ROLAND GARROS 2014

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# 27/05/2014 à 16:53 Nico
Nadal en toute quiétude

Entrée en lice parfaitement réussie pour Rafael Nadal qui n'a rien laissé ou presque à Robby Ginepri (6-0, 6-3, 6-0), lundi au premier tour à Roland-Garros.

Rafael Nadal ne pouvait rêver amuse-bouche plus doux. Robby Ginepri, le vétéran américain (31 ans), 279e mondial, n'a pas gagné un match sur le circuit principal cette année et n'était plus venu à Roland-Garros depuis 2010. Cette fois, il n'y aura fait qu'un court crochet. Incapable de tenir l'échange ni même de l'écourter - 41 fautes directes, souvent grossières, surtout en coup droit, faiblard au service - Ginepri s'est contenté d'aimablement chauffer l'octuple vainqueur espagnol du tournoi ce lundi.

En 1h42', Nadal a déroulé 6-0, 6-3, 6-0 en ne concédant qu'un balle de break sauvée à la volée, malgré quelques scories en coup droit et un début de deuxième manche mollasson. On attendra cependant adversaire plus solide - l'Autrichien Dominic Thiem ou le Français Paul-Henri Mathieu, promis à sa raquette au 2e tour, par exemple- pour vérifier l'épaisseur de ce taureau-là.
J.-D.C.

REACTION

Nadal : «Un départ solide»

Facile vainqueur de Robby Ginepri (6-0, 6-3, 6-0) ce lundi, Rafael Nadal est satisfait de sa performance. Il se tourne désormais vers son prochain adversaire : Thiem.

Rafael Nadal (vainqueur de Robby Ginepri): «Bonne entrée en matière. J'ai fait un premier set solide, c'était plus difficile dans le deuxième jusqu'à ce qu'il (Ginepri) fasse un jeu horrible (trois fautes directes, une double faute à 3-3) et, au 3e set, ça n'est pas mauvais, même bon. Voilà, c'est un départ solide. J'ai entendu de très belles choses sur Thiem que je n'ai pas vu jouer. C'est un adversaire très dangereux.

J'aurai besoin de jouer à un bon niveau, d'être prêt à disputer cinq sets et à faire ce dont j'ai besoin pour gagner. Je vois les choses jour après jour. Je vais essayer de progresser tous les jours à l'entraînement et en match, c'est toujours comme ça que j'ai gagné le tournoi. J'ai mieux démarré ici que l'an passé (quatre sets accrochés contre Brands) mais j'étais arrivé avec davantage de victoires derrière moi en 2013. J'ai maintenant deux jours devant moi pour bien m'entraîner et être d'attaque, j'espère, pour le deuxième tour.»
J.-D.C
# 30/05/2014 à 10:10 Nico
Nadal trop fort pour Thiem

Rafael Nadal n'a pas été tendre avec Dominic Thiem, 20 ans et déjà 57e joueur mondial. L'Espagnol s'est débarrassé du jeune Autrichien en trois sets (6-2, 6-2, 6-3) et deux heures de jeu, pour rallier le 3e tour de Roland-Garros.

Le choc a fait pschitt ! Alors qu'on espérait beaucoup de la rencontre entre Rafael Nadal et Dominic Thiem, l'un des grands espoirs du tennis mondial et révélation du début de saison, l'Espagnol s'est montré trop fort et trop puissant, trop "nadalesque" pour être réellement inquiété par le jeune Autrichien de 20 ans (6-2, 6-2, 6-3). Ce deuxième tour face au 57e mondial, qui a notamment battu Stan Wawrinka à Madrid, était un test pour Nadal, et le n°1 mondial l'a réussi avec mention. Très facile vainqueur de Ginepri au premier tour, le tenant du titre a certes rencontré un peu plus de difficultés, mais il a passé à peine plus de deux heures sur le court et n'a pas trop puisé dans ses réserves.

Après un premier jeu très serré, long de huit minutes, Nadal a commencé à dérouler, profitant certainement de la fébrilité de l'Autrichien, qui dispute cette année son premier Roland-Garros. A 5-1, Thiem s'est enfin mis à lâcher ses coups, et il a réussi à prendre le service de l'Espagnol. On a alors aperçu ce qu'aurait pu donner ce match s'il avait réussi à tenir ce niveau de jeu du début à la fin. Mais l'ogre Nadal a repris le dessus. Et lorsque Thiem a enfin réussi à (re)mettre la pression sur son rival, en le breakant pour mener 2-1 dans le troisième set, le n°1 mondial n'a attendu que quelques minutes pour reprendre l'avantage. «Il frappe fort des deux côtés, il a un bon service, a reconnu le vainqueur à propos de son rival. Il a tout pour devenir un champion.» Pour le moment, il est encore en apprentissage.
F.B.

REACTION

Nadal : «Cela ne signifie rien»

Rafael Nadal (vainqueur de Dominic Thiem) : «C'était un match difficile contre un joueur dangereux. J'avais un peu le trac au début du match mais j'ai bien joué. J'ai joué de la manière dont je voulais jouer. Lorsqu'il lâchait ses coups, j'ai bien résisté. Ses coups sont extrêmement puissants, notamment côté coup droit. Je suis donc très content de la façon dont j'ai défendu. Lorsque les échanges étaient longs, je m'en suis bien sorti. Lorsque je devais attaquer, lorsque je devais le bouger, je m'en suis bien sorti. J'ai fait quelques incursions au filet. Je suis très heureux de la façon dont j'ai joué aujourd'hui mais cela ne signifie rien pour la suite. Le prochain match sera aussi difficile.»
F.B.
# 02/06/2014 à 09:35 Nico
Nadal s'impose en trois sets à Roland-Garros et file en huitièmes

Rafael Nadal a dominé l'Argentin Leonardo Mayer en trois sets (6-2, 7-5, 6-2) samedi. Il rencontrera en huitièmes Dusan Lajovic.

En trois tours, Rafael Nadal n'a toujours pas cédé le moindre set sur la terre battue de Roland-Garros. Après Ginepri et Thiem, sa victime du jour se nomme Leonardo Mayer, balayé samedi en trois sets (6-2, 7-5, 6-2) et 2h17. Le tenant du titre va entrer en seconde semaine sans avoir dépensé trop d'énergie, et même si son jeu n'est pas toujours exceptionnel, il est pour l'instant bien suffisant pour passer les tours. En huitièmes, face au surprenant Serbe Dusan Lajovic, le n°1 mondial pourrait bien encore une fois se promener.

Samedi sur le Central, Mayer a bien tenté de se rebeller par moments, pour revenir à 4-4 dans le deuxième set, ou pour égaliser à 1-1 en début de troisième après un break de son rival. De vaines réactions, il n'a jamais mené les débats. Et même si Nadal s'est retrouvé parfois en panne de services (des deuxièmes à 125km/h !), il s'est globalement baladé. Il a conclu la première manche en 30 minutes grâce à deux breaks, et une fois le break fait à 3-2 dans la troisième, les jeux ont défilé à grande vitesse. Tout n'est pas encore parfait dans le jeu de l'Espagnol, son service on l'a dit, quelques attaques moins tranchantes ou un déplacement pas toujours impérial, mais il possède encore suffisamment de marge pour ne pas être trop inquiet pour la suite.

REACTION

RAFAEL NADAL : «J'ai ressenti une douleur dans le dos, c'est pourquoi je ne forçais pas sur le service. J'ai mal depuis le deuxième tour. J'ai eu des problèmes en Australie, c'est la réalité. J'ai connu des soucis dans ma carrière. J'espère que cette fois ça se passera bien.Le bilan de la première semaine est plutôt positif, j'ai eu trois matches que j'ai bien contrôlés, maîtrisés. Gagner en trois sets c'est toujours bon. (A propos de son futur adversaire, Dusan Lajovic). Je l'ai vu jouer plusieurs fois, à la télé. C'est bien d'avoir des jeunes joueurs qui sont forts, solides sur le terrain. J'espère qu'il ne sera pas trop fort quand même ! (sourire) On verra lundi. J'espère que je serai prêt.»
F. B.
# 02/06/2014 à 20:38 Nico
Nadal rejoint Ferrer en quart de Roland-Garros

Le numéro 1 mondial Rafael Nadal a rejoint David Ferrer en quart en écrasant le Serbe Dusan Lajovic en huitième ce lundi (6-1, 6-2, 6-1).

Si Juan Carlos a abdiqué ce lundi du trône d'Espagne, le roi Nadal est lui toujours bien en place à Roland-Garros. Et le public du Central n'a pas eu le temps, ni l'occasion, de s'inquiéter pour son chouchou. Le n°1 mondial a mis fin, facilement (6-1, 6-2, 6-1) et rapidement (1h33), au parcours du surprenant Serbe Dusan Lajovic, 83e joueur mondial. L'obstacle était bien trop haut pour le tombeur de Delbonis, Zopp et Sock, qui avait profité d'une partie de tableau vidée de ses deux têtes de série dès le premier tour (Almagro et Haas), pour atteindre pour la première fois de sa carrière, à 23 ans, les huitièmes de finale d'un Grand Chelem.

Très rapidement mené 3-0 dans le premier set avec dans sa besace pas moins de neuf fautes directes, Lajovic n'a que très rarement offert une réelle opposition à l'octuple vainqueur du tournoi et quadruple tenant du titre, et les trois manches se sont ressemblées. Sans être nécessairement dans un grand jour (16 coups gagnants pour 19 fautes directes), Nadal a déroulé son tennis d'attaquant de fond de court, profitant de la faiblesse (43 fautes directes), et la nervosité, de son rival. Lajovic a bien tenté de se rebeller à l'occasion, comme lorsqu'il a enfin marqué un jeu dans le troisième set en breakant l'Espagnol pour revenir à... 5-1. Mais ce premier duel entre les deux hommes reste le match le plus facile de Nadal dans ce tournoi. Ceux qui s'inquiétaient pour son dos, qui a montré quelques signes de douleur ces derniers jours, devront attendre le quart de finale, face à David Ferrer, qu'il avait battu en finale l'année dernière mais qui l'a dominé en quarts à Monte-Carlo il y a quelques semaines, pour en savoir un peu plus.
F.B.

REACTION

Nadal : «Ravi de mon tennis»

Satisfait de son niveau pour arriver jusqu'en quarts, Rafael Nadal a néanmoins conscience qu'il faudra faire encore mieux contre David Ferrer.

«Rafael Nadal, êtes-vous satisfait de votre jeu aujourd'hui et du fait que le match ait duré seulement 1h30 ?

C'est un match et un résultat très positif pour moi. J'ai très bien joué, mais lui aussi. J'ai réussi à ne pas faire trop d'erreurs. J'ai pris le contrôle avec mon revers depuis le fond de court. Je suis ravi de la façon dont j'ai joué. On ne sait jamais ce qui est le mieux mais sur le papier, je préfère gagner facilement que disputer des matches très longs. Je suis ravi de me qualifier pour les quarts, c'était mon objectif, mais je sais que le prochain match sera difficile.

Ce prochain tour, ce sera contre David Ferrer, qui vous a battu récemment à Monte-Carlo. Cette défaite va-t-elle changer votre façon d'aborder le match ?

Non, quand on a perdu, on a perdu, c'est tout. En principe, quand j'arrive ici, je ne mens à personne et surtout pas à moi-même. J'ai perdu, j'ai perdu. Maintenant, cela va-t-il affecter mon jeu demain ? Je n'en sais rien, je vous le dirai après... Le plus important c'est que je suis en quarts et je suis ravi du tennis que j'ai joué pour en arriver là. Je pense que je suis en meilleure forme qu'à Monte-Carlo, mais lui aussi joue très, très bien. Il a joué à un très, très haut niveau à Madrid, à Rome et ici. Cela fait trois semaines consécutives qu'il est au plus haut niveau. Si je veux gagner, il va falloir que je joue très bien, je le sais, et c'est ce que je vais essayer de faire. Et si ce n'est pas le cas...

Pensez-vous être à votre meilleur niveau depuis le début de la saison ?

Je ne sais pas, je vous l'assure ! La seule chose que je sais, c'est que la saison de terre battue a été une évolution constante. Je pense jouer un peu mieux à chaque tournoi. Jusqu'où pourrais-je aller ? Je ne sais pas. On verra après-demain.

Comment va votre dos ?

C'est une partie du corps qui est assez imprévisible. En Australie, j'avais déjà senti quelque chose. Ici, à Roland Garros, j'essaie de vivre avec cette gêne de la meilleure façon possible, mais c'est vraiment très imprévisible. Et je ne souhaite pas non plus trop m'étendre sur le sujet...

Qu'en est-il de votre service ?

Je joue selon mes sensations, les conditions. Depuis le deuxième tour je sers légèrement mieux, je réussis à imprimer plus de vitesse, avec un geste plus fluide. Il faut que je continue comme ça, surtout contre David. C'est quelqu'un qui fait des retours redoutables."
F.B.
# 05/06/2014 à 00:14 Nico
Rafael Nadal a éteint David Ferrer en quarts de finale de Roland-Garros

Après avoir perdu le premier set, Rafael Nadal a haussé le ton pour s'imposer face à David Ferrer (4-6, 6-4, 6-0, 6-1) et se qualifier pour les demi-finales de Roland-Garros.

David Ferrer a tenu deux sets avant de perdre son tennis. Rafael Nadal a balbutié le sien un set et demi avant de retrouver un niveau suffisant pour capitaliser sur l'ouragan de fautes directes adverses (50 en tout mercredi). Sur le court Lenglen, le n°1 mondial a eu comme souvent l'immense mérite de s'accrocher et de s'acharner pour remettre de la longueur dans son coup droit et claquer son lift quand il le fallait pour assommer son rival. Ce dernier n'a été que l'ombre du joueur qui avait fait tomber ''Rafa'' à Monte-Carlo à partir du troisième set. Le coup droit totalement grippé, des regards tantôt hallucinés tantôt désespérés vers son clan : l'Espagnol s'est liquéfié de manière étonnante.

Voilà donc Nadal dans le dernier carré de Roland-Garros avec un scénario parfait pour lui et ses problèmes de dos : il n'a pas eu à puiser dans ses réserves et donc fait des économies d'énergie précieuses en vue de la dernière ligne droite. Y retrouver un Andy Murray qui a touché à deux reprises la zone rouge dans cette quinzaine, face à Kohlschreiber et Monfils, n'est pas forcément une mauvaise nouvelle. Mais il va devoir vraiment hausser le ton au service et surtout retrouver de la longueur en revers et une attitude plus offensive. Le mode gestionnaire pourrait trouver ses limites, même si Nadal le maîtrise sur ocre mieux que personne. Face à l'enjeu, il s'est dépassé tellement souvent. Le voilà qualifié pour sa cinquième demie de suite Porte d'Auteuil, égalant ainsi le record de Roger Federer. Le tenant du titre a peut-être un peu tangué cette saison mais il a encore montré aujourd'hui qu'il allait falloir lui arracher doigt par doigt le trophée des mains cette année.

REACTIONS

Rafael Nadal : «Au début, David jouait avec plus d'intensité que moi. Et puis, on peut dire aussi que j'ai bien commencé, au tout début, les premiers points, et puis après, j'ai fait beaucoup d'erreurs, surtout sur le revers. Je ne sais pas combien... Et je ne sais pas pourquoi.... Il y avait du vent c'est vrai mais je pense surtout que mentalement j'ai bloqué sur ce revers. Après j'ai réussi à mieux maîtriser les points avec mon coup droit et la dynamique du match a changé. J'ai réussi à saisir les opportunités, c'est très positif également. Et puis dans les derniers sets, David a commis beaucoup plus de fautes que d'habitude alors que moi j'ai retrouvé de bonnes sensations.»

David Ferrer : «Le match n'était pas bon. En fait, on a fait beaucoup d'erreurs tous les deux pendant le premier set et le deuxième set. Après, j'ai perdu le deuxième set, et là j'ai perdu ma concentration. J'ai fait beaucoup d'erreurs. Je n'ai pas été à la hauteur. Je n'ai pas joué le jeu d'un top 10. C'est pourquoi je suis triste, pour mon attitude, mon comportement sur le court. Que puis-je dire, demander des excuses à tous ceux qui ont payé leur entrée pour nous voir jouer ?»
C.B.
# 07/06/2014 à 00:05 Nico
Nadal a étrillé Murray en demi-finale à Roland-Garros

Rafael Nadal a sans doute livré son match le plus complet depuis le début du tournoi pour dominer Andy Murray (6-3, 6-2, 6-1) en 1h40 vendredi en demi-finale. L'Espagnol retrouvera son meilleur ennemi Novak Djokovic en finale dimanche avec un neuvième titre à Roland-Garros.

Une boucherie. Il n'y a pas d'autre mot pour décrire la performance du jour de Rafael Nadal face à Andy Murray (6-3, 6-2, 6-1). 1h40' de démonstration pour le n°1 mondial. 1h40' de souffrance et d'humiliation pour le 8e joueur du monde. Un cauchemar pour l'Ecossais, redoutable compétiteur. S'il avait réussi à secouer Nadal à Rome dans le froid et la nuit, il a été étrillé sous la chaleur de Paris. ''Rafa'' a joué le feu en coup droit, sortant sans aucun doute son meilleur match sur terre battue de la saison. Il s'est aussi rassuré sur son dos en servant de bien plus belle manière que depuis le début du tournoi. Et ce revers grippé face à David Ferrer avait retrouvé vendredi la solidité de ses belles heures. Tous les feux sont au vert pour celui qui pourrait devenir dimanche le premier joueur à remporter cinq trophées de suite ici. Il est déjà devenu le premier à se qualifier pour neuf finales du même Majeur.
Murray était à sec

Dans la case des circonstances atténuantes côté Murray, il faut évidemment citer le temps perdu sur la route vers les demies. Vendredi, il n'avait clairement plus la caisse suffisante pour répondre au plus gros défi physique actuel : Nadal sur ocre et dans la chaleur, quand son lift vous met en miettes. L'enchaînement Kohlschreiber - Verdasco - Monfils lui a été fatal, et il s'en voulait logiquement d'avoir été aux cinq sets dans le premier et le dernier alors qu'il avait eu le match en mains. Aurait-il fait meilleure figure en étant frais ? Sans doute. Aurait-il gagné ? On peut en douter, tant rien dans son jeu sur terre battue ne fait pour le moment mal à Nadal dans un grand jour. Son coup droit est encore bien trop à plat et surtout trop poids léger pour résister à la puissance adverse. Et son petit manque de puissance générale est amplifiée sur une surface où sa prise de balle précoce et son timing ne font plus la différence. Quand en plus il a le service et le retour en berne comme aujourd'hui, c'est l'impuissance totale. Un jour il deviendra peut-être le premier Britannique de l'ère Open à atteindre la finale de Roland-Garros mais cela lui demandera un énorme exploit.

La fusée Nadal en orbite ?

Rafael Nadal, lui, va arriver dimanche avec une confiance décuplée par rapport à l'avant Roland-Garros. Sur cette demie, on l'a de nouveau vu ogre : dans le court, agressif, indestructible. Mine de rien, c'est la première fois depuis le Masters 2013 que Nadal a battu deux Top 10 de suite dans le même tournoi. Cette 34e victoire consécutive sur terre battue a été acquise avec la manière et sans doute au meilleur moment alors que Novak Djokovic l'attend en finale. En infligeant sa 15e défaite en 20 duels à Murray, il s'est assuré de défendre jusqu'au bout sa couronne parisienne, son trône et sa chance d'égaler les 14 titres du Grand Chelem de Pete Sampras. Dimanche, tout sera sur le tapis.
C.B.

REACTION

Nadal : «Mon meilleur match»

Rafael Nadal a retrouvé sa sérénité après sa qualification pour la finale de Roland-Garros. Son jeu et sa confiance se sont remis en place : il est prêt pour le défi Djokovic.

«Rafael Nadal, avez-vous déjà mieux joué qu'aujourd'hui cette année ?

Comme je l'avais dit après le quart de finale, je joue vraiment très bien à l'entraînement en ce moment et donc voilà le résultat aujourd'hui. Oui, c'est sans doute mon meilleur match de l'année sur terre battue. C’était important de servir comme j’ai servi aujourd’hui face à un joueur comme Andy, qui retourne très bien. C'es tvrai aussi qu'il a commis plus d’erreurs que d’habitude sur son retour. Mon coup droit était vraiment très bon aussi aujourd'hui, donc j'ai pu prendre l'avantage dès le premier coup. Et j'ai réussi à enchaîner plusieurs coups droits d'affilée, ce que je ne faisais pas il y a un mois. Quand j'y arrive, j’ai de bonnes chances de succès. Chaque semaine, pendant la saison sur terre, j’ai progressé. Si j’avais pu commencer plus tôt il y a des matches que je n'aurais sans doute pas perdus.

Qu'avez-vous amélioré dans votre jeu ces dernières semaines justement ?

Mon coup droit. Sur les premières semaines, je ne réussissais pas à sortir des coups gagnants sur mon coup droit. Je faisais beaucoup plus d'erreurs que d'habitude, mon placement n'était pas toujours très bon contre les meilleurs joueurs. J'étais plus anxieux quand je jouais. C'était des sensations tout à fait nouvelles pour moi. Je ne réussissais pas à retrouver mon jeu sur terre battue.

Novak Djokovic aura une motivation supplémentaire puisqu'il chasse son premier Roland-Garros. Vous avez l'expérience de huit victoires déjà. Ce contexte jouera-t-il ?

Djokovic a eu énormément de résultats très positifs ici. Ce n'est pas une surprise s'il est en finale, il a la motivation de gagner ce titre pour la première fois de sa carrière, c'est évident, mais en même temps, il a la pression de chercher à gagner une première fois. La plus grande influence restera le niveau de jeu. Pour moi, la seule motivation, c'est Roland Garros. Que ce soit 5 d'affilée, 4 d'affilée ou un titre, à chaque fois que j'ai la possibilité de gagner Roland-Garros, c'est tout à fait spécial. Le reste est beaucoup moins important. Je sais que je dois jouer agressif, que je dois sortir mon meilleur niveau. Je ne vais pas parler de niveau de confiance, parce qu'il m'a battu 4 fois ou parce qu'il ne m'a jamais battu ici. Je préfère être dans la position dans laquelle je suis plutôt que dans une autre position. Peut-être que lui, d'un autre côté, le fait qu'il m'ait battu la dernière fois lui donnera un peu plus confiance. Je joue de mieux en mieux et c'est une sensation très positive.»
C.B.
# 09/06/2014 à 12:40 Nico
Nadal seul sur terre

Rafael Nadal a décroché ce dimanche son neuvième sacre à Roland-Garros en se défaisant de Novak Djokovic en finale, en quatre sets (3-6, 7-5, 6-2, 6-4).

Rafael Nadal, Porte d’Auteuil, est toujours seul au monde. Dimanche, l’Espagnol a retrouvé toutes ses couleurs afin de décrocher son 9e titre à Roland-Garros et devenir le premier joueur de l’histoire à soulever cinq fois consécutivement ce trophée. Il est aussi désormais le seul joueur de l’histoire à avoir remporté neuf fois le même tournoi du Grand Chelem. Une montagne qui a encore été trop haute pour Novak Djokovic, éteint petit à petit dans cette finale (3-6, 7-5, 6-2, 6-4) qui n’a pas atteint les sommets espérés.

Il restait sur quatre défaites de suite face au Djoker ? Et alors ? Et alors rien puisqu’en Grand Chelem il menait 3-0 et que dimanche il a assommé un rival qui s’était vu de plus en plus près du but après sa demie ici l’an dernier perdue sur le fil et cette victoire à Rome juste avant le rendez-vous parisien. Nadal est redevenu ogre : Murray en a fait les frais en demies et l’impression s’est vite confirmée dans cette finale. Oui, Djokovic a la clé face à lui, comme le premier set l’a prouvé, avec des retours tranchants, un revers qui mène la danse face au lift adverse et un coup droit décroisé qui punit. Mais le Serbe doit faire le match parfait pour s’imposer face à "Rafa". Et la confiance des huit titres déjà en poche joue à plein dans le dos du n°1 mondial. Rejoint à 4-4 dans le deuxième set alors que son revers était à l’agonie, il a serré les dents, défendu son terrain comme à la parade et mis une terrible pression en coup droit sur le Djoker. L’histoire de ce match résumée dans le jeu de 5-6 service Djoker : à la bagarre, sur un fil, le protégé de Marian Vajda s’est effondré. Et n’a plus relevé la tête que de manière sporadique. Finissant sur une double-faute, comme en 2012. Boris Becker avait été engagé pour que Djokovic redevienne d’acier. Après Melbourne et Paris : il a échoué, avec Vajda comme béquille ou pas.

Nadal remis sur orbite

Nadal lui a cogné de plus en plus fort dans cette balle pour balayer tous ses doutes. Avec panache, il a gardé son bien. Dans la chaleur, le jeu de jambes de "Nole" l’a lâché, son estomac a fait des noeuds (le Serbe a vomi sur le court), mais sa tête était partie la première. Des fautes inhabituelles, une nervosité palpable, des regards perdus vers son clan : rongé par la pression, miné par un jeu d’usure qu’il n’a pas pu refuser. Bye bye le Grand Chelem en carrière. Il le veut sans doute trop pour que ses nerfs le laissent en paix. Nadal, lui, n’a plus ce problème depuis 2010 et sa victoire à l’US Open alors depuis il continue d’accroître la collection. Après avoir raté le coche à Melbourne, il égale ici le record de 14 Majeurs détenus par Pete Sampras et n’est plus qu’à trois unités de celui de Roger Federer. Blessé en Australie, dans le doute ensuite, totalement à l’envers à Monte-Carlo et Barcelone, "Rafa" a encore réussi à faire triompher sa volonté sur l’ocre de la Porte d’Auteuil. Il a accepté de mal jouer, il a accepté ce dos qui le menaçait de nouveau et puis a réussi à se libérer. Cette 35e victoire de suite à Roland-Garros va sans aucun doute en faire un tout autre joueur pour la fin de la saison : Nadal est de nouveau sur orbite, l’esprit libre. Et à ce niveau, c’est bien là haut que ça se joue.
C.B.

REACTIONS

Rafael Nadal : «Ce n'est pas éternel»

Arrivé dans une salle de conférence de presse bondée, et sous les applaudissements, environ 2h30 après la fin de son match, Rafael Nadal profite à fond de chaque instant. «J'ai 28 ans, il y aura de moins en moins d'occasions.»
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«Rafael Nadal, vous affolez les compteurs à Roland-Garros. On vous a senti particulièrement ému après cette 9e victoire...

Après l'Open d'Australie (où il s'est blessé au dos, ndlr), c'était difficile. Depuis Madrid, je me sens beaucoup mieux. J'avais perdu mes quatre derniers matches contre Novak. Je devais le battre, même s'il mérite de remporter ce tournoi un jour. J'ai réussi à prendre les bonnes décisions au bon moment et j'en suis heureux. J'ai 28 ans (depuis cinq jours), je sais qu'il y aura de moins en moins d'opportunités et que ce n'est pas éternel. Il y avait ma famille, le public qui m'a bien encouragé, cet hymne espagnol... Alors la combinaison de tout ça a fait que mes émotions sont montées très haut, c'est vrai. Et puis, c'est sans doute sur ce court Philippe-Chatrier que je ressens le plus d'émotions.

Votre début de match n'a pas été idéal. Comment l'expliquez-vous et comment analysez-vous ce revirement de situation dans la deuxième manche ?

Dans le premier set (remporté par Novak Djokovic), je remportais plus de points sur ses erreurs que sur mes coups gagnants. Il fallait absolument changer ça. Et dans le deuxième, j'ai réussi à me montrer beaucoup plus agressif. Il était très important de remporter cette manche-là. Sans ça, je ne sais pas si je serais devant vous avec le trophée. Le changement de conditions climatiques, après le froid et la pluie qu'on a pu avoir sur une grande partie de la quinzaine, a joué sur notre performance physique du jour. Et je dois reconnaître que je me suis senti très fatigué aujourd'hui (dimanche).

Vous rejoignez Pete Sampras au nombre de titres du Grand Chelem remportés. Cela a-t-il une signification particulière pour vous ?

Je n'aime pas les comparaisons. Le plus important pour moi, c'est de gagner des titres. Et particulièrement celui-ci. C'est le plus grand tournoi du monde sur terre battue. Et c'est le tournoi le plus important de la saison pour moi.

Novak Djokovic a terminé sur une double faute. Cela vous a-t-il empêché de profiter pleinement du moment ?

A ce moment-là, tu ne te rends pas compte que c'est une double faute. C'est un peu injuste pour lui que ça arrive sur une balle de match, j'en suis désolé. Mais pour moi, finir de cette manière ou d'une autre, c'est pareil.

La suite du programme, c'est Halle ?

Oui, je m'envole pour Halle demain (lundi). J'ai déjà été absent l'an dernier, je me dois d'être présent cette fois. Je vais essayer de bien jouer à Wimbledon, c'est important pour moi. Je dois aussi veiller à rester en bonne santé. Je pense notamment à mes genoux, mais aussi à mon dos, qui m'a fait mal pendant cette quinzaine parisienne. Le résultat en Allemagne ne sera peut-être pas parfait, mais c'est une manière de voir où j'en suis au niveau de mes conditions, et la meilleure façon de me préparer pour ce nouveau Grand Chelem.»
J.G.

Djokovic : «C'est dur pour moi»

Forcément très déçu, Novak Djokovic a reconnu l'évidence : il n'a pas joué à son niveau habituel, n'était pas bien physiquement et a été dominé par plus fort que lui sur les points importants.

«Novak Djokovic, que s'est-il passé après ce premier set car on n'a pas eu l'impression que vous étiez forcément à votre meilleur niveau ?

J'ai très bien commencé. Je suis revenu au deuxième set et j'aurais pu aller jusqu'au tie-break où on était à égalité, mais j'ai perdu ce jeu de service à 6-5 et la dynamique a changé. J'ai mal joué, je n'ai pas bien bougé et j'ai souffert physiquement dans ce troisième set. Au quatrième set, je me suis senti mieux mais sur certains points cruciaux il a mieux joué que moi. Je n'étais pas au niveau auquel je souhaitais être, surtout sur la deuxième partie du match. C'est le sport, c'est comme cela. J'ai essayé de faire de mon mieux mais mon mieux n'était pas aussi élevé que ce que j’avais réussi à Rome. C'est dur pour moi, mais la vie continue et ce n'est ni la première ni la dernière fois que je perds un match comme ça.

A quoi attribuez-vous ces soucis physiques dans la deuxième moitié de la rencontre ?

A la fin du second set et tout le troisième set, je ne me sentais pas très en forme. Ce n'est pas impossible, mais c'est très, très difficile de tenir contre Rafa sur ce court et de maintenir un niveau très élevé de performance du début à la fin. Il est tout à fait normal d'avoir des hauts et des bas. J'espérais qu'au cours du quatrième set, je serais en mesure de revenir. Et j'ai commencé à me sentir mieux, mais je n'ai pas réussi à sortir mon meilleur jeu au moment où c'était le plus nécessaire, à savoir à la fin du quatrième.

Vous aviez évidemment d'énormes attentes pour cette finale et on vous a vu montrer beaucoup vos émotions aujourd'hui : à quel point est-ce si différent de jouer Nadal sur ce court qu'ailleurs sur le circuit ?

Son record parle par lui-même. Il a remporté ce tournoi à 9 reprises. Il est très agressif. Il n'a perdu ici qu'une seule fois dans sa carrière sur le court central. Donc sur un match en 5 sets, c'est très difficile de jouer contre lui dans ces conditions. J'ai l'impression qu'il couvrait bien l'angle du revers, et mon revers croisé n'était pas aussi efficace que d'habitude. Son coup droit le long de la ligne a en plus été vraiment exceptionnel aujourd'hui. Mais oui j'avais des attentes, je voulais la victoire autant que mon adversaire dans cette finale. Et oui je suis un joueur émotif, je montre beaucoup de choses mais pour moi le court est une arène, je suis là pour me battre, tenter de gagner mais aussi montrer ce que je ressens. Quand je joue contre Rafa, ce sont toujours des matches absolument passionnants pour nous à jouer et à regarder pour le public. Il y a beaucoup d'émotions et de tensions sur le court, on peut la ressentir.

Vous avez reçu une ovation assez impressionnante lors de la remise des trophées... Comme si les gens avaient vraiment envie que vous ayez votre Grand Chelem en carrière.

C'était fantastique. Et je suis conscient de la chance que j'ai de pouvoir vivre ça, jouer ces matches-là. Evidemment à ce moment-là quand tu viens de perdre alors que c'est un titre que tu désires depuis tellement d'années c'est difficile et décevant. Mais ça n'est pas la première fois que je vis ça donc je sais qu'il est important de prendre du recul. Je dois regarder d'où je viens et ce que je vis aujourd'hui : j'ai de la chance. Et ça me permet aussi d'apprécier ce que les gens m'ont donné à la fin du match : ça va me donner encore plus de force et de motivation pour revenir et essayer jusqu'à la fin de ma carrière de remporter au moins un titre ici.»
C.B.
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