La mononucléose, une maladie très grave, dans certains cas

Nous avons tous appris que le numéro 1 mondial, Roger Federer a été victime d'une mononucléose. Certaines personnes ne pensent pas du tout qu'il a attrapé cette maladie. Et que c'est juste pour se trouver des excuses à cause des résulats moyens du début de l'année, la demi-finale à l'Open d'Australie et le premier tour à Dubai. " Elles disent Federer n'aurait pas pu jouer au tennis car ceux qui sont atteint d'une mononucléose non plus de force et doivent dormir 15 heures par jour, regardez Justine Hénin et Mario Ancic, ils ne pouvaient plus jouer au tennis pendant des mois ". Avant de parler SVP, informez-vous sur la maladie, il y a différent symptome et différent degré de contamination, c'est pas tout ou rien. Lisez mon article pour que vous compreniez :

 

 Roger Federer après sa défaite contre Andy Murray, le 3 mars 2008 à Dubai.                                         

 

La mononucléose infectieuse (MNI) est une infection généralement bénigne, provoquée par le virus d'Rpstein-Barr (EBV), qui appartient à la même famille virale que ceux de l'herpès.

Cette affection fréquente se caractérise par une leucocytose lympho-plasmo-monocytaire et une réaction sérologique de Paul et Bunnell positive.

Les différents synonymes pour cette maladie sont : adénolymphoïdite aiguë bénigne, angine monocytaire, lymphoblastose bénigne, monocytose aiguë, maladie du baiser et maladie des amoureux.

Transmission

Elle se transmet par la salive, d'où son nom de maladie du baiser ou des amoureux. 20% des adultes sont porteurs du virus dans leur salive. Elle peut aussi se transmettre, exceptionnellement, par transfusion sanguine. En général, la contamination se produit dans l’enfance ou au moment de l’adolescence. On estime que 80 % des adultes sont porteurs du virus EBV et 20 à 30 % sont excréteurs asymptomatiques du virus.

Chez les jeunes enfants, mais aussi chez les adultes, la mononucléose peut se transmettre par des « échanges de bisous », par les postillons et par les jouets qui passent de bouche en bouche. Des études ont montré qu'on peut retrouver des anticorps contre le virus d'Epstein-Barr, chez environ la moitié des enfants de 4 à 5 ans. Ces enfants ont donc bien été infectés mais sans symptômes remarquables et sont immunisés.

Or, avec le développement général de l'hygiène dans les pays développés, le taux de jeunes enfants infectés et immunisés a tendance à diminuer, en revanche le taux de primo-infection va en augmentant chez les adolescents et les jeunes adultes (10-25 ans), avec des conséquences différentes.

En fait, une fois entré dans l’organisme, le virus se loge dans les ganglions où il demeure toute la vie sous forme silencieuse, sans donner de récidive. Les personnes infectées par le virus peuvent néanmoins contaminer, car elles peuvent produire du virus dans leur salive (excréteurs asymptomatiques). Les risques de contamination ne sont généralement que de courte durée .

 

Symptômes

La maladie se caractérise par la grande variabilité de sa symptomatologie et de sa gravité. Elle est en général assez bénigne. Le début est souvent insidieux : les premiers jours le sujet se plaint de malaises, d'anorexie, de légères céphalées, de frissons avec fébricules un peu comme dans une infection grippale. Chez les adolescents et les jeunes adultes, l'infection par le virus Epstein-Barr s'accompagne d'une altération importante de l'état général : fièvre qui n'a rien de caractéristique, ni au point de vue de son élévation (38 - 40°C), ni de son évolution pendant le jour (rémittente ou continue, elle finit par descendre en lyse), grande fatigue, perte d'appétit, ganglions gonflés au cou surtout, aux aisselles et à l’aine mais indolores, angine rouge, bilatérale, symétrique, non-ulcéreuse et non-hémorragique, difficultés à garder le sommeil plus de 2-3 h, douleurs musculaires, maux de têtes, troubles respiratoires liés à l’hypertrophie de ganglions, et même grossissement de la rate et jaunisse, des atteintes méningées, nerveuses ou cardiaques ou des réactions auto-immunes....

Il existe aussi souvent une éruptions qui se localise au tronc et à la racine des jambes et des bras. Cette éruption est parfois spontanée mais le plus souvent déclenchée par la prise d'ampicilline (antibiotique souvent prescrit en cas d’angine). Il ne s’agit pas d’une réelle allergie à cet antibiotique mais d’une réaction spécifique dans le cas de l’infection à EBV.

 

Diagnostic

Le diagnostic est basé sur des signes cliniques et des modifications de la formule sanguine (augmentation des lymphocytes et surtout présence de cellules caractéristiques dites de la MNI), il est donc nécessaire d'effectuer un bilan sanguin et de rechercher les anticorps spécifiques contre le virus avec des tests sérologiques.

Le premier test réalisé est le MNItest qui est sensible et qui permet de détecter de façon large les personnes récemment contaminées (il est positif dans 80 % des cas en cas d’infection récente). Ce test produit dans 3 % des cas des faux positifs (test positif alors qu’il n’y a pas d’infection). Ce premier test doit être complété par un test de confirmation :

  • recherche d’anticorps type Igm anti VCA en cas d’infection récente ;
  • recherche d’anticorps IgG EBV-VCA et IgG EBNA en cas d’infection plus ancienne.

Ces tests sont essentiellement indiqués pour la surveillance de réactivation du virus chez des sujets aux défenses immunitaires affaiblies.

 

Complications

Les principaux organes qui peuvent être touchés par le virus Epstein-Barr sont : le cerveau (encéphalite,méningite), cœur (myocardite), poumon (pneunomie), rein (néphrite)… Lorsqu’elles sont prises en charge correctement, ces complications sont de bons pronostics et régressent en quelques jours. Dans certains cas rarissimes et associés à d'autres facteurs (génétiques, environnementaux) ce virus peut être cancérogène.

En phase aiguë de l’infection, la rupture de rate est également une complication rare mais très classique de cette maladie. La mononucléose infectieuse est parfois responsable de complications sanguines : anémie (rare) par destruction accélérée des globules rouges (on parle d’anémie hémolytique), purpura thrombocytopénique (diminution du nombre de plaquettes responsable d’une anomalie de coagulation du sang et de petites taches rouges ou violacées sur le corps), cryglobulinémie.

Très rarement, le virus d'Epstein-Barr peut être responsable d’un syndrome d’activation des macrophages : certaines cellules (macrophages) détruisent en partie les cellules de la moelle osseuse et sont responsables de la baisse de toutes les lignées de cellules sanguines (globules rouges, blancs et plaquettes).

La mononucléose infectieuse peut également évoluer de façon chronique (syndrome de fatigue chronique). Outre cette fatigue constamment présente, on peut noter des douleurs (maux de tête, douleurs de gorge, douleurs musculaires ou articulaires), des troubles neurologiques et psychologiques (troubles visuels, troubles de la mémoire, irritabilité excessive, trouble de concentration, dépression, une fièvre prolongée à 37,5 – 38,5°C, un amaigrissement modéré, des ganglions douloureux.

Le virus EBV est également associé à un risque plus élevé d’apparition de certains cancers : cancers du nasopharynx et lymphomes (lymphomes de Burkitt ou à cellules B). Ces cancers sont très rares dans la population, mais sont plus souvent retrouvés chez les personnes porteuses du virus EBV que chez les autres.

En cas de complications des examens supplémentaires sont indispensables : test sanguins (test de Coobs pour rechercher une destruction des globules rouges, tests hépatiques pour apprécier la fonction du foie),myélogramme pour l’étude des cellules de la moelle osseuse, biopsie d’un ganglion en cas de doute sur le diagnostic.

 

Traitement et convalescence

La mononucléose infectieuse est une maladie bénigne, mais elle est suivie d'une longue convalescence. Il n'y a pas lieu d'isoler le malade. Aucun antibiotique n'influence le cours de la maladie. Si la symptomatologie est agressive, on peut faire régresser les manifestations (haute température, hépatite, ictère hémolytique ou complications nerveuses) par un bref traitement à la prednidsone (5 à 10 jours).

Il n'existe pas de traitement spécifique, mais on peut prendre des antalgiques mis à part l'aspirine (déconseillée dans le cas d'infections virales pour les enfants de moins de 16 ans car elle peut provoquer le syndrome de Reye, affection rare mais souvent mortelle). Pour contrôler la fièvre, qui peut dépasser les 39°, et soulager les douleurs, le repos s'impose, mais s'il y a un risque de complications (fièvre persistante, atteinte hépatique) une hospitalisation peut être envisagée.

En cas de surinfection de l’angine par un stretocoque, le recours aux antibiotiques sera nécessaire, mais en évitant les dérivés de la pénicilline (ampicilline), car ceux-ci peuvent provoquer une éruption cutanée et augmenter les symptômes de la maladie.

Lors de formes compliquées avec hépatite ou anémie importante, une corticothérapie peut être proposée pendant 10 jours.

La maladie dure, en général, de deux à quatre semaines, mais la fatigue générale (asthénie), les adénopathies  peuvent persister parfois durant des mois. Des remontants pourront être pris.

Pendant la convalescence, les efforts physiques sont à éviter, car il y a un risque de rupture de la rate mais un séjour prolongé à la mer ou à la montagne est conseillé.

 

Quelques conseils pour prévenir la contagion

  • Ne pas échanger les ustensiles de cuisine, les verres et les plats (et bien les nettoyer).
  • Ne pas partager de nourriture.
  • Bien se laver les mains.
  • Protéger les autres de ses éternuements.
  • Éviter les baisers sur la bouche.
  • Attendre au moins six mois après l'apparition des symptômes avant de faire un don de sang.

 

 

Federer, ses paroles :

Roger Federer, auteur d'un début de saison difficile, a été affaibli ces dernières semaines par une mononucléose, explique le N.1 mondial dans un entretien au New York Times daté de samedi.

"Les médecins m'ont dit que je devais en souffrir depuis au moins six semaines, ce qui nous ramènerait jusqu'en décembre", a souligné le Suisse, qui a passé le mois dernier des examens médicaux approfondis en Suisse et à Dubai, où il réside une partie de l'année, après être tombé malade pour la troisième fois en six semaines.

La mononucléose est une infection qui se traduit par des symptômes grippaux et une grande fatigue. Federer, qui doit rencontrer l'Américain Pete Sampras lundi en match-exhibition au Madison Square Garden de New York, se dit aujourd'hui sur la voie de la guérison et précise avoir reçu fin février le feu vert des médecins pour s'aligner au début de cette semaine au tournoi de Dubai.

"Ils (les médecins) n'étaient pas certains que c'était fini mais j'ai produit beaucoup d'anticorps, ce qui est bon signe", a souligné Federer qui peut de nouveau s'entraîneur "à 100%".

Le N.1 mondial a seulement joué deux tournois depuis le début de l'année, s'inclinant en demi-finales de l'Open d'Australie face au Serbe Novak Djokovic et dès le premier tour à Dubai face au Britannique Andy Murray.

Il avait également été victime d'une intoxication alimentaire une semaine avant le début de l'Open d'Australie.

"Oh mon Dieu!"

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"Lorsque j'ai appris que c'était la +mono+, j'étais encore plus content d'avoir atteint les demi-finales à l'Open d'Australie parce que les médecins m'auraient sans doute interdit de jouer" si le mal avait été diagnostiqué plus tôt, a-t-il commenté.

Un autre joueur de tennis, le Croate Mario Ancic, ancien 7e mondial a manqué six mois de compétition en 2007 à cause d'une mononucléose. "Il y avait aussi un joueur de football du club de ma ville (Bâle) qui a été sur le flanc pendant deux ans, s'est rappelé Federer. Alors, quand vous entendez deux ans, six mois... c'est genre: +Oh mon Dieu!+"

Après s'être senti "en pleine forme" en décembre, Federer a eu une première fois de la fièvre en fin d'année, juste avant de s'envoler pour l'Australie. Et une autre peu après le premier Grand Chelem de l'année. Le Suisse a alors décidé de consulter un médecin. "Un jour, je me sentais super bien, l'autre très mal, c'est alors que je me suis dit: +Ok, il y a un problème. Il faut voir ce que c'est."

Aujourd'hui, alors qu'il voit le bout du tunnel, Federer parle d'une expérience "pas très drôle à vivre" mais "intéressante". Avant de rappeler qu'il est "toujours N.1" malgré un début de crise désormais éclairé sous un autre jour. (AFP)

Roger Federer se remet tout juste d'une mononucléose (Reuters).                              

 

 

 

 

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Commentaires (4)

1. Massary 19/08/2008

Cette maladie me fait un peu froid dans le dos mais c'est très bien de prévenir pour ce qu'il l'ont car comme sa ils seront plus en sécurité ou il feront très attention !!
en tout ca pour ce qu'ils ont la maladie je les soutiens!!

2. chacha 10/03/2008

bel article j'en ai appris des choses alors c'est vraiment grave ce qu'il avait pour ceux qui pensent que c'est une excuse je ne pense ps que federer mentirai sur sa santé surtout sur une maladie aussi grave !!!!heureuse qu'il soit guéri !!!!

3. cath 10/03/2008

voila un débat bien interressant , qui nous informe sur ce que vit le n°1mondial ,sur les façons dont toutes les informations nous parviennent concernant nos champions ... et sur ce que cela nous inspire à tous ...
je travaille en milieu hospitalier depuis plus de 20 ans : je ne prendrai la tete à personne avec ça , mais je peux vous certifier que la virologie ,l'immunologie ...c'est extremement complexe ... et comme nous sommes tous différents les uns des autres , de part nos forces et nos faiblesses (tant biologique , que psychologique , que environnemental ....)
: il est possible que RODGEUR , de part sa constitution physique de grand athlète , ait "mieux" vécu la présence de ce virus dans son organisme que le premier venu .. il se peut que ce virus était de forme atténuée , FED avait peut etre fabriqué des anti-corps en étant ado ... ( à cet age là , cette maladie n'est pas rare ...et peut passer innaperçue ) .
il est possible que cet info soit en partie fausse : tout est tellement complexe en matiere de communication (comment c'est dit ,( pourquoi, dans quel but ... ) comment c'est compris , comment c'est transcris ... et retranscris....
bref , moi , j'en perds mon latin ....prenons tout ceci avec un peu de distance : rassemblons nos force et nos passions pour notre RAFA .... qui en a vu d'autres ( avec ces histoires de dopage )
et le bonjour à tous !!!!!

4. Nico 10/03/2008

Excellente idée cet article Thomas ! Je le trouve très explicatif, simple et détaillé, en étant à la portée de tous !

En ce qui concerne le "cas Federer" je dois reconnaître que j'ai tout d'abord été étonné d'apprendre que le Suisse avait eue cette maladie. En effet, je n'ai eus que des exemples "lourds" rapportés dans la presse ou autre, ce qui fait que j'ai été surpris par son cas.

Mais bien que sur ce cas précis de Federer on ne connaîtra jamais exactement la vérité (secret médical oblige lol !) il est bon d'admettre qu'avant de réagir à chaud il faut prendre le recul nécessaire et ne pas hésiter à se documenter pour éviter de faire l'amalgame entre plusieurs situations toutes différentes les unes des autres.

Force est de constater qu'il n'est pas rare de souffrir de cette maladie très peu de temps et ainsi de pouvoir reprendre normalement ses activités même si le sport de haut niveau est particulier. Mais une fois guérie, et en restant bien sûr sous surveillance rigoureuse, rien n'est impossible et c'est sans doute ce que va tenter de nous prouver le Suisse.

Nul n'est égal devant la maladie quelle qu'elle soit. Avec la mononucléose on voit qu'il n'y a pas de médicaments précis pour la soigner mais qu'elle peut disparaître aussi vite qu'elle nous a touchés...

Ainsi va la vie...bien au-delà des affinités que l'on peut ressentir ou non à l'égard de qui que ce soit...

CARPE DIEM !

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