, je suis bien physiquement. Sur cette balle de match, j'ai fait le choix de servir extérieur, j'étais assez performant sur cette zone aujourd'hui (lundi).

«Un bisou au ciel pour remercier dame nature»

Quand vous réussissez un coup droit gagnant au cinquième set avec une corde cassée, vous vous dites que c'est un signe ?

J'étais en réussite, je sortais des coups gagnants, je sentais tout le monde derrière moi. A un moment, je me suis dit : "Là, le match, tu vas le gagner". Cette semaine, j'ai effacé tous mes mauvais souvenirs de Roland-Garros. J'ai gagné sur le court n°6, sur le 7, aujourd'hui sur le 2. Et maintenant, j'ai des bons souvenirs sur tous ces courts.

Est-ce votre meilleur match ?

En qualifications, j'ai eu l'impression de mieux jouer. Mais face à Tomas, on ne fait pas ce qu'on veut. Sa balle flotte, est profonde, lourde. Il m'a fallu un temps d'adaptation. Il dominait les échanges. Ensuite, c'est moi qui ai commencé à prendre le contrôle du jeu. C'est plus ma filière, ça m'a facilité la tâche.

Quelle est l'explication de votre «crémabisou» ?

J'envoie un bisou au ciel pour remercier dame nature de me permettre de faire un coup aussi bon. Quand on sort des coups proches de la perfection, on fait un avec l'univers.

«C'est aussi la victoire de Ronan Lafaix»

Quand vous êtes redescendu au classement, comment avez-vous trouvé la motivation pour repartir ?

Je ne jouais pas très bien, j'ai essayé de prendre mon temps, de retrouver de la motivation. La motivation, ça revient avec les victoires, notamment. Le titre que j'ai eu il y a quelques semaines, à Ostrava en Challenger, a été très important. Et puis je joue bien sur terre battue, j'ai eu la réussite pour moi.

Pourquoi aviez-vous quitté votre entraîneur (Ronan Lafaix) ?

L'an dernier, on a arrêté après l'US Open. Je n'avais plus de résultats du tout, je manquais de motivation, j'étais perdu. Lui était ambitieux, voulait continuer à l'aller de l'avant. Moi, je sentais que ce serait un peu compliqué. Mais je continue à travailler avec sa méthode puisqu'on a travaillé ensemble pendant dix ans. C'est sa victoire aussi.» -
A.Q.


PROGRAMME DE MARDI


Court Philippe-Chatrier -A partir de 11 heures

Virginie Razzano (FRA) - Jarmila Gajdosova (AUS/n°24) : 1-1
Maria Sharapova (RUS/n°7) - Mirjana Lucic (CRO) : 0-0
Rafael Nadal (ESP/n°1) - John Isner (USA) : 2-0
Michael Russell (USA) - Gilles Simon (FRA/n°18) : 0-0

Court Suzanne-Lenglen - A partir de 11 heures

Andy Murray (GBR/n°4) - Eric Prodon (FRA) : 0-0
Johanna Larsson (SUE) - Ana Ivanovic (SER/n°20) : 0-1
Benjamin Becker (ALL) - Robin Soderling (SUE/n°5) : 0-3
Anastasiya Yakimova (BLR) - Kim Clijsters (BEL/n°2) : 0-1

Court n°1 - A partir de 11 heures

Li Na (CHI/n°6) - Barbora Zahlavova Strycova (RTC) : 1-0
Andreas Beck (ALL) - Jürgen Melzer (AUT/n°8) : 0-2
Andrea Hlvackova (RTC) - Victoria Azarenka (BLR/n°4) : 0-1
Jérémy Chardy (FRA) - Grigor Dimitrov (BUL) : 0-0

Court n°2 - A partir de 11 heures

Zuzana Ondraskova (RTC) - Caroline Garcia (FRA) : 0-0
Arnaud Clément (FRA) - Filippo Volandri (ITA) : 1-0
Juan Monaco (ARG) - Fernando Verdasco (ESP/n°16) : 6-2
Andrea Petkovic (ALL/n°15) - Bojana Jovanovski (SER) : 0-0

Court n°3 - A partir de 11 heures

Ivan Ljubicic (CRO) - Somdev Devvarman (IND) : 0-0
Dominika Cibulkova (SVQ/n°22) - Vania King (USA) : 0-2
Edouard Roger-Vasselin (FRA) - Lukas Rosol (RTC) : 1-0
Pauline Parmentier (FRA) - Ksenia Pervak (RUS) : 1-0

Court n°4 - A partir de 11 heures

Corinna Dentoni (ITA) - Anabel Medina Garrigues (ESP) : 0-0
Daniel Gimeno-Traver (ESP) - Robin Haase (HOL) : 0-0
Anastasija Sevastova (LET) - Lucie Hradecka (RTC) : 0-0

Court n°5 - A partir de 11 heures

Silvia Soler-Espinosa (ESP) - Elena Vesnina (RUS) : 0-0
Santiago Giraldo (COL) - Pablo Andujar (ESP) : 1-0
Marina Erakovic (NZL) - Arantxa Rus (HOL) : 0-0
Laura Pous-Tio (ESP) - Alexandra Dulgheru (ROU/n°27) : 0-0

Court n°6 - A partir de 11 heures

Alexandr Dolgopolov (UKR/n°21) - Rainer Schuettler (ALL) : 1-0
Nicolas Almagro (ESP/n°11) - Lukasz Kubot (POL) : 3-0
Elena Baltacha (GBR) - Sloane Stephens (USA) : 0-0

Court n°7 - A partir de 11 heures

Kristina Mladenovic (FRA) - Ayumi Morita (JPN) : 0-0
Sam Querrey (USA/n°24) - Philipp Kohlschreiber (ALL) : 1-1
Kevin Anderson (RSA/n°32) - Nicolas Mahut (FRA) : 0-1
Patty Schnyder (SUI) - Sorana Cirstea (ROU) : 0-1

Court n°14 - A partir de 11 heures

Andreas Haider-Maurer (AUT) - Ryan Sweeting (USA) : 0-0

Court n°16 - A partir de 11 heures

Ekaterina Makarova (RUS) - Romina Oprandi (ITA) : 0-0
Juan Ignacio Chela (ARG) - Tim Smyczek (USA) : 0-0

Court 17 - A partir de 11 heures

Igor Kunitsyn (RUS) - Florian Mayer (ALL/n°20) : 0-3
Yanina Wickmayer (BEL/n°21) - Monica Niculescu (ROU) : 0-0
Dmitry Tursunov (RUS) - Xavier Malisse (BEL) : 1-3
# 24/05/2011 à 23:32 Nico
RESULTATS DE MARDI

Dolgopolov - Schüttler 6-3,6-3,6-1
Haider-Maurer - Sweeting 6-1,6-7(5/7),6-2,6-0
Kubot - Almagro 3-6,2-6,7-6(7/3),7-6(7/5),6-4
Mayer - Kunitsyn 6-3,4-6,6-4,6-3
Anderson - Mahut 6-4,6-4,6-7(6/8),6-3
Chela - Smyczek 7-6(7/5),6-1,6-1
Rosol - Roger-Vasselin 3-6,6-2,6-4,3-6,7-5
Melzer - Beck 6-3,6-4,6-2
Nadal - Isner 6-4,6-7(2/7),6-7(2/7),6-2,6-4
Andújar - Giraldo 7-6(7/5),6-3,6-3
Querrey - Kohlschreiber 3-6,6-1,6-2,6-4
Ljubicic - Devvarman 6-4,6-3,6-4
Malisse - Tursunov 7-5,3-6,6-3,3-6,6-1
Verdasco - Mónaco 6-2,7-5,4-6,6-4
Haase - Gimeno 6-2,7-6(7/3),6-3
Chardy - Dimitrov 6-2,6-4,6-4
Simon - Russell 6-3,4-6,6-1,6-0
Söderling - Harrison 6-1,6-7(5/7),6-3,7-5
Murray - Prodon 6-4,6-1,6-3
Clément - Volandri 6-3,1-6,7-6(11/9),6-4


Nadal s'est fait peur

Pour la première fois de sa carrière, Rafael Nadal est poussé aux cinq sets à Roland-Garros. Il s'impose (6-4, 6-7 [2], 6-7 [2], 6-2, 6-4 en 4h01') contre John Isner et rejoint Pablo Andujar au deuxième tour.

Rafael Nadal est simplement humain. Comme tous les joueurs, il peut douter. Pour Rafael Nadal comme pour les autres, un premier tour de Grand Chelem développe son quota de stress. Et ce stress s'enveloppe de doutes avec deux défaites en finale sur sa terre. Il n'est plus invincible sur sa surface de prédilection, il le sait et ses adversaires aussi. En l'absence d'ascendant psychologique, il reste le jeu et l'adversaire. Du haut de ses 2,08 m, John Isner n'a rien de rassurant.

Le lift du Majorquin lui arrive à hauteur de hanches, son service supersonique lui offre des points gratuits pour souffler et son jeu ne donne pas de rythme au quintuple vainqueur des Internationaux de France. L'Américain prive de temps le numéro 1 mondial qui aime s'installer dans sa zone de confort. Le regard inquiet et le sourcil dressé, Rafael Nadal souffre. Le Majorquin mène pourtant 6-4, 4-2, mais il ne joue pas bien. Sa longueur de balle flirte avec le carré de service, les fautes directes s'accumulent (27 au total et 50 points gagnants) et sa balle ne gicle pas avec la tension. Et surtout il tremble sur les points importants (5 balles de break converties sur 15, 1/1 pour Isner).

Premier cinq sets pour Nadal à Roland-Garros

La sanction finit par tomber avec un débreak à 4-3 et un tie-break sabordé par deux grosses fautes de coup droit de l'Espagnol pour débuter. John Isner se prend à y croire. Dans la troisième manche, le marathon man de Wimbledon sauve deux balles de set à 6-5 (15-40) par un ace et un service gagnant puis achève le deuxième jeu décisif par un retour gagnant. Mais il faut tenir et le numéro 1 mondial est un immense champion. Dès le début de la quatrième manche, il breake sur une double faute adverse. Il serre le poing et se tourne vers son clan. Le match vient de tourner après 2h52'.

Comme par magie, ses passings de revers recommencent à fuser et ses frappes de coup droit redeviennent des poisons. «A 30-A au dernier jeu, j'avais besoin d'oxygène, j'étais au bord du malaise, avoue l'Américain. Mes jambes étaient mortes.» Nadal, ça use. Mais pour la première fois, il perd un set (même deux) au premier tour de Roland-Garros. Pour la première fois, il joue un match en cinq sets Porte d'Auteuil. Mais il n'a pas perdu toutes ses habitudes à Paris avec une 39e victoire en quarante matches. Sa joie intense à la fin du match témoigne de sa frayeur. «Oui, c'était très difficile», lance-t-il en français au micro de Cédric Pioline sur le court. Rafael Nadal sait aussi s'adapter à toutes les situations. - S.D.


Nadal : «Beaucoup de pression»

Rafael Nadal a beaucoup souffert contre John Isner. Il ne se voile pas la face, il était proche de la sortie et ne cache pas sa nervosité lors des tie-breaks.

« Rafael Nadal, que pensez-vous à deux sets à un ?

J'étais proche de la sortie. Je n'ai pas concrétisé mes deux balles de troisième set, mais il a encore servi de manière fantastique. C'était difficile parce qu'il n'a qu'une balle de break du match et il la réussit. C'est vrai que je n'ai pas bien joué les tie-breaks. J'étais trop nerveux. Sur l'ensemble du match, je contrôlais plutôt la rencontre, je menais 6-4, 4-2 sans très bien jouer. Mais au premier tour, je ne joue jamais très bien, je m'y attendais. Au début, j'étais satisfait de ma manière de jouer, surtout face à un adversaire aussi difficile. Puis je me suis fait breaker et je n'ai pas bien joué les tie-breaks. Face à ce genre de joueur, la pression est constante. C'est très compliqué de jouer libéré, d'autant plus après la perte du deuxième set. Mais je suis heureux de m'en être sorti.

Où situez-vous le tournant du match ?

Le break au quatrième set était très, très important parce que j'étais vraiment sous pression et je savais que je n'avais que six jeux pour réussir un break. Si je me retrouve dans un nouveau tie-break, je suis en grand danger. Ensuite, avec le gain du quatrième set, je sais qu'il n'y aura plus de tie-break et cela me donne un peu plus confiance. Sur le break du cinquième set, je réalise un jeu extraordinaire avec deux retours gagnants et un retour dans les pieds. Puis je connais encore des moments difficiles à 3-2 (15-30) où je frappe un coup droit sur la ligne et deux bons services. Mais j'avais beaucoup de pression parce que c'est un tournoi très, très important pour moi. Face à un tel adversaire, c'était très difficile.

Est-ce votre match le plus difficile à Roland-Garros, hormis votre défaite contre Robin Söderling ?

Non, c'est difficile à dire parce que c'est un premier tour. Mais tous les ans, j'ai des matches difficiles. Tu dois autant te battre dans un match en quatre sets. Mais c'est vrai que c'est une des premières fois que je suis aussi proche de la défaite. C'est compliqué de comparer. Je me souviens d'un match très dur contre Mathieu ici en 2006 (Ndlr : 5-7, 6-4, 6-4, 6-4 au troisième tour). Les quatre sets contre Puerta étaient aussi difficiles. Puis il y a plusieurs matches contre Federer, notamment un match avec 7-6 au quatrième set (Ndlr : 1-6, 6-1, 6-4, 7-6(4) en finale en 2006). Je ne sais pas si c'est le match le plus dur. »
S.D.


PROGRAMME DE MERCREDI

. Court central - dès 11h

Caroline Wozniacki (DAN/N.1) - Aleksandra Wozniak (CAN)
Guillaume Rufin (FRA) - Gaël Monfils (FRA/N.9)
Victor Hanescu (ROM) - Novak Djokovic (SRB/N.2)
Francesca Schiavone (ITA/N.5) - Vesna Dolonts (RUS)

. Court Suzanne Lenglen - dès 11h

Maxime Teixeira (FRA) - Roger Federer (SUI/N.3)
Alizé Cornet (FRA) - Nuria Llagostera (ESP)
Marion Bartoli (FRA/N.11) - Olga Govortsova (BLR)
Jo-Wilfried Tsonga (FRA/N.17) - Igor Andreev (RUS)

. Court N.1 - dès 11h

Simona Halep (ROU) - Samantha Stosur (AUS/N.8)
David Ferrer (ESP/N.7) - Julien Benneteau (FRA)
Richard Gasquet (FRA/N.13) - Marcel Granollers (ESP)
Vera Zvonareva (RUS/N.3) - Sabine Lisicki (ALL)

. Court N.2 - dès 11h

Lucie Safarova (TCH) - Julia Görges (ALL/N.17)
Svetlana Kuznetsova (RUS/N.13) - Irina Begu (ROU)
Juan Martin Del Potro (ARG/N.25) - Blaz Kavcic (SLO)
Stéphane Robert (FRA) - Fabio Fognini (ITA)

. Court N.3 - dès 11h

Bethanie Mattek-Sands (USA) - Varvara Lepchenko (USA)
Jelena Jankovic (SRB/N.10) - Vera Dushevina (RUS)
Mikhail Kukushkin (KAZ) - Mikhail Youzhny (RUS/N.12)
Stanislas Wawrinka (SUI/N.14) - Thomas Schoorel (NED)

. Court N.5 - dès 11h

Edina Gallovits-Hall (ROU) - Anastasia Rodionova (AUS)
Maria Jose Martinez (ESP) - Rebecca Marino (CAN)
Ruben Ramirez Hidalgo (ESP) - Albert Montanes (ESP)

. Court N.6 - dès 11h

Kei Nishikori (JPN) - Sergiy Stakhovsky (UKR/N.31)
Shuai Peng (CHN/N.29) - Polona Hercog (SLO)
Andreas Seppi (ITA) - Thomaz Bellucci (BRE/N.23)

. Court N.7 - dès 11h

Janko Tipsarevic (SRB/N.29) - Pere Riba (ESP)
Sara Errani (ITA) - Daniela Hantuchova (SLQ/N.28)
Steve Darcis (BEL) - Philipp Petzschner (ALL)

. Court N.17 - dès 11h

Tsetana Pironkova (BUL/N.32) - Gisela Dulko (ARG)
Mona Barthel (ALL) - Anastasia Pavlyuchenkova (RUS/N.14)
Marsel Ilhan (TUR) - Guillermo García-López (ESP/N.30)
# 25/05/2011 à 23:45 Nico
RESULTATS DE MERCREDI

Ferrer - Benneteau 6-3,6-4,6-2
Stakhovsky - Nishikori 6-1,3-6,6-3,7-6(7/3)
Darcis - Petzschner 7-5,6-4,6-4
Monfils - Rufin 6-3,1-6,6-1,6-3
Wawrinka - Schoorel 6-3,6-2,6-4
Tsonga - Andreev 6-3,7-6(7/4),6-3
Tipsarevic - Riba 6-1,6-3,6-0
Federer - Teixeira 6-3,6-0,6-2
Fognini - Robert 6-2,6-1,6-0
García-López - Ilhan 6-4,1-6,6-2,4-6,13-11
Montañés - Ramírez Hidalgo 6-7(5/7),6-4,6-1,6-2
Youzhny - Kukushkin 6-3,7-5,6-4
Gasquet - Granollers 4-6,6-3,6-2,6-4
Bellucci - Seppi 6-1,6-2,6-4
Del Potro - Kavcic 6-3,6-2,6-4
Djokovic - Hanescu 6-4,6-1,2-3


PROGRAMME DE JEUDI

Court Philippe-Chatrier - A partir de 11h00

Arantxa Rus (HOL) - Kim Clijsters (BEL/n°2) : 0-0
Andy Murray (GBR/n°4) - Simone Bolelli (ITA) : 2-0
Maria Sharapova (RUS/n°7) - Caroline Garcia (FRA) : 0-0
Jérémy Chardy (FRA) - Gilles Simon (FRA/n°18) : 0-0

Court Suzanne-Lenglen - A partir de 11h00

Albert Ramos (ESP) - Robin Söderling (SUE/n°5) : 0-0
Na Li (CHN/n°6) - Silvia Soler-Espinosa (ESP) : 0-0
Rafael Nadal (ESP/n°1) - Pablo Andujar (ESP) : 0-0
Pauline Parmentier (FRA) - Victoria Azarenka (BLR/n°4) : 1-1

Court n°1 - A partir de 11h00

Jie Zheng (CHN) - Petra Kvitova (RTC/n°9) : 0-1
Xavier Malisse (BEL) - Fernando Verdasco (ESP/n°16) : 0-1
Roberta Vinci (ITA/n°30) - Iryna Bremond (FRA) : 0-0
Arnaud Clément (FRA) - Michael Berrer (ALL) : 1-1

Court n°2 - A partir de 11h00

Sania Mirza (IND) - Agnieszka Radwanska (POL/n°12) : 0-0
Mardy Fish (USA/n°10) - Robin Haase (HOL) : 0-0
Andrea Petkovic (ALL/n°15) - Lucie Hradecka (RTC) : 0-2
Lukas Rosol (RTC) - Jurgen Melzer (AUT/n°8) : 0-0

Court n°3 - A partir de 11h00

Alejandro Falla (COL) - Florian Meyer (ALL/n°20) : 0-1
Marcos Baghdatis (CHY/n°27) - Leonardo Mayer (ARG) : 0-1
Kaia Kanepi (EST/n°16) - Heather Watson (GBR) : 0-0
Anabel Medina Garrigues (ESP) - Jarmila Gajdosova (AUS/n°24) : 0-0

Court n°5 - Pas avant 12h00

Lukasz Kubot (POL) - Carlos Berlocq (ARG) : 0-0
Ekaterina Makarova (RUS) - Johanna Larsson (SUE): 0-0

Court n°6 - A partir de 11h00

Yanina Wickmayer (BEL/n°21) - Ayumi Morita (JAP) : 0-0
Vania King (USA) - Elena Baltacha (GBR) : 0-0
Antonio Veic (CRO) - Nikolay Davydenko (RUS/n°28) : 0-0
Alexandr Dolgopolov (UKR/n°21) - Andreas Haider-Maurer (AUT): 0-0

Court n°7 - A partir de 11h00

Sam Querrey (USA/n°24) - Ivan Ljubicic (CRO) : 0-1
Maria Kirilenko (RUS/n°25) - Chanelle Scheepers (AFS) : 1-1
Un double
Tobias Kamke (ALL) - Viktor Troicki (SER/n°15): 0-0
# 26/05/2011 à 23:55 Nico
RESULTATS DE JEUDI

Nadal - Andújar 7-5,6-3,7-6(7/4)
Veic - Davydenko 3-6,6-2,7-5,3-6,6-1
Ljubicic - Querrey 7-6(7/2),6-4,6-4
Verdasco - Malisse 4-6,6-3,7-6(7/5),6-1
Fish - Haase 7-6(7/1),6-2,6-1
Simon - Chardy 4-6,6-4,6-1,6-4
Mayer - Baghdatis 7-5,6-4,7-6(8/6)
Söderling - Ramos 6-3,6-4,6-4
Murray - Bolelli 7-6(7/3),6-4,7-5
Berrer - Clément 7-6(8/6),3-6,7-5,6-4
Dolgopolov - Haider-Maurer 6-2,6-4,6-2
Troicki - Kamke 6-2,6-2,7-6(7/4)
Kubot - Berlocq 6-3,7-6(7/4),6-3
Falla - Mayer 4-6,7-6(7/4),6-1,6-2
Chela - Anderson 3-6,6-3,6-4,4-6,6-2
Rosol - Melzer 6-7(4/7),6-4,4-6,7-6(7/3),6-4


Nadal encore bousculé

Rafael Nadal a souffert mais s'est imposé au bout de 3h18 face à Pablo Andujar au 2e tour (7-5, 6-3, 7-6 [4]). Il affrontera Antonio Veic, tombeur de Nikolay Davydenko.

Décidément rien n'est simple en ce début de tournoi pour Rafael Nadal. En deux tours, le n°1 mondial vient de passer plus de sept heures sur les courts et de connaître de multiples frayeurs. La manière inquiète. Jeudi face à Pablo Andujar, il a mené 5-3 dans le premier set avant de devoir l'arracher 7-5, puis 2-0 dans le deuxième avant de se faire rejoindre et de devoir écarter trois balles de break au moment de boucler l'affaire à 5-3. La dernière manche a été encore plus au forceps, puisque l'Espagnol était largement dominé (1-5) avant de se révolter, de sauver des balles de set en enchaînant les échanges sous haute tension du fond du court et de revenir au contact (5-5). Jusqu'au bout, une certaine nervosité a été palpable, au long d'un jeu décisif bien commencé (5-1) mais conclu au finish (7-4). Son habituelle sérénité s'est envolée.

S'il est logique qu'il ne joue pas encore son meilleur tennis si tôt dans le tournoi, il reste déconcertant de le voir systématiquement se crisper sur les points importants et manquer les occasions de tuer le match. Andujar aujourd'hui a bien senti la nervosité adverse et a du coup repris confiance. Lâchant tous ses coups, agressant le quintuple tenant du titre, il a symbolisé une concurrence qui semble se décomplexer. Novak Djokovic a peut-être fait encore plus que dominer quatre fois Nadal cette saison dont deux fois sur l'ocre : il a attaqué la confiance de l'Espagnol et montré la voie aux autres.

Nadal plie mais ne rompt pas

Mais ''Rafa'', bien que bousculé, est encore loin d'être coulé. Il suffisait de le voir se battre sur chaque point de ce troisième set puis exploser de rage en fin de match pour le comprendre. Il ne joue pas à son niveau habituel, il doute mais sa marge et sa haine de la défaite prennent le relais en attendant. Il devra néanmois retrouver de sa superbe rapidement pour redonner du lustre à ce service fragile et à ce coup droit qui ne claque plus comme à sa belle époque. Veic lui a épargné de devoir affronter Davydenko, joueur qui lui a toujours posé problème. Face à Veic, il tient une nouvelle occasion de remettre les choses au point dans son jeu, pour sa confiance et envers la meute. Le roi vacille, certes, mais reste pour le moment encore le roi.
C.B.


Nadal : «Tout est de ma faute»

Rafael Nadal n'était pas satisfait du tout au terme de sa victoire face à Pablo Andujar (7-5, 6-3, 7-6 [4]. Mais l'Espagnol ne se cherche pas d'excuse : en ce moment, il n'est pas bon.

«On ne gagne facilement que si on joue très bien, sinon on souffre mais on se bat.» Le constat est fait dans un sourire mais il est sans hésitation. Rafael Nadal ne se fait pas de cadeau et regarde son jeu en face : «Par moments ça allait mieux, comme à partir de 5-2 dans le troisième, mais sinon c'était de mon côté un mauvais match. J'ai eu de la chance à la fin. Beaucoup (rires)»

A chaque fois qu'il a eu le match en mains, le n°1 mondial s'est crispé avant de céder l'avance à peine acquise. On s'interroge, il hausse les épaules et les sourcils. «Je sais, à chaque fois j'ai eu un break et je l'ai perdu... Déjà je n'ai pas bien servi, ensuite je suis nerveux, il faut bien l'admettre. Je suis plus tendu que d'habitude, je joue trop court et je ne suis pas assez agressif. En fait, je sais bien ce qui ne va pas mais je ne trouve pas encore les solutions en match. A l'entraînement tout va bien pourtant.»

Alors forcément on pense aux conditions de jeu qui étaient compliquées avec le vent, puis à ces fameuses balles. L'Espagnol coupe tout de suite. «Tout est de ma faute. Quand tu joues bien, le vent et le reste ça ne compte pas. Quand je joue trop court, quand je ne suis pas au niveau je ne pense pas aux balles, à la tension de ma raquette ou à la tornade : je me dis juste que je ne suis pas bon. Les solutions il faut les trouver à l'intérieur de soi. Si je ne suis pas bon, c'est de ma faute et c'est tout.» ''Rafa'' ne se fait pas d'illusion et continue d'appliquer la logique même si elle joue contre lui : «En jouant comme ça, tous les matches vont être difficiles de toute manière. A moi de trouver les réponses et de retrouver surtout la base de tout : le contrôle de la balle. Dans tous les cas je garde une attitude fantastique et c'est important. Je me suis battu sur tous les points, je n'ai pas lâché et je ne lâcherai pas.» Paroles de - très grand - champion.
C.B.


PROGRAMME DE VENDREDI


Court central (à partir de 11H00)

Gisela Dulko (ARG) - Samantha Stosur (AUS/n°8) : 0-2
Marion Bartoli (FRA/n°11) - Julia Görges (GER/n°17) : 1-0
Jo-Wilfried Tsonga (FRA/n°17) - Stanislas Wawrinka (SUI/n°14) : 1-0
Juan Martin Del Potro (ARG/n°25) - Novak Djokovic (SRB/n°2) : 0-3

Court Suzanne Lenglen (à partir de 11H00)

Peng Shuai (CHN/n°29) - Francesca Schiavone (ITA/n°5) : 2-2
Janko Tipsarevic (SRB/n°29) - Roger Federer (SUI/n°3) : 0-3
Caroline Wozniacki (DAN/n°1) - Daniela Hantuchova (SVQ/n°28) : 3-0
Richard Gasquet (FRA/n°13) - Thomaz Bellucci (BRE/n°23) : 0-0

Court n°1 (à partir de 11H00)

David Ferrer (ESP/n°7) - Sergiy Stakhovsky (UKR/n°31) : 2-0
Rebecca Marino (CAN) - Svetlana Kuznetsova (RUS/n°13) : 0-0
Gaël Monfils (FRA/n°9) - Steve Darcis (BEL) : 1-0
Vera Zvonareva (RUS/n°3) - Anastasia Rodionova (AUS) : 2-1

Court n°2 (à partir de 11H00)

Jelena Jankovic (SRB/n°10) - Bethanie Mattek-Sands (USA) : 1-1
Albert Montanes (ESP) - Mikhail Youzhny (RUS/n°12) : 0-2

Court n°7 (à partir de 11H00)

Fabio Fognini (ITA) - Guillermo Garca-Lopez (ESP/n°30) : 1-1
Nuria Llagostera (ESP) - Anastasia Pavlyuchenkova (RUS/n°14) : 0-1
# 28/05/2011 à 00:01 Nico
RESULTATS DE VENDREDI

Del Potro - Djokovic 3-6,6-3,0-0

Fognini - García-López 4-6,6-3,6-3,6-1
Montañés - Youzhny 6-1,7-6,6-1
Gasquet - Bellucci 6-2,6-3,3-6,6-3
Ferrer - Stakhovsky 6-1,6-1,6-3
Monfils - Darcis 6-3,6-4,7-5
Wawrinka - Tsonga 4-6,6-7(3/7),7-6(7/5),6-2,6-3
Federer - Tipsarevic 6-1,6-4,6-3


Gasquet prend rendez-vous

Comme souvent, Richard Gasquet a coincé physiquement à deux sets zéro, contre Thomaz Bellucci. Mais cette fois-ci, le Biterrois a su s'imposer au courage (6-2, 6-3, 3-6, 6-3). Il jouera son premier 8e de finale à Roland-Garros.

Alors qu'il mène deux sets à zéro (6-2, 6-3) contre Thomaz Bellucci (25e mondial), Richard Gasquet regarde son clan. La fatigue s'installe et il se plaint de ne plus rien voir, sous un ciel noir. Les quatre sets joués au tour précédent contre Granollers et le travail de sape du gaucher brésilien, qui fait le jeu avec son grand coup droit, ont fait leur effet sur l'organisme du Biterrois, excellent jusque-là. Le souvenir du Gasquet 2010 ayant perdu contre Andy Murray, sur le même court, après avoir gagné les deux premières manches, hante le Suzanne-Lenglen. D'autant que le 13e joueur mondial a vécu d'autres scénarios comparables, comme contre Murray à Wimbledon 2008, ou face à Youzhny à l'Open d'Australie 2010.

Mais le cru 2011, mis en confiance par une demi-finale à Rome (avec un succès sur Federer) et le discours de ses nouveaux entraîneurs Riccardo Piatti et Sébastien Grosjean, n'est plus fait du même bois. Gasquet abandonne le troisième set (3-6) mais s'arrache pour rester à flot au début du quatrième. Il n'est plus capable de tenir l'échange, en attendant la faute de Bellucci ? Alors il lâche ses coups, en particulier en coup droit, prend le filet, et s'applique sur son service. Et ça marche. Le public, sollicité par le Français, a compris. Cette fois-ci, le scénario dramatique laisse la place à un cercle vertueux. Les encouragements des spectateurs («Richard est magique», «Qui sait qui va gagner ? C'est Richard Gasquet !»), boostent le moral du Français, qui ne peut pas compter sur la fine pluie pour lui accorder un sursis.

A 4-3, Gasquet profite de trois erreurs du Brésilien, et s'arrache pour ramener une amortie. Break blanc. Puis un dernier jeu de service bien maîtrisé, conclu par un énorme coup droit, lui permet d'atteindre le quatrième tour à Roland-Garros, pour la première fois. Le Biterrois peut s'allonger par terre, puis s'offrir quelques pas de danse, poing brandi, après la poignée de main. «J'ai vraiment puisé car j'étais un peu fatigué», explique Gasquet sur le court, en remerciant plusieurs fois le public. Il lui reste deux jours pour récupérer avant d'affronter Novak Djokovic ou Juan Martin Del Potro.
A. Q.


PROGRAMME DE SAMEDI

Opposé à Mardy Fish, Gilles Simon vise une place en huitièmes samedi. Rafael Nadal va découvrir Antonio Veic. Djokovic et Del Potro doivent achever leur match. Début des matches à 11H00.

Court central

Roberta Vinci (ITA/n°30) - Victoria Azarenka (BLR/n°4) 0-1
Rafael Nadal (ESP/n°1) - Antonio Veic (CRO) 0-0
Mardy Fish (USA/n°10) - Gilles Simon (FRA/n°18) 1-1
Maria Sharapova (RUS/n°7) - Chan Yung-Jan (TPE) 2-0

Court Suzanne Lenglen

Li Na (CHN/n°6) - Sorana Cirstea (ROM) 0-0
Andy Murray (GBR/n°4) - Michael Berrer (ALL) 0-0
Novak Djokovic (SRB/n°2) - Juan Martin Del Potro (ARG/n°25) (6-3 3-6 à finir)
Yanina Wickmayer (BEL/n°21) - Agnieszka Radwanska (POL/n°12) 0-0
Leonardo Mayer (ARG) - Robin Soderling (SUE/n°5) 0-1

Court n°1

Alexandr Dolgopolov (UKR/n°21) - Viktor Troicki (SRB/n°15) 0-1
Andrea Petkovic (ALL/n°15) - Jarmila Gajdosova (AUS/n°24) 2-0
Ivan Ljubicic (CRO) - Fernando Verdasco (ESP/n°16) 2-1
Maria Kirilenko (RUS/n°25) - Arantxa Rus (HOL) 0-0

Court n°2

Kaia Kanepi (EST/n°16) - Ekaterina Makarova (RUS) 0-0
Lukasz Kubot (POL) - Alejandro Falla (COL) 0-0

Court n°7

Vania King (USA) - Petra Kvitova (RTC/n°9) 0-0
Juan Ignacio Chela (ARG) - Lukas Rosol (RTC) 0-0
# 28/05/2011 à 23:30 Nico
RESULTATS DE SAMEDI

Djokovic - Del Potro 6-3,3-6,6-3,6-2
Nadal - Veic 6-1,6-3,6-0
Ljubicic - Verdasco 6-3,7-6(8/6),6-4
Simon - Fish 6-3,6-4,6-2
Söderling - Mayer 6-1,6-4,6-3
Murray - Berrer 6-2,6-3,6-2
Troicki - Dolgopolov 6-4,3-6,6-3,6-4
Falla - Kubot 6-7(4/7),6-4,7-5,6-4
Chela - Rosol 6-2,6-4,3-6,7-6(7/5)


Nadal tranquille

Après deux tours fébriles, Rafael Nadal ne traîne pas pour dominer (6-1, 6-3, 6-0 en 1h41') Antonio Veic au troisième tour.

Rafael Nadal est-il inquiétant ? Rafael Nadal est-il en plein doute ? Rafael Nadal est-il en danger ? Et si toutes ces questions n'avaient qu'une réponse : le résultat. Après deux tours fébriles, l'Espagnol ne traîne pas pour dominer (6-1, 6-3, 6-0 en 1h41') Antonio Veic et se qualifier samedi pour les huitièmes de finale contre Ivan Ljubicic. Ce n'est pas encore parfait, mais c'est mieux. Face à une faible opposition, il assure l'essentiel. «Je ne suis pas passé de zéro à 100%, mais je me suis amélioré, constate le numéro 1 mondial. J'ai réalisé un match solide, j'avais un meilleur contrôle, j'étais plus près de ma ligne, j'ai mieux retourné et j'ai pu m'appuyer sur mon coup droit. C'était mieux.»

Comme tous les joueurs, il a besoin de temps pour monter en puissance dans un Grand Chelem. Arrivé avec des défaites à Roland-Garros, il ne possède plus son incroyable ascendant psychologique sur terre battue. Mais il n'est pas pour autant un joueur ordinaire. En champion, il cherche toujours à s'améliorer. Il ne joue pas encore très bien, commet encore beaucoup de fautes directes (18 au total) par rapport aux critères nadalesques, mais il arrive à ne laisser que quatre jeux au Croate, très prolixe en erreurs (29 pour 10 points gagnants). Le 227e mondial a tout vu trop grand : son jeu, le court et son adversaire.

Un jeu plus consistant

Le Majorquin peut se réjouir du résultat, de la fraîcheur conservée et de la progression de son niveau de jeu. Il gagne, préserve ses forces et montre un jeu plus consistant. Un exemple : les points importants. Breaké d'entrée de deuxième manche, il revient immédiatement pour ne pas laisser son adversaire prendre confiance. Sur ses dix balles de break, Nadal en convertit neuf. Il n'est peut-être plus aussi dominateur, mais il avance. Et plus les tours passent, plus le moteur tourne vite.
S.D.


Nadal prêt pour la révolution

Une attaque en règle, nette et précise, contre le calendrier ATP. Rafael Nadal avait gardé ses forces pour la conférence de presse, samedi, demandant haut et fort "du changement". Sur le court, l'Espagnol n'a pas forcé pour passer le 3e tour face à Antonio Veic.

C'est à croire que Rafael Nadal a suivi le débat organisé jeudi dernier par Eurosport sur l'avenir du tennis ! Ce samedi, après une après-midi très calme sur le court central de Roland-Garros, Rafael Nadal a fait clairement savoir ce qu'il pensait de l'organisation du circuit ATP actuelle. Interrogé sur le fait que Juan Martin Del Potro rencontrait trop tôt Novak Djokovic (problème du classement protégé), le N.1 mondial a lancé plusieurs tirades sur le calendrier : "Il nous faut, pour les prochaines générations, des changements, et du temps pour s'entraîner ! Deux mois au moins à la fin de la saison pour travailler et nous améliorer."

Quand on évoque la pression qu'il ressent, Nadal assume : "La pression c'est ma vie". Mais il se révolte aussi contre les cadences infernales : "Je n'ai pas passé une semaine chez moi depuis la Coupe Davis. C'est trop. Le tennis est un sport exigeant, physiquement et mentalement... Je gagne Roland-Garros mais après je dois m'entraîner pour le Queens. C'est ce qui raccourcit les carrières !"

Le moindre changement, c'est la fin du monde pour le "Tour"


Nadal insiste sur les difficultés à rassembler et protéger les meilleurs joueurs toute l'année : "Le Tour a l'impression que le moindre changement est la fin du monde mais si le Tour veut avoir des Federer et Nadal dans les tournois, il va falloir s'adapter..." Et il confie, chose assez rare, les efforts qu'il fournit pour aller dans ce sens : "La façon dont le classement est fait aujourd'hui ne laisse pas beaucoup de marge aux joueurs en cas de blessure, je l'ai dit au conseil des joueurs mais certains sont satisfaits. Le cas Del Potro illustre pourtant les difficultés. C'est fatiguant de se battre toujours pour tous les changements nécessaires..."

" Je ne verrai pas ces changements "

On se souvient de Nadal, luttant avec Federer pour le maintien du statut du tournoi de Monte-Carlo en Masters, mais on ne connaissait pas cette facette du révolté. "Je ne verrai pas ces changements, ajoute-t-il conscient des efforts considérables à fournir. Une déclaration qui fait écho à celle de Patrick Tsobanian, co-directeur du tournoi de Madrid en marge du débat Eurosport jeudi : "Il faudra du temps pour changer la situation actuelle, car il y a trop de personnes impliquées dans les décisions."

Nadal est sur la même longueur d'ondes : "Il y a beaucoup d'intérêts dans le tennis. On ne peut pas dire aujourd'hui à de nombreux tournois : "C'est fini", mais il faudra diminuer les tournois. Car on est obligé de les jouer pour garder le classement !" Le grand Rafa est-il prêt pour bouleverser le circuit ? On ne l'a pas encore vu sur Twitter mettre le hashtag #tennisrevolution à la mode... Après quelques sorties médiatiques de la sorte, certains acteurs du tennis professionnel pourraient être tentés de l'encourager.
J.C.


PROGRAMME DE DIMANCHE

Place au début des huitièmes de finale, dimanche (dès 11h00), avec notamment le choc entre Richard Gasquet et Novak Djokovic. Aussi en lice, Gaël Monfils, Marion Bartoli ou encore Roger Federer.
Richard Gasquet, Marion Bartoli et Gaël Monfils disputent dimanche les huitièmes de finale à Roland-Garros.(REUT)

Court central

Vera Zvonareva (RUS/n°3) - Anastasia Pavlyuchenkova (RUS/n°14) 1-0
Stanislas Wawrinka (SUI/n°14) - Roger Federer (SUI/n°3) 1-8
Richard Gasquet (FRA/n°13) - Novak Djokovic (SRB/n°2) 1-4
Marion Bartoli (FRA/n°11) - Gisela Dulko (ARG) 4-0

Court Suzanne-Lenglen

Fabio Fognini (ITA) - Albert Montanes (ESP) 1-3
Jelena Jankovic (SRB/n°10) - Francesca Schiavone (ITA/n°5) 3-1
David Ferrer (ESP/n°7) - Gaël Monfils (FRA/n°9) 0-2
Daniela Hantuchova (SVK/n°28) - Svetlana Kuznetsova (RUS/n°13) 4-7
# 29/05/2011 à 23:52 Nico
RESULTATS DE DIMANCHE

Ferrer - Monfils 4-6,6-2,5-7,2-0

Federer - Wawrinka 6-3,6-2,7-5
Fognini - Montañés 4-6,6-4,3-6,6-3,11-9
Djokovic - Gasquet 6-4,6-4,6-2


"Je comprends pourquoi Nadal a perdu"

Richard Gasquet n'avait encore jamais joué face à Novak Djokovic cette saison sur terre battue. Le Biterrois a ainsi pu estimer à sa juste valeur le jeu du Serbe sur cette surface : plus rapide, plus efficace. Plus impressionnant en somme que Rafael Nadal. Pour le Français, c'est bien lui le favori.

Quel est votre état d'esprit après cette défaite face à Novak Djokovic ?

Richard Gasquet : Je ne sors pas si frustré que ça de perdre face au meilleur joueur du monde actuel. Mon tournoi reste bon malgré tout car j'ai battu trois joueurs compliqués. Je tombe sur lui dès les huitièmes de finale, c'est dommage. J'ai fait un bon tournoi, je suis content d'avoir passé le 3e tour. Je me suis régalé. Il y avait beaucoup de public, j'ai fait de super matches. J'ai fait des trucs intéressants, encourageants pour la suite. J'attends Wimbledon avec beaucoup d'envie, d'autant plus maintenant que j'ai perdu...

Qu'est-ce qu'il faudrait faire selon vous pour le dominer ?

R.G. : Pour battre Djokovic, il faut tout faire bien. Être excellent du début à la fin. Il te pousse à bout, il t'enlève beaucoup de temps. Il retourne incroyablement bien et sert très bien. Il laisse peu de temps pour jouer. Il joue long. En revers, j'étais dépassé. Pour organiser son jeu, c'est presque impossible. Il reste à un niveau élevé tout au long du match. Il fait un match parfait, il frappe fort, il ne fait pas de fautes. Son revers est monstrueux.

Qu'est-ce qu'il vous a manqué le plus ?

R.G. : Mon seul regret est d'être arrivé fatigué par rapport aux autres matches. J'aurais pu mieux faire si j'avais eu un peu plus d'énergie. J'ai l'impression qu'il n'a pas de fatigue, qu'il perd peu d'énergie. J'ai eu beaucoup de problèmes sur ses jeux de service. Cela allait très vite, lui aussi dans ses phases de jeu. Les balles étaient assez bizarres d'ailleurs, elles giclaient sur le court. Lui, il les contrôlait bien par contre.

Quel serait le point le plus impressionnant chez lui ?

R.G. : Ce qui m'a impressionné le plus est qu'il n'a eu vraiment aucun point faible sur l'ensemble de la partie. Il ne baisse jamais de rythme. Il joue vite, il tape à plat et m'a mis sous pression en retour. Il se fatigue moins vite que les autres, physiquement il est très impressionnant. Très peu de mecs peuvent le battre. J'avais moins de jus que lors des deux derniers tours. C'était difficile de rivaliser avec lui.

Vous qui avez joué Nadal et Djokovic sur terre battue cette saison maintenant, lequel pour vous reste favori ?

R.G. : Les deux restent favoris. Mais Djokovic prend la balle plus tôt que l'Espagnol. Le Serbe est tout à fait capable de le battre encore. Je comprends pourquoi Nadal a perdu à Rome et Madrid...
eurosport.fr


PROGRAMME DE LUNDI

Alors que Gaël Monfils va conclure son huitième de finale contre David Ferrer, débuté dimanche, Gilles Simon affronte Robin Söderling pour une place en quarts. Début des matches à 11h00.

Court central

Li Na (CHN/n°6) - Petra Kvitova (RTC/n°9) 0-1
Rafael Nadal (ESP/n°1) - Ivan Ljubicic (CRO) 6-2
Gilles Simon (FRA/n°18) - Robin Soderling (SUE/n°5) 2-4
Maria Sharapova (RUS/n°7) - Agnieszka Radwanska (POL/n°12) 6-1

Court Suzanne-Lenglen

Alejandro Falla (COL) - Juan Ignacio Chela (ARG) 1-1
David Ferrer (ESP/n°7) - Gaël Monfils (FRA/n°9) fin du match démarré dimanche
Ekaterina Makarova (RUS) - Victoria Azarenka (BLR/n°4)
Andy Murray (GBR/n°4) - Viktor Troicki (SER/n°15) 3-0
Andrea Petkovic (ALL/n°15) - Maria Kirilenko (RUS/n°25) 2-0
# 30/05/2011 à 23:33 Nico
RESULTATS DE LUNDI

Monfils - Ferrer 6-4,2-6,7-5,1-6,8-6

Murray - Troicki 4-6,4-6,6-3,6-2

Nadal - Ljubicic 7-5,6-3,6-3
Söderling - Simon 6-2,6-3,7-6(7/5)
Chela - Falla 4-6,6-2,1-6,7-6(7/5),6-2


Nadal se fait violence

En 2h26', Rafael Nadal s'est défait du Croate Ivan Ljubicic (7-5, 6-3, 6-2). L'Espagnol se hisse ainsi en quarts où il croisera la route de... Robin Söderling.

Rafael Nadal n'est pas guéri, mais il se soigne. Face à Ivan Ljubicic lundi, on a par moments revu du grand Nadal, conquérant en coup droit, acharné en défense et rentrant dans le court avec assurance. Mais on a aussi revu encore le joueur qui, depuis le début du tournoi, a bien du mal à garder sa ligne directrice.

Il a fallu véritablement attendre 5-5 dans le premier set pour voir le n°1 mondial sonner la révolte. Avant, il a mené 3-1 balles de 4-1 pour aussitôt reculer et se faire rejoindre par l'expérimenté Croate qui lâchait de plus en plus ses lourdes frappes. Agacé de voir encore le scénario se répéter, ''Rafa'' a pris sur lui et a fait ces quelques incursions en plus dans le court et vers le filet qui ont tout changé. Plus qu'un changement tactique, c'est un nouveau départ dans les intentions affichées. Une voie vers laquelle il sait qu'il doit de toute manière tendre, comme il l'a confié par la suite.

Du mieux dans les intentions

Le conquérant a pris le pas sur le joueur dont la confiance en a pris un coup ces derniers mois. Les deux derniers sets n'ont pas forcément été très égaux du point de vue qualité mais ils ont été incroyablement meilleurs au niveau de l'approche. Les regards agacés voire perdus vers son clan ont ainsi laissé place aux poings serrés, aux encouragements sonores et à une attitude globale bien plus proche du patron du circuit qu'il est encore. Certes, l'adversaire du jour ne lui a pas fait payer ses errances et occasions. Un constat un peu étonnant de la part de Ljubicic qui a commis beaucoup de fautes et a un peu manqué d'audace. A croire que voir Nadal parfois fébrile perturbe même l'opposition. Pour combien de temps ? Peut-être suffisamment longtemps pour que l'Espagnol bascule de nouveau en mode patron de l'ocre.
C.B.


Nadal : « Je ne suis pas si loin»

Vainqueur d'Ivan Ljubicic lundi, Rafael Nadal a reconnu qu'il avait encore du mal à être régulier et que son niveau actuel n'était pas suffisant. Mais il ne baisse pas les bras.

«Rafael Nadal, aujourd'hui il y a eu des hauts et des bas, mais au final c'est une victoire en trois sets...

Oui, c'est un très bon résultat, dans des conditions difficiles et face à un adversaire qui ne donne pas beaucoup de rythme. Mais je dois encore améliorer ma position sur le court et vraiment plus rentrer dedans. Je dois aussi mettre plus de conviction dans mes frappes. Aujourd'hui, j'ai réalisé de beaux points mais tout de suite suivis de très mauvais. C'est mon problème en ce moment. Il faut que je retrouve de la régularité.

Comment vivez-vous ce début de tournoi où à l'évidence les sensations ne sont pas très bonnes ?

Les années précédentes je n'ai pas forcément très bien joué non plus, à part en fin de tournoi. Maintenant, il faut être réaliste : je ne joue pas suffisamment bien aujourd'hui pour prétendre gagner le tournoi. Je vais essayer d'atteindre le niveau suffisant pour le faire évidemment. Je sens en plus que je ne suis pas si loin. Le prochain match sera donc très important. Si je le gagne avec la manière, qui sait... Dans tous les cas, j'ai déjà gagné cinq fois ici et je ne suis pas obligé de gagner une sixième fois cette année. Je reste optimiste malré tout car c'est la seule attitude à avoir afin de trouver les solutions sur le court. On parle depuis le début du fait que je joue mal en ce moment, et c'est vrai, mais je suis quand même en quart. Parfois il est plus important de gagner sans bien jouer.

A la place de Novak Djokovic, comment vous sentiriez-vous avec quatre jours de repos en plein milieu d'un tournoi du Grand Chelem ?

Fantastique. (il rigole) Franchement, ce serait une très bonne nouvelle. Pourquoi penser le contraire ? Il en est à plus de quarante matches gagnés cette saison : vous croyez qu'il va manquer de rythme tout d'un coup ? (sourire). Il est en bonne position. La mienne n'est pas mal non plus si on regarde bien : je n'ai perdu que face à lui cette saison sur terre battue, il y a un joueur meilleur que moi en ce moment mais je suis encore n°1 mondial pour une semaine de plus et je reste dans une bonne position pour finir la saison dans les premiers mondiaux. Si je perds le prochain match, tout ce que cela voudra dire c'est que le lendemain je commencerai la préparation pour la saison sur gazon.»
C.B.


PROGRAMME DE MARDI

Court Central (à partir de 14h00)

Anastasia Pavlyuchenkova (RUS/n°14) - Francesca Schiavone (ITA/n°5) : 1-1
Gäel Monfils (FRA/n°9) - Roger Federer (SUI/n°3) : 1-5
Suivi d'un double hommes

Court Suzanne-Lenglen (à partir de 14h00)

Andy Murray (GBR/n°4) - Viktor Troicki (SER/n°15) : 4-6, 4-6, 6-3, 6-2...
Lipsky (USA)/Ram (USA) - Llodra (FRA)/Zimonjic (SER)
Svetlana Kuznetsova (RUS/n°13) - Marion Bartoli (FRA/n°11) : 2-1
Suivi d'un double hommes
# 01/06/2011 à 00:17 Nico
RESULTATS DE MARDI

Murray - Troicki 4-6,4-6,6-3,6-2,7-5

Federer - Monfils 6-4,6-3,7-6(7/3)


Federer : «Contre Gaël et le vent»

Satisfait de sa prestation et soulagé par sa victoire en trois sets contre Gaël Monfils, Roger Federer n'a toujours pas perdu un set du tournoi et s'estime au meilleur de sa forme.

«Roger Federer, comment analysez-vous votre match ?

Je suis content. Gagner trois sets à zéro contre Gaël à Paris dans ces conditions, je ne peux qu'être content. Malgré mon début de match difficile, je suis satisfait d'être revenu et d'avoir réalisé finalement un bon match dans des circonstances difficiles. Je me fais breaker dans les trois sets, cela montre bien que ce n'était pas un match facile. C'était difficile, il fallait jouer contre Gaël et les conditions. Je suis très soulagé de ma performance aujourd'hui.

Votre statut d'outsider vous permet-il de jouer complètement libéré ?

Je ne pense pas. Je joue bien, je gère bien mes matches. Sur le service et le retour, les deux coups les plus importants en tennis, je ne sens pas de pression. Je domine mon service. Quand je veux servir un service dans le coin par exemple, j'ai l'impression que j'arrive à le faire. On n'a pas toujours ce feeling. Sur le retour, je trouve que j'ai du temps pour relancer. Cela vient d'une bonne saison, je n'ai pas mal joué lors des trois derniers tournois sur terre. Certains pensaient que je n'étais pas au meilleur de ma forme, mais je l'étais et je le prouve pendant ce tournoi jusqu'à présent.

Vous affrontez Novak Djokovic en demi-finale. Que devez-vous changer par rapport à vos trois dernières confrontations ?

Nous nous sommes affrontés à six ou sept reprises lors des six derniers mois, mais c'est différent car c'était de l'indoor ou du dur. Là, c'est de la terre. Comme on a pu le voir aujourd'hui, les conditions peuvent changer avec le vent ou la pluie. Ce sont des petites choses qui peuvent faire une grande différence. L'un comme l'autre, nous jouons de manière agressive et nous essayons de prendre du temps à l'adversaire. Cette saison, il joue fantastiquement bien, je dois donc pratiquer mon meilleur tennis. J'ai deux jours de repos pour me préparer. Je ne pense pas changer beaucoup de choses, mais il y a beaucoup de choses qui changent parce que c'est un match de terre battue. Cela fait un moment que nous nous ne sommes pas affrontés sur terre, nous verrons bien comment cela se passera. » - S.D.


PROGRAMME DE MERCREDI

La suite des quarts de finale, mercredi (dès 14h00), va donner lieu à un remake de la dernière finale masculine : Rafael Nadal et Robin Söderling se retrouvent en effet sur le Central.

Court Philippe-Chatrier

Li Na (CHN/n°6) - Victoria Azarenka (BLR/n°4) 3-1
Rafael Nadal (ESP/N.1) - Robin Soderling (SUE/n°5) 5-2

Court Suzanne-Lenglen

Maria Sharapova (RUS/n°7) - Andrea Petkovic (ALL/n°15) 2-1
Juan Ignacio Chela (ARG) - Andy Murray (GBR/n°4) 1-6
# 02/06/2011 à 00:04 Nico
RESULTATS DE MERCREDI

Nadal - Söderling 6-4,6-1,7-6(7/3)

Murray - Chela 7-6(7/2),7-5,6-2


Nadal domine ses démons

Rafael Nadal se rassure en dominant (6-4, 6-1, 7-6[3]) Robin Söderling, très fébrile avec le vent. En demi-finale, l'Espagnol affrontera Andy Murray.

Où en est Rafael Nadal ? Le stress, l'usure du pouvoir et une qualité de jeu en baisse érodent sa statue depuis le début de Roland-Garros. Il le dit lui-même après son huitième de finale : «Aujourd'hui, je n'ai pas le jeu pour gagner le tournoi.» Il évoque son anxiété et la pression publiquement : «Ça fait des années que je dois maintenir un très haut niveau, chaque jour. Ça fait beaucoup de stress.» Avant d'ajouter : «Dès qu'on reconnaît un problème, on peut l'affronter et trouver des solutions.» Pour démêler le sac de noeuds mental et physique, Robin Söderling se présente sur sa route. Et c'est un vrai problème, bien identifié. Rafael Nadal trouve une solution avec une victoire (6-4, 6-1, 7-6[3] en 2h35') pour retrouver Andy Murray en demi-finale. En trois sets, il vainc ses démons actuels et son démon de 2009.

«Si Nadal gagne son prochain match, on pourra dire qu'il est de retour aux affaires», a prévenu Ivan Ljubicic, le grand sage du circuit, battu en huitièmes par le Majorquin. Contre le Suédois, il est bien de retour aux affaires. Ce n'est plus le même, il est moins dominateur qu'en 2010, commet plus de fautes directes qu'en 2008, mais il gagne comme en 2005, 2006, 2007, 2008 et 2010. Quand l'adversité survient, le champion renaît. En montrant ses failles, il donne des informations à son adversaire, mais il change aussi de position. Il n'est plus l'immense favori et le Suédois n'est plus un simple outsider. La pression est bien partagée... Et Robin Söderling ne tient pas ses nerfs avec le vent tourbillonnant sur le central.

Avec son lancer de balle qui touche les étoiles et son déplacement sans ajustement très précis, le 5e mondial réalise un début de match catastrophique, et encaisse un double break en douze minutes. De son côté, le Majorquin joue plus profond, plus lourd, commet moins de fautes (13 au total pour 28 points gagnants), son bras se libère et ses jambes moulinent plus vite. Sur son île, Rafael Nadal a appris à jouer dans toutes les conditions. Joueur d'indoor, Robin Söderling tempête et multiplie les fautes directes (41 au total pour 37 points gagnants). Le n°1 mondial l'entraîne dans sa filière, le balade avec des courts croisés et utilise à merveille son service slicé de gaucher du côté de l'avantage.

Jusqu'à 6-4, 6-1, 2-0, le finaliste des deux éditions précédentes traîne sa peine, mais son adversaire ne "tue" pas le match. Dos au mur, Robin Söderling se libère, revient et s'offre même trois balles de break à 5-5 au troisième set. Mais Rafael Nadal hausse immédiatement son niveau de jeu avec deux bonnes premières balles slicées et un coup droit profond. Puis le tie-break résume le match. Le Suédois craque avec quatre fautes directes et une double faute. L'Espagnol assure avec un ace et un coup droit gagnant. Il peut bondir de joie. A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. Rafael Nadal avoue ses peurs et triomphe avec humilité.
S.D.


Nadal : «Mon meilleur match»

Après sa victoire contre Robin Söderling, Rafael Nadal estime avoir disputé son meilleur match du tournoi. Il reste concentré et mise sur le travail. Encore et toujours.

«Rafael Nadal, il y a deux jours, vous disiez ne pas avoir le niveau pour gagner le tournoi. Pensez-vous désormais pouvoir gagner le tournoi ?

Je ne sais pas. Je suis en demi-finale. C'est déjà un très bon résultat. Cela fait six demi-finales ici à Roland-Garros. C'est facile à dire et difficile à faire. C'est une excellente nouvelle et un résultat fantastique, notamment sans jouer mon meilleur tennis tout le tournoi. Aujourd'hui (mercredi), j'ai bien joué. Je pense avoir réalisé un très bon match contre un adversaire difficile. Maintenant je ne sais pas si je peux gagner le tournoi. J'ai aujourd'hui battu le 5e mondial et double finaliste. Nous verrons bien au prochain tour.

Au-delà du score et de la victoire, la manière vous satisfait-elle ?

Ma plus grande satisfaction demeure sans aucun doute l'amélioration de mon jeu. Bien sûr, je suis heureux d'être encore en demi-finale à Roland-Garros. J'ai pu surmonter une période difficile et je suis en demi-finale sans jouer mon meilleur tournoi. Aujourd'hui, j'ai réalisé mon meilleur match. Je bougeais mieux que lors de mes matches précédents. Je sentais que je couvrais mieux le terrain. Je m'améliore chaque jour et j'ai pu trouver des solutions. Je suis également satisfait d'être resté concentré tout le match. Je n'ai pas connu de baisse de régime face à un adversaire très difficile et qui est capable de réaliser de grands coups. Il ne m'a rien donné. J'ai dû me battre tout le match.

Comment avez-vous vécu le troisième set et son retour dans le match ?

Lors d'un quart de finale à Roland-Garros, on ne peut pas s'attendre à gagner 6-1, 6-1, 6-1. A 6-4, 6-1, 2-0, je jouais bien, mais j'ai commis plus de fautes, peut-être par nervosité. De son côté, il jouait bien. Je perds mon service parce que l'arbitre fait une faute sur mon service à 40-40, à mon avis. Quand tu sers sur la ligne, ton adversaire ne peut pas relancer. Le juge de ligne a dit faute après la frappe de Söderling. A ce moment-là, j'ai une grande chance de mener 3-0 et de terminer le match plus tôt. Mais c'est finalement positif de jouer et de gagner un tie-break. C'est bien de vivre une fin de match serrée où tu sens la pression. Cela peut m'aider pour le prochain match.

Quels ajustements avez-vous fait pour élever votre niveau de jeu ?

Il n'y a pas de secret, rien de magique. Comme je le dis souvent, j'essaie juste de donner le maximum à chaque entraînement, à chaque match et de rester positif tout le temps pour trouver des solutions. Aujourd'hui, j'ai trouvé des solutions. Je suis heureux d'être en demi-finale après une grosse victoire face à un adversaire difficile. Mais dans le sport, il n'y a pas de secret.»
S.D.
# 03/06/2011 à 00:31 Nico
Nadal-Murray, duel de styles

Rafael Nadal, quintuple vainqueur Porte d'Auteuil, retrouve vendredi Andy Murray, qui y dispute sa première demi-finale. Le duel semble déséquilibré, mais l'opposition des deux styles pourrait brouiller les cartes.


LES ENJEUX

Rafael Nadal : Comme depuis le début, c'est la victoire ou rien sous peine de perdre son dossard n°1. C'est aussi la victoire ou rien sous peine de ne pas avoir une chance d'égaler le record de six victoires de Björn Borg. Il le dit, il ne se sent pas obligé d'aller chercher ce record. Mais, il le dit aussi, rester n°1 mondial lui tient à coeur. De plus en plus même au fur et à mesure que Novak Djokovic se rapproche. Perdre son trône le jour de son 25e anniversaire, il y aurait mieux comme cadeau. Mais il s'agit aussi de garder la meute à distance et l'aura intacte.

Andy Murray : Si proche si loin. L'Ecossais rôde autour de ce premier titre en Grand Chelem, mais à chaque fois que ce trophée se dérobe, il subit une déception à la hauteur de ses attentes et de celles de son pays. Cette fois, le voilà de nouveau à la porte d'une finale. Perdre sur terre battue contre Nadal ne serait pas une surprise, ce qui le met dans une situation où il n'a rien à perdre. Attendu à Melbourne, l'US Open et évidemment Wimbledon, il n'y a en effet pas grand monde pour s'attendre à le voir terrasser Nadal à Roland-Garros.


LEURS PARCOURS

Rafael Nadal : S'il n'a jamais forcément joué son meilleur tennis dès le début les saisons passées, jamais il n'a donné autant de signes de fébrilité. Il a souffert mais a su se faire violence. Pessimiste avant Söderling, il a ensuite retrouvé sa sérénité autant que son coup droit. Il n'avait pas le choix et ne l'aura pas beaucoup plus vendredi. Arrivé encore sous le choc des claques prises face à Djokovic à Madrid et à Rome, ''Rafa'' semble en voie de guérison. D'autant plus qu'il a dans sa besace un titre à Monte-Carlo, un autre à Barcelone et deux finales. On connaît pire pour la confiance.

Andy Murray : Galère après galère, comme il l'a confié lui-même récemment. Demi-finaliste à Monte-Carlo puis à Rome, avec un set pris à Nadal et à Djokovic, l'Ecossais arrivait en forme. Mais il a enchaîné les incidents : blessure lors du premier entraînement, cheville foulée au troisième tour, une dent cassée et un niveau de jeu entre inspiration et désolation. Loin du compte en quarts face à Chela, il devra retrouver sa créativité et son agressivité. S'il reconnaît avoir laissé de l'énergie en cours de route, il nie ne pas être capable de se retrouver sur ce match. Une transformation dont l'imprévisible Ecossais est capable.


QUE DOIVENT-ILS FAIRE POUR GAGNER ?


Rafael Nadal
: Il doit cesser de cogiter. Son jeu sur terre battue est aussi naturel que son lift en coup droit. Mais son adversaire reste énigmatique, et ''Rafa'' n'aime pas ne pas savoir à quoi s'attendre. Le revers adverse a un potentiel de nuisance, mais s'il lâche son coup droit et impose sa cadence, il éteindra la révolte. Imposer le défi physique, tenir Murray loin de sa ligne et lui faire comprendre que les issues sont verrouillées. Dans un match en cinq sets, il part toujours favori. Le tout sera de ne pas se faire embrouiller les plans de jeu et de trouver de la longueur.

Andy Murray : Il n'y aura qu'une issue, celle de l'agression. Dans la lutte d'attente, il sera puni. Dans l'acceptation du défi physique, il sera laminé. L'Ecossais doit renoncer à l'attentisme et aller au combat. A Monte-Carlo, il a prouvé qu'il pouvait le faire. Certes, seulement un set. Il avait servi le plomb, était resté rivé sur sa ligne, avait enchaîné les offensives de revers pour s'ouvrir le court. La solution, il l'a. La caisse et les nerfs pour tenir des heures, on n'en jurerait pas. Nadal a une marge naturelle face à Murray sur ocre et son rival devra jouer le match parfait. S'ils jouent leur meilleur tennis en même temps, ou pourrait assister à un vrai combat des chefs.
C.B.


L'histoire en toute décontraction

A Roland-Garros, Novak Djokovic et Roger Federer vont jouer pour la 23e fois de leur carrière l'un contre l'autre. C'est la 6e fois qu'il se rencontrent en demi-finale d'un tournoi du Grand Chelem (trois victoires du Serbe), et pourtant, ce match dépasse de loin les simples statistiques.
A ma droite, 16 titres du Grand Chelem dont un à Roland-Garros, des records ahurissants (28 quarts de finale en Grand Chelem consécutifs pour n'en citer qu'un), et père de famille : Roger Federer. A ma gauche, un jeune homme souriant et dynamique, invaincu depuis la finale de la Coupe Davis 2010, qui pourrait devenir N.1 mondial dès lundi : Novak Djokovic. Ne vous méprenez pas, ces deux joueurs ne vont pas faire une exhibition sur le court central de Roland-Garros.

Vendredi, en demi-finale du tournoi, il y a suffisamment d'enjeux pour prendre au sérieux la 23e confrontation entre ces deux là. Nous ne parlerons pas ici de l'extraordinaire cumul de défis pour le Serbe (la place de N.1 mondial, sa première finale à Roland-Garros, le record de victoires consécutives de John McEnroe), nous nous concentrons sur ce qui représente selon nous un premier moment crucial du circuit, avant même la finale.

La situation de Djokovic ? Federer "sait ce que c'est"...

Si les deux champions exceptionnels proposent, chacun dans des styles différents, une décontraction à toute épreuve, leur rivalité sportive n'a pas encore atteint l'équilibre des duels Federer-Nadal. Federer, soulagé de ne plus être en première ligne, a parlé d'impatience au sujet de ce match : "J'ai déjà gagné Roland Garros", souligne-t-il pour situer les positions. "Je sais que Novak a cette série de victoires consécutives. Cela m'est arrivé également, en 2004, lorsque j'étais près d'être numéro un aussi. C'est la même situation."

Presque de la nostalgie ? Pas vraiment. Federer joue mieux cette année que l'an passé, Roger a pris de la hauteur, mais le compétiteur est à l'affût : "Bien sûr, j'aimerais bien être en finale d'un Grand Chelem, parce que je n'ai pas fait cela depuis quelques Grands Chelems. Il n'y a rien de bien grave pour moi. Ce qui compte, c'est d'avoir ses chances à saisir". D'où l'impatience : "C'est vrai, j'attends avec impatience ce match. On joue généralement bien l'un contre l'autre. En Australie, c'était super, Indian Wells aussi, même si le match était décevant."

"J'adore ce gars"

Novak Djokovic n'a battu Federer que 9 fois sur 22, mais depuis sa défaite au Masters de Londres fin 2010, il n'a perdu qu'un set, à Indian Wells, pour trois victoires très convaincantes (Open d'Australie, Dubaï, Indian Wells). Dominer Federer trois fois de suite est encore un exploit, et si la page historique pour ne pas dire légendaire n'est pas encore tournée, le Serbe pourrait écrire les lignes les plus importantes de sa propre histoire dès vendredi. Federer, qui, depuis que Djokovic est sur le circuit, demande toujours à voir, plutôt que de croire sur parole : "Je pense que l'histoire d'être numéro un, c'est LA question pour lui, maintenant. Et pas vraiment la série de victoires de McEnroe"...

A cette contre-plongée du Suisse, Novak Djokovic répond par un aplomb étonnant. Très loin des sorties perçues comme arrogantes à son arrivée sur le circuit (Ses déclarations : "Je veux être N.1 mondial", ses imitations: le slip de Nadal, etc.), il assume aujourd'hui parfaitement à la fois sa personnalité et ses ambitions. "J'adore ce gars", disait John McEnroe lui-même cette semaine, convié à une séance d'entraînement impromptue à Jean Bouin pendant les jours "off" de Djokovic, dispensé de quart de finale après le forfait de Fabio Fognini. Le Serbe a enchaîné cette saison avec autant de plaisir et d'application, la compétition et les extras (promotions, émissions, animations en tout genre).

"Mon objectif est de devenir N.1 mondial"

Très loin de la sobriété classique du Suisse, Djokovic régale l'assistance tout aussi bien de ses revers "lasers" (la formidable expression découverte ces dernières semaines dans la presse !) que de ses pas de salsa ou de ses défilés de mode à Cannes. Cela peut être déconcertant vu de l'extérieur. Cela ne le déconcentre pas lui. A l'instar de Roger, Novak possède cette faculté de ne jamais perdre de vue l'essentiel.

A la différence de son rival du jour, il a su très tôt ce qu'il voulait: "Mon objectif est de devenir N.1 mondial et ça le sera jusqu'à ce que j'y arrive". Djokovic a formulé l'ambition de devenir un jour le patron du circuit dès l'âge de douze ans, lorsqu'il fuyait les bombes pleuvant sur l'ex-Yougoslavie pour rejoindre l'Académie de tennis de Niki Pilic en Allemagne, à Munich. Roger Federer lui, avait des posters de grands sportifs dans sa chambre. Marquer l'histoire de son sport, c'est devenu ensuite une évidence pour le surdoué suisse. Federer a représenté une forme idéale du tennis, aérienne et classique.

Incarner un idéal du tennis

Sur le court, Federer transforme la vitesse et la fluidité pour déborder l'adversaire. Il dose son effort, et il s'ajuste pour y parvenir. Djokovic utilise la vitesse pour s'imposer dans l'espace du court. D'un côté, le jeu, l'échange y est vécu comme un duel nécessaire, de l'autre, le court est un espace à conquérir et quadriller. Federer a eu un temps le beau rôle, celui du joueur génial puis Rafael Nadal lui a opposé un style et une énergie inédite, plus tellurique.

Aujourd'hui, Djokovic est en mesure d'incarner un nouvel idéal, mêlant célérité et précision comme le laser. A Roland-Garros, en attendant Wimbledon, le temple du tennis moderne version Federer ou Nadal, cela passe par une demi-finale qui va bien au-delà des records et des statistiques, puis par une éventuelle finale. Une nouvelle dimension du tennis est à sa portée.
J.C.


PROGRAMME DE VENDREDI

Court central - A partir de 14H00


Rafael Nadal (ESP/n°1) - Andy Murray (GBR/n°4) 10-4

Roger Federer (SUI/n°3) - Novak Djokovic (SRB/n°2) 13-9
# 03/06/2011 à 23:56 Nico
RESULTATS DE VENDREDI

Nadal contre vents et Murray


Le tenant du titre Rafael Nadal s'est qualifié vendredi pour la finale en dominant Andy Murray (n°4) en trois manches (6-4, 7-5, 6-4) et 3h17' de jeu.

Rafael Nadal est tout proche du sixième ciel. Tombeur successivement de Robin Söderling et Andy Murray, le quintuple vainqueur vient de balayer une bonne partie des doutes que lui-même avait sur son jeu et que les suiveurs commençaient également à soulever. Sur un court Chatrier assiégé par le vent, le n°1 mondial a très bien joué le coup tactiquement et a fini par faire plier un Ecossais dont les nerfs n'étaient pas assez solides pour se battre contre Nadal, les bourrasques et lui-même.

Une question de caractère. A ce stade de la compétition et entre deux joueurs de ce niveau-là, certes les plans tactiques sont importants, mais l'attitude l'est encore plus. Nadal, du début à la fin, est resté d'une concentration et d'un calme de ténor. Murray, du début à la fin, a tenté de calmer la frustration quasi constante dans laquelle il évolue. Que ce soit à cause du vent, d'une faute, d'un coup décentré ou d'un coup gagnant adverse, l'Ecossais a toujours une bonne raison de hocher la tête, dépité. En face, Nadal est tout aussi frustré quand il se retrouve à 5-4 face à deux balles de break, alors qu'il a mené 5-1 au premier set, mais jamais il ne sort de son match. Au pire il grimace et jette un regard agacé à son clan. Mais sur le point d'après, la machine est prête au combat. Le scénario s'est répété à chaque tournant du match : la troisième balle de set finalement convertie, les deux balles de break écartées en début de deuxième set, et encore celles sauvées à 3-2 puis 4-3 dans le dernier set. Avoir la tête froide, ça paie. Les nerfs à vif, beaucoup moins.

Nadal, main de fer et nerfs d'acier

Une victoire en trois sets donc, ou comment ne jamais oublier que Rafael Nadal est lui aussi un très grand tacticien. Quand on pense stratège, on serait parfois tenté de penser Murray. Mais qu'il a été rusé l'Espagnol lors de cette demi-finale. Sur une surface qui l'avantage évidemment, il s'est plus imposé par ses bons choix que par sa plus grande puissance en coup droit ou son sens de la glisse. Murray lui avait préparé des attaques de revers très courtes et croisées, des diagonales à grande vitesse sur son revers et une agression en règle de la deuxième balle. Seulement le plan anti-Murray de l'Espagnol s'est avéré bien plus efficace.

Dans un nouveau bon jour que ce soit dans ses frappes ou son jeu de jambes, il a donné une leçon de contre à un spécialiste du genre. Combien de coups droits le long de la ligne sur des attaques de revers ? Combien de revers gagnants croisés alors que Murray attendait la faute ? Et toutes ces balles liftées très hautes en revers en plein milieu du court pour décontenancer un Murray privé de vitesse : un festival de très bonnes options. Au final, le réalisme et l'expérience énorme de Nadal dans ces matches sous haute tension ont payé. Que ce soit sur terre battue ou sur surface rapide, Nadal continuera d'avoir l'avantage sur Murray tant que ce dernier ne pourra pas atteindre le niveau de concentration de l'Espagnol. Ce dernier a la conviction gravée au fond des tripes qu'il peut gagner dans n'importe quelle condition et face à n'importe qui. Au moment d'aller chercher une sixième victoire Porte d'Auteuil, c'est une qualité qui n'a pas de prix.
C.B.


REACTIONS

Rafael Nadal (ESP/n°1, qualifié pour la finale) :

«Je suis ravi de la manière dont j'ai tenu aujourd'hui parce que les conditions étaient difficiles. Au final, ce sont des petites choses qui ont fait la différence. J'ai un peu perdu mon chemin en route, à partir de 5-1, et le jeu à 5-4 avec le vent contre moi est, je pense, crucial pour la suite. Après je sais que le match va être long et que ça joue pour moi. Avec un vent pareil on a peur de trop en mettre dans la balle, qui de toute manière change de direction tout le temps. J'apprécie énormément Andy, que ce soit en tant que joueur ou en tant que personne. A chaque fois que je le bats je suis triste pour lui car il mérite vraiment de gagner un tournoi du Grand Chelem. Je pense toujours que ça arrivera. Il a le jeu et le talent pour. En plus il progresse constamment.»

Andy Murray (GBR/n°4, battu en demi-finale) :

«Je suis assez satisfait de mon jeu aujourd'hui même si évidemment je suis très déçu. Je pense que j'ai bien mieux fini le match que je ne l'ai commencé. Au début c'était vraiment difficile. Les conditions de jeu étaient très dures pour tous les deux et je n'ai pas toujours pu jouer comme j'en avais envie. Rafa a très bien servi et bien mieux négocié les points importants que moi. A 5-5 dans le deuxième set, j'ai des regrets car j'aurais bien voulu voir ce qui se serait passé si j'avais tenu mon service. Il y a eu beaucoup de jeux très serrés et très longs mais la plupart du temps c'est lui qui a eu le dernier mot. C'est compliqué face à lui car il faut l'agresser mais en même temps être patient. Je sais qu'il y a encore peu de temps, personne n'aurait misé sur moi pour bien jouer ici, donc le résultat reste positif. Rafa reste un bien meilleur joueur de terre battue que moi mais petit à petit je réduis l'écart. A moi de continuer à travailler et à progresser. Maintenant, je vais rentrer et prendre des avis pour ma cheville. Si on me donne le feu vert, je serai sur le gazon dans deux jours mais sinon je n'hésiterai pas à prendre du repos. Je ne peux pas dire à 100% que je jouerai au Queen's.»
C.B.


Exceptionnel Federer

Après un match exceptionnel, Roger Federer domine (7-6[5], 6-3, 3-6, 7-6[5]) Novak Djokovic à la tombée de la nuit et rejoint Rafael Nadal en finale.

Un champion ne meurt jamais... Ce vendredi à 21h36 dans la pénombre du central et dans une ambiance de feu, Roger Federer le prouve avec un match exceptionnel (7-6 [5], 6-3, 3-6, 7-6 [5] en 3h39') contre Novak Djokovic pour rejoindre Rafael Nadal en finale. En histoire, le Suisse en connaît un rayon avec ses seize titres du Grand Chelem et son guinness des records comme curriculum vitae. Invaincu depuis le début de la saison, le Serbe se présente comme un postulant sérieux à la succession.

Lors de cette demi-finale, il joue aussi pour écrire sa propre histoire et entrer dans la grande histoire avec le record égalé de John McEnroe (42 victoires d'affilée) et la première place mondiale empochée. Pendant ses cinq jours de repos, Nole a eu le temps d'y penser. Comme tous les grands, le Suisse n'aime pas l'ombre. Et pendant 3h39', il touche au sublime. Ses jambes le portent, son décalage de coup droit claque, son retour de revers slicé est un modèle du genre et son service apparaît comme le bras armé de son combat avec 18 aces. Sur sa ligne, le numéro 2 mondial tient, se bat, répond coup pour coup et les deux hommes proposent un match de PlayStation à une vitesse ahurissante.

Federer, service compris

En quatre sets, le numéro 3 mondial s'offre vingt-cinq balles de break et n'en convertit que quatre. Il sauve deux balles de premier set à 5-4 (15-40) grâce à une attaque de coup droit et un service gagnant. De quoi faire craquer le commun des joueurs ! Nole n'est pas de cette trempe malgré une baisse de régime au deuxième set. Rodgeur n'est pas de cette trempe. L'un s'accroche à ses certitudes d'invincibilité malgré deux sets de retard et sert même pour revenir à deux manches partout à 5-4. L'autre s'attelle à garder une qualité de jeu d'extraterrestre (68 points gagnants pour 46 fautes directes). Un champion, blessé dans son orgueil, est toujours dangereux.

Rafael Nadal et Novak Djokovic relèguent Roger Federer au troisième rang. Il n'aime pas les « strapontins» et il hausse la voix avec des volées de virtuose à l'image du troisième point du tie-break et des premières balles d'antan. Que dire de ce passing de revers d'anthologie à 3-3 au quatrième set ! Le Serbe préfère applaudir. Novak Djokovic dispute un excellent match, Roger Federer réalise un grand match. Son service, le baromètre de son jeu, donne un signal fort. Son émotion à la fin de la rencontre ne trompe pas. L'hommage du public scandant son nom à la fin du match répond à la fausse interrogation sur son déclin. Il ne faut pas confondre l'histoire et le passé. Roger Federer est dans l'histoire.
S.D.


REACTIONS

DJOKOVIC : «TOUT A UNE FIN»«

C'était un grand match. Dès le premier point du troisième set, j'ai essayé de commencé un nouveau match. J'ai servi pour le quatrième set, mais il a réussi quelques grands points. J'ai bien joué, mais il a vraiment très bien joué dans les moments importants. Je le félicite pour sa grande performance. Tout le mérite lui revient. C'était un grand tournoi. C'était les cinq meilleurs mois de ma carrière de tennis. Je ne peux pas me plaindre. Tout a une fin, je le savais. Malheureusement, cela arrive au mauvais moment. Mais c'est le sport et je vais continuer à travailler dur. »


Federer : «Un grand match»

Après avoir salué les spectateurs à travers la vitre de la salle de presse, Roger Federer revient sur son immense performance contre Novak Djokovic. Simplement satisfait car il reste un match.

« Roger Federer, est-ce votre meilleur match sur terre battue ?

C'est possible car c'était un des matches les plus attendus de ma carrière. Etre au meilleur de ma forme dans un tel match me rend très heureux. Je suis très fier de ma performance aujourd'hui, mais le tournoi n'est pas encore fini. C'est vrai que c'est un grand match, mais je ne pourrais pas le classer. Numéros 1, 2, 3 ou 27, ça m'est égal. L'important est d'avoir réalisé un très bon match contre un joueur très en forme. C'est une victoire très spéciale.

Quelle a été la clé de votre victoire ?

Il fallait que je reste avec lui mentalement et physiquement et que je n'ai pas peur d'engager l'échange. Il est très en confiance et il prend presque toujours la bonne décision à l'image des balles de break. Cela rend les choses assez compliquées, mais il faut rester calme. Le mental est un de mes points forts avec le physique. C'est exactement le match que j'ai espéré : super difficile au début, prendre l'avantage pour conclure en quatre ou en cinq sets. C'était vraiment un scénario parfait.

Vous n'avez pas atteint la finale d'un Grand Chelem depuis un an et demi. Le temps vous a-t-il paru long ? Avez-vous douté ?

Pas vraiment. Je suis passé à un point à l'US Open. Ensuite si je suis en finale contre Rafa à New York, j'ai une bonne chance de gagner même s'il est au meilleur de sa forme. Novak a très bien joué à l'US Open et en Australie, c'est comme ça. L'an dernier, j'ai eu un peu de peine ici et à Wimbledon. En même temps, Söderling et Berdych ont réalisé deux matches parfaits. Même au meilleur de ma forme, j'aurais peut-être aussi perdu. Il faut l'accepter et continuer à travailler. J'ai quand même toujours atteint les quarts ou les demies. Aujourd'hui, c'est un pas en avant. Maintenant j'aimerais gagner la finale même si je connais la difficulté contre Rafa.

Pensez-vous jouer votre meilleur tennis sur terre battue ?

Honnêtement, je me sens très bien. Je trouve que je bouge bien, je ne suis jamais stressé. Je joue juste. Je me sens bien au retour et au service. Je suis vraiment très content de mon jeu, mais je ne sais pas si c'est le meilleur. »
S.D.
# 04/06/2011 à 23:57 Nico
Nadal, «toujours spécial»

Rafael Nadal retrouve de nouveau Roger Federer en finale d'un tournoi du Grand Chelem. Une confrontation spéciale, pour le numéro 1 mondial qui vise un 6e titre.

«Rafael Nadal, comment abordez-vous ce nouveau duel face à Roger Federer face à qui vous avez souvent vécu des moments très forts ?

Oui c'est vrai, on a joué beaucoup de matchs fantastiques, comme la finale de Rome en 2006 et celle de Miami en 2005. Et puis, aussi en 2007 et 2008, bien sûr, la finale de Wimbledon, en Australie aussi en 2009. Il y a eu tellement de matches importants pour lui et pour moi, pour notre carrière et donc beaucoup d'émotions à la clé forcément. Voilà pourquoi c'est toujours spécial de l'affronter.

Etes-vous surpris de vous retrouver face à lui et pas face à Novak Djokovic ? Et cela change-t-il vos plans pour la finale ?

Non, je n'ai pas été surpris. Nous savons tous que Roger joue bien. Selon moi, sa saison est bonne. Il est impossible, toutes les semaines, de jouer son meilleur tennis. C'est un joueur fantastique, ce n'est pas une surprise pour moi de le voir à nouveau en finale d'un Grand Chelem. C'est un match un peu différent, c'est vrai. Mais je sais que je dois trouver mon meilleur jeu contre lui, parce qu'il joue très bien, notamment hier, c'était fantastique. Cela lui a sans doute donné un peu plus de confiance. Je connais très bien Roger, il n'y a rien de nouveau sous le soleil, il va être à nouveau agressif. Je vais essayer de jouer des balles longues, je vais essayer d'être constant, et d'être agressif lorsque j'en aurai l'occasion.

Il se pourrait que la pluie s'invite dimanche pour la finale. Est-ce un problème pour vous ?

Je préfère toujours lorsque le soleil brille, et lorsque la balle rebondit très haut avec mon lift. Pour mon jeu, c'est mieux si la balle est rapide, et si les rebonds sont très hauts. Si par contre il pleut, s'il y a des nuages, dans ce cas-là, en effet, les balles rebondissent moins et ça peut être un avantage pour lui. Mais je ne peux pas contrôler le temps ! (rires) Si c'est de la pluie, je me dirai que c'est bon pour moi, et si c'est du soleil, je me dirai que c'est bon pour moi aussi. Ce qui compte pour moi, c'est penser positivement.»
C.B.


Federer: "Nadal est mon véritable rival"

Pour Roger Federer, battre Novak Djokovic en demi-finales était dans la logique des choses. Seul Rafael Nadal, quintuple vainqueur Porte d'Auteuil, a l'étoffe d'un véritable adversaire digne de ce nom contre lui en finale de Roland-Garros. Des mots qui annoncent une nouvelle joute mémorable.

Est-ce que votre rencontre face à Novak Djokovic à Paris est le meilleur match sur terre battue de votre carrière ?

R.F. : En termes d'importance, c'était un match immense, un des plus attendus de ma carrière. Cela rend la victoire très spéciale. Je suis très fier de ma performance. C'était un grand match, après que ce soit le N.1, le N.2 ou le N.27, ça m'est complètement égal. Ce qui compte, c'est que joue très bien. Je bouge bien, je ne suis jamais stressé. Le mental est, avec mon physique, un point fort de mon jeu. C'est exactement le match que j'espérais, difficile au début, passer devant et conclure en 4 ou 5 sets. Une chance, j'ai fini le jour même sans avoir besoin de revenir...

En regardant le match, certains d'entre nous se sont dit que c'est du tennis "vintage", comme en 2008. Êtes-vous d'accord avec cela ?

R.F. : Oui, éventuellement. Mais je n'ai quand même pas disparu depuis 2008, j'ai quand même joué quelques bons matches et fait quelques sacrifices aussi, je n'étais pas en train de me bronzer sur la plage. Je suis ravi d'avoir fait ces efforts qui m'amènent encore en finale cette année. Surtout comme un match compte comme cette demi-finale a compté.

Avez-vous conscience d'avoir réussi un match d'un niveau exceptionnel ?

R.F. : Oui tout de même ! C'est tout de même nous qui avons couru. J'ai bien conscience que, parfois, il fallait faire un point de dingue pour le remporter. On a évolué à un très haut niveau pendant très longtemps. Je voulais rendre le combat le plus physique possible. Le premier set a été immense. Je sais que Novak avait beaucoup de pression en entrant sur le court et je trouve qu'il l'a très bien gérée. Il a pratiquement poussé jusqu'au 5e set. J'ai été ravi de jouer contre lui. Je lui ai dit que son record parle tout seul. On a fait un super match, je me suis régalé, je m'estime privilégié de pouvoir vivre de tels moments.

Quelles ont été les clés de la victoire ?

R.F. : La fin du premier set et le début du deuxième ont été déterminants. Je ne donne pas facilement un match quand j'ai deux sets d'avance. Honnêtement j'étais confiant, je n'ai jamais pensé que ce match pouvait m'échapper. A la fin, ça a été un combat mental aussi. On savait qu'à la fin du quatrième set c'était fini quoiqu'il arrive, à cause de l'obscurité. Il y avait cette menace de devoir revenir demain. Je suis soulagé que ce ne soit pas le cas.

Cela faisait un an et demi que vous n'aviez pas atteint la finale d'un Grand Chelem (depuis l'Open d'Australie). Le temps ne vous a pas paru long ?

R.F. : Non pas vraiment. A un point près, je serais passé à l'US Open... Novak avait très bien joué à New York, puis à Melbourne en début de saison. Maintenant, c'est mon tour. Cette finale face à Rafa, je vais vraiment l'apprécier. Je pense que j'ai une bonne chance de gagner même s'il est au meilleur de sa forme.

Comment voyez-vous la finale contre Nadal ?

R.F. : J'attends ça avec impatience car Rafa est mon véritable rival depuis toutes ces années. Pour qu'une finale de Roland-Garros soit vraiment spéciale, il a besoin d'être en finale. C'est l'affiche que j'espérais. Je sais que ce ne sera pas une promenade de santé. Mais même quand je n'ai gagné que quatre jeux contre lui en 2008, je ne me suis jamais découragé. C'est pourquoi j'ai gagné ici en 2009 un des titres les plus importants de ma vie. Là, j'ai une nouvelle opportunité. Je sais que je vais devoir jouer un tennis extraordinaire pour soulever la Coupe à nouveau.

Le public vous a beaucoup aidé durant cette quinzaine ?

R.F. : Beaucoup même. La façon dont le public me soutient ici est phénoménale. Ce serait normal en Suisse, quand je joue là-bas, que les gens soient derrière moi, mais on n'a pas de Grand Chelem chez nous. Alors recevoir une telle ovation à l'étranger, ça me rend très heureux et très fier. Cela nourrit ma motivation dans le match même, mais aussi pour continuer à jouer le plus longtemps possible et à voyager tout au long de l'année.

Certains font des traces avec leur raquette sur le court ou envoient des baisers pour remercier le public. Vous n'avez jamais pensé à faire quelque chose en particulier ?

R.F. : Si, améliorer mon français... Je fais encore plein de fautes. Je n'ai pas l'impression de devoir faire quelques chose en particulier. Les gens savent à quel point j'adore Roland-Garros, à quel point ce tournoi me tient à coeur, ça suffit largement.
S.P.


Agassi vote Nadal


Andre Agassi, venu à Roland-Garros pour parler des projets de sa fondation (75 écoles publiques construites aux Etats-Unis) a accepté de servir d'arbitre avant la finale entre Rafael Nadal et Roger Federer.

NADAL PART FAVORI

Pour Andre Agassi, la donne est simple : Rafael Nadal a la maîtrise de la situation plus que Roger Federer.

«Nadal est plus à l'aise face à Federer que l'inverse donc oui je pense qu'il est favori. Il n'a perdu qu'un match ici et y a déjà battu Roger plusieurs fois. Nadal a joué en champion sur ce tournoi en haussant progressivement son niveau de jeu. La pire chose à faire c'est d'essayer de jouer de manière fantastique quand tu n'en as pas besoin. Il laisse l'autre lui prouver de quoi il est capable et il s'adapte. Demain, il va être très à l'aise car il sait quoi faire. Il n'est pas aussi confiant que d'habitude, mais ça n'a aucune importance quand on affronte un joueur qu'on connaît par coeur (les deux joueurs se sont affrontés 24 fois, ndlr). J'ai joué Pete Sampras en finale de l'US Open 2002 et il ne jouait pas si bien que ça dans les matches précédents. Et puis il m'a vu de l'autre côté du filet pour une finale : le reste ne comptait plus. Ce sera la même chose.»

Mais l'Américain a été surpris par la prestation du Suisse face à Djokovic, donc il n'écarte pas une récidive dimanche : «Roger s'est montré agressif aux bons moments. C'était spectaculaire. Je ne m'attendais pas à le voir jouer comme ça. Tout est impressionnant chez lui quand il joue bien. Battre Djokovic a dû lui donner une grande confiance. Je ne pense pas en revanche qu'il sera plus confiant parce qu'il a gagné en 2009, mais il sera plus détendu. Je m'attends à un match intense et de très bonne qualité.»

LES CLES DU MATCH

Entre Nadal et Federer, l'effet de surprise ne jouera donc plus. Alors comment faire basculer la rencontre ?

«Contrôler la balle de Nadal sera la clé pour Federer, mais s'il fait moins beau et plus lourd, ça empêchera la balle de Nadal de gicler si haut ce qui est toujours un problème sur le revers de Roger. Rester au fond du court ou monter au filet ? Si tu restes au fond tu vas devoir prendre des risques, car une fois que Nadal prend le contrôle, il ne relâche plus. Si tu viens au filet, il vaut mieux le faire parfaitement sinon c'est le passing gagnant car il a un jeu de jambes sensationnel. Federer va devoir s'appuyer sur son coup droit pour dicter le jeu car s'il doit frapper trop de revers Nadal dirigera. J'ai joué Nadal en fin de carrière au Canada : il mettait tellement de lift et avec tellement de contrôle que je devais encore prendre plus de risques. Soit tu tapes la balle parfaitement soit tu pars à la faute. Donc tu dois reculer et en plus très bien bouger. Pour Nadal, la clé c'est de continuer sur sa lancée : il a la conviction qu'il va battre Federer et il va se battre du début à la fin. Il ne doit se concentrer que sur lui et son plan de jeu qui va être très clair : faire jouer l'adversaire dans l'urgence, en imposant une pression constante et ce dès le premier point.»

NADAL ET LA PRESSION

Le n°1 mondial a lâché en début de tournoi qu'il commençait à sentir la pression de toutes ces saisons très fructueuses. Au moment de viser le record de Björn Borg (6 titres Porte d'Auteuil), peut-il craquer ? Agassi n'y croit pas.

«La pression, on s'en sort comme lui le fait : en en parlant, en la reconnaissant et en se battant avec. A un moment c'est le temps qui va gagner donc la question est : jusqu'à quand va-t-il pouvoir se battre contre ça ? Je lui rappellerai qu'il n'a que 25 ans et donc beaucoup de temps devant lui. Il fait tout pour que les gens aient l'impression que c'est facile, mais il ne me fera jamais croire ça. Cela lui prend une énergie énorme physiquement de se déplacer si bien, ça lui prend une énergie énorme de se concentrer et de se battre sur chaque point, tout comme de se garder émotionnellement sous contrôle. Il l'a fait si souvent que les gens pensent que c'est normal. Elle est là la pression, et on ne peut pas la faire disparaître. La meilleure solution c'est de se concentrer sur soi. Cela prend suffisamment d'énergie comme ça, et plus l'enjeu est grand, pire c'est. Ce sont des moments qui ne vont pas se reproduire à l'infini ; plus on vieillit plus on en prend conscience. Les deux sont donc sous pression.»
C.B.


Agassi dans la tête de Djokovic

Andre Agassi s'est passionné pour la demi-finale entre Roger Federer et Novak Djokovic vendredi soir. On lui a donc demandé de se mettre dans la tête du Serbe quelques minutes : déprimé ou revanchard ?

Andre Agassi a connu de très nombreux succès mais également de fortes déceptions tout au long de sa carrière. Alors, forcément, s'il a été admiratif de la performance de Roger Federer, il a également eu une pensée pour son vaincu Novak Djokovic. A une victoire de la place de n°1 mondial, à une victoire d'une nouvelle finale en Grand Chelem et de son 42e succès de suite cette saison, le n°2 mondial a plié : quelles conséquences pour la suite de sa saison ?

«Je ne m'inquiète pas pour lui. Evidemment, la déception est immense, mais en même temps il faut qu'il soit capable de reconnaître qu'il joue mieux que tous les autres depuis le début de la saison et de passer à la suite. Hier, c'était un match incroyable, un des meilleurs que j'ai jamais vus. Tout le monde pensait que Djokovic gagnerait, il semblait imbattable avec le jeu qu'il produisait, avec cette impression qu'on ne peut pas lui faire un point gagnant. Et puis son retour de service : c'est comme si c'était un avantage pour lui de relancer ! Il reste deux tournois du Grand Chelem, alors moi à sa place je penserais déjà à Wimbledon et ça me donnerait encore plus faim. Il faut juste souhaiter que sa déception ne prenne pas le pas sur son jeu. Il repart pour une nouvelle aventure et s'il prend les choses dans le bon sens il sera de nouveau favori dans quelques matches.»

La prise de balle tôt tendance jeu vidéo, ces coups droits décroisés et revers le long de la ligne, le sens du spectacle, sans oublier le côté provocateur : impossible de ne pas noter - depuis longtemps - les similitudes entre le ''Djoker'' et ''le Kid de la Las Vegas''. Alors, quand on a le champion sous la main, on lui demande : Djokovic, baby Agassi ? La réponse fuse : «Si Djokovic me ressemble ? Non, il est meilleur.» Les regards interrogent alors il poursuit, tranquille. «Il défend tellement bien, alors que moi ça me mettait mal à l'aise. Il est à l'aise quand il défend, il est à l'aise quand il attaque, sa qualité de retour et de service est énorme et il est tellement souple. Mais effectivement on a ce même sens de l'anticipation. Et puis il y a ce revers le long de la ligne qu'on aime tous les deux lâcher (sourire). Mais il est plus polyvalent que moi et c'est un meilleur athlète.»

Pour Agassi, c'est son sport qui a changé et il ne la joue pas nostalgique. «J'adore regarder les matches, j'aime voir le jeu changer. Les joueurs sont plus rapides, plus grands, plus forts du coup il y a beaucoup plus de lift et de puissance. Si tu changes la vitesse du lift, tu changes les options à l'échange, la recherche des angles et donc le jeu. Tu montes au filet ? Passing dans les pieds à une vitesse hallucinante. Tu restes sur ta ligne ? Prise de risques maximale. Tu recules ? Tu dois couvrir ton terrain à la perfection. On voit des échanges incroyables, le niveau de jeu augmente et c'est bien pour le spectacle. Ils créent du jeu : j'adore.»
C.B.
# 06/06/2011 à 00:29 Nico
Nadal, le ''cyborg''

En dominant Roger Federer (7-5, 7-6, 5-7, 6-1), Rafael Nadal a égalé le record de Björn Borg, sextuple vainqueur à Roland-Garros. L'Espagnol reste n°1 mondial et empoche son 10e Grand Chelem.

« Si je joue comme ça, je ne peux pas gagner. » Quand Rafael Nadal avoue ses faiblesses, ses adversaires doivent se méfier. L'humilité est sa marque de fabrique, l'adversité est son moteur à l'image de cette édition 2011. Il commence avec des doutes, il finit avec des certitudes pour battre (7-5, 7-6 [3], 5-7, 6-1 en 3h40') Roger Federer, enregistrer son dixième Grand Chelem et égaler le record de six titres de Björn Borg à Roland-Garros. Pour ce moment d'histoire, il faut deux grands acteurs. Sur le Central, vous avez les Beatles et les Rolling Stones sur la même scène.

Et sur terre battue face à son grand rival, le Suisse se met au diapason de l'événement. Après son chef d'oeuvre des demi-finales, le 3e mondial propose un récital de jeu d'attaque (30 points sur 41 montées). Il ne s'est jamais montré aussi inspiré et agressif (64 coups gagnants pour 58 fautes directes) contre le Majorquin. D'entrée, il prend à la gorge son adversaire, varie à merveille, tient le bras de fer en revers et n'hésite plus à enchaîner service-volée, même sur ses secondes balles. Mais il faut durer. Paradoxalement, c'est toute la problématique à résoudre pour le plus grand joueur de tous les temps. Faire durer la flamboyance...

Nadal, digne héritier

Il suffit de deux mauvais choix pour perdre le premier set : une amortie de revers qui atterrit de quelques millimètres dans le couloir sur une balle de set à 5-2 et un coup droit décroisé dans la course de son adversaire lors du débreak. Et la clepsydre s'inverse. Rafael Nadal s'engouffre dans la brèche (43 coups gagnants pour 27 fautes directes). Ses frappes trouvent de la longueur, la lourdeur de son coup droit commence son travail de sape et ses passings en bout de course renaissent pour inscrire sept jeux d'affilée. Quelques gouttes de pluie à 7-5, 5-4 (40-30) retardent l'échéance du gain du deuxième set.

A 7-5, 7-6, 4-2, il se dirige vers son illustre aîné, Björn Borg. Roger Federer connaît la difficulté. Il en possède seize et détient une pléiade de records. Son orgueil et son talent compliquent la tâche du Majorquin. Plus décontracté que jamais à Roland-Garros, le Suisse monte le son avec des attaques permanentes et un jeu de jambes de jeune homme. Sur les trois derniers jeux du troisième set, il ne perd que trois points et réalise un break blanc. Sur le premier jeu de la quatrième manche, il enchaîne et mène 0-40. En immense champion, l'Espagnol libère son bras pour se dérouler le tapis rouge. Dans l'adversité, il n'est jamais aussi fort. La force mentale traverse les générations, ''Ice Borg'' a trouvé un héritier de feu.
S.D.


Federer, «un peu triste»

Bien que déçu de sa défaite en finale, Roger Federer a affirmé que son niveau de jeu le satisfaisait et qu'il arrivait lancé pour Wimbledon, son objectif de la saison.

«Roger Federer, vous avez eu beaucoup d'occasions dans ce match sans réussir à toutes suffisamment les saisir. Avez-vous eu cette impression qu'il y avait de la place pour gagner ce match ?

Oui, c'est souvent comme ça pour moi face à Rafa. Il est difficile à jouer. Peut-être que, lui, il a eu un peu plus de chance aujourd'hui, moi un peu moins. Parfois, les balles étaient proches des lignes. C'était difficile, mais j'ai quand même saisi mes chances. J'étais mené, mais je suis revenu. Alors oui dans le jeu décisif je n'ai peut-être pas pris les bonnes décisions et je n'ai pas assez bien servi. Mais ensuite j'ai réussi à me reprendre. Il commençait à se fatiguer au troisième set, et même au quatrième. J'aurais dû saisir l'occasion plus tôt dans le quatrième set.

A 4-2 contre vous dans le troisième set, vous pensiez encore pouvoir gagner ?

Bien sûr, lorsqu'on est mené 4-2, on pense à retourner le match en sa faveur. Tout d'un coup, à 0-0, dans le quatrième set, on se dit que le match peut recommencer, qu'il va devoir s'employer pour pouvoir vous battre. Je suis sur une bonne dynamique et je le sens. Il aurait pu lâcher en début du quatrième et si je l'avais poussé au cinquième set, je pense que je me serais senti très fort. Malheureusement, je n'ai pas été assez bon dans le quatrième set. Rafa méritait de gagner aujourd'hui.

A quel point Rafael Nadal vous pose-t-il un problème dans le jeu, aujourd'hui comme les autres finales ici ?

Quand on se joue, on sait à quoi s'attendre donc ce n'est pas un problème. Je sais que je vais avoir des hauts et des bas car je suis celui qui a le moins de marge compte-tenu de ma prise de risques. Je sais que je vais dicter le jeu, que je vais décider et que c'est ce que je dois faire pour le battre. Mais si je ne tiens pas ça je sais que c'est lui qui va gagner. Je dois prendre les devants, alors que lui il doit appliquer le même plan de jeu du début à la fin. On a tous les deux joué à un très haut niveau, je suis plutôt content de ce que j'ai produit. J'essayais de faire le jeu, de le fatiguer, de le frustrer, parfois en jouant plus rapidement, en variant. C'est mon style de jeu. Je pense qu'il est content d'être Rafa, et moi je suis content d'être Roger. C'est pourquoi on aime bien jouer l'un contre l'autre.

Evidemment il y a la déception de la défaite, mais ce résultat vous donne-t-il encore plus confiance pour Wimbledon qui arrive ?

Oui, perdre une finale de Grand Chelem est toujours difficile. Ce soir je suis un peu triste, mais ça va quand même. Franchement, je ne m'attendais pas forcément à aller si loin ici car après le tournoi de Rome j'étais épuisé. Ce n'était pas à cause du match contre Richard Gasquet, mais parce que je me suis beaucoup entraîné après Monte-Carlo et que je n'ai pas eu ma pause comme d'habitude après Miami. J'étais donc très fatigué à la fin de Madrid et pendant Rome. C'est pour cela que le début de tournoi était vraiment important. Après deux matches, j'étais dedans, je me sentais mieux. Mon objectif est de gagner Wimbledon dans quelques semaines. C'est mon objectif numéro un cette saison et je suis content de retourner là-bas.»
C.B.


Nadal : «J'ai eu des doutes»

Visiblement soulagé, Rafael Nadal savoure cette nouvelle victoire à Roland-Garros. Peut-être encore plus que les précédentes tant il reconnaît avoir souffert cette année.

J'AI ATTENDU MON HEURE »

Malmené par Roger Federer, le n°1 mondial Rafael Nadal a su faire le dos rond et attendre l'ouverture. Aujourd'hui, il fallait accepter de prendre les coups avant de pouvoir les rendre.

«Roger a très bien joué lors de ce tournoi, sa demie contre Novak était fantastique. Aujourd'hui il n'a pas eu de chance dans le premier set mais est revenu très fort dans le deuxième, pareil quand j'ai mené 4-2 dans le troisième. Quand il joue comme ça il n'y a parfois rien à faire. Je me suis battu pour rester au contact, je me suis battu pour toujours le mettre dans des situations difficiles, qu'il n'aime pas. Quand j'ai sauvé ces balles de break en début de quatrième set, je pense que ça a été le tournant. C'est vrai aussi que quand il me joue il n'a pas les mêmes repères que face à Djokovic. C'est plus dur pour lui à cause de mon style de jeu. Je lui donne des balles plus liftées, plus hautes donc il est moins à l'aise pour rentrer dedans. Mais aujourd'hui c'était vraiment dur pour moi car il a très bien tenu sur son revers, bien mieux que lors de nos dernières rencontres et, ça, c'était un vrai problème pour moi aujourd'hui.»


«MAINTENANT, MA SAISON EST FANTASTIQUE»

L'Espagnol égale le record de six titres Porte d'Auteuil de Björn Borg, son dixième en Grand Chelem, mais lui voit surtout le soulagement apporté par ce nouveau triomphe. Il a déjà réussi sa saison et savoure même un peu plus ce titre que les précédents.

«C'est toujours le tournoi que j'ai le plus de chances de gagner et quand j'y arrive je sais que ma saison est déjà fantastique et que je vais pouvoir jouer la suite avec moins de pression et plus de confiance. C'est probablement le tournoi le plus important pour moi. Evidemment c'est spécial d'égaler Borg, c'est un honneur même. Mais pour moi le principal était de gagner Roland-Garros. Je vais travailler dur pour avoir encore une chance de gagner ici la saison prochaine. Ce sixième titre est peut-être également spécial parce que c'était vraiment dur. Quand tu te bats si fort, quand tu donnes tout pour atteindre ton but les émotions sont différentes. Quand j'ai gagné en 2008 je n'avais quasiment pas l'impression d'avoir remporté Roland-Garros car c'était trop facile. J'avais gagné en trois sets et il n'y avait pas vraiment eu de moments compliqués. Mais là ma situation était difficile et je m'en suis sorti.»


«NOVAK VA DEVENIR N°1»

Il ne retire donc en rien les propos tenus en début de tournoi : non, il n'était pas en confiance, non il n'était pas bien dans son jeu. Mais il a continué d'y croire.

«J'avais dit que j'allais tout faire pour mieux jouer et je l'ai fait. Voilà pourquoi ce trophée est devant moi. C'est une grande satisfaction personnelle parce qu'au début j'étais vraiment loin du compte. Je suis arrivé avec moins de confiance parce que je voyais Djokovic jouer de manière incroyable. Perdre ces quatre finales face à lui était mentalement devenu difficile. Cela a joué ici en début de tournoi. Je suis encore plus heureux du coup aujourd'hui parce que oui j'ai eu des doutes mais je me suis entraîné si dur pour m'en sortir. C'est sans doute de ça dont je suis le plus fier. Maintenant je dois faire la même chose pour gérer la transition avec Wimbledon. Demain, je serai sans doute déjà en route pour le Queen's. Avec un titre pareil dans la poche, on voit forcément la suite avec une attitude plus enjouée. Le plus important c'était le titre, maintenant chaque match va aussi être une balle de match pour la place de n°1 mondial. Mais Novak va devenir n°1 tôt ou tard, peut-être à Wimbledon d'ailleurs et il le méritera. La pression de mon côté est aujourd'hui diminuée mais pas le plaisir et l'envie de me lancer dans l'aventure, que ce soit au Queen's ou à Wimbledon.»
C.B.
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